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Traces d'infection secondaire. — Sur les trépanations de crânes néolithiques, on observe parfois, quoique rarement, des traces de suppuration; et cette rareté témoigne des réactions de défense d’un organisme luttant avec succès contre l’infection. |
Lucas Championnière [115] signale deux crânes de la collection de Baye portant des lésions qu'on ne saurait mieux comparer « qu'à une surface tomenteuse telle qu'on l'aurait produite à l’aide de la pulpe digitale sur une surface unie ayant la consistance du mastic de vitrier lorsqu'il est frais ». Cette comparaison, qui est de Parrot, était appliquée par lui à un crâne de Bray-sur-Seine dont les lésions sont identiques. Sur les deux crânes des grottes de Baye, dont il est ici question, on retrouve ces creux et ces bosses sur une surface assez étendue, et il n’est pas douteux qu'ils ne soient la conséquence d’une longue suppuration consécutive à « ces cautérisations qu a signalées M. Manouvrier sur certains crânes néolithiques du bassin de la Seine ». |
Ces lésions suppuratives étendues se retrouvent rarement sur des crânes trépanés, comme sur le crâne de Bray-sur-Seine étudié par Parot en 1881, et par celui de Castellet'Fontvielle (Musée d'Arles), étudié par Lucas Championnière [115].
Les traces de suppuration n’ont pas d'ordinaire ces caractères de gravité, et l’on note le plus souvent sur le pourtour de l’orifice de la trépanation la présence de petits ostéophytes témoins d’une infection des bords de la plaie, d’une durée plus ou moins longue.
Il est plus fréquent d'observer des traces de suppuration sur les crânes dont nous avons groupé les lésions sous le titre de T sincipital. Cette cicatrice, en forme de T, était sans doute obtenue par toute une série d'opérations fréquemment suivies d’une suppuration décollant parfois le cuir chevelu et laissant sur le crâne ces empreintes tomenteuses que signalait Parrot.
Radiographie. — La radiographie, capable de nous renseigner sur la structure intime des crânes trépa nés, nous permet
NT Ver
de distinguer non seulement les divers modes de réparations osseuses, mais encore de fixer approximativement la durée de survie de l'individu. C’est ainsi que, en dehors des signes décelés par l'examen anatomopatholagique, on not: Ero's aspects différents de cicatrisation. En premier lieu, certaines trépanations guéries n’ont eu qu'une réaction osseuse minime et la cicatrisation s’est bornée à fabriquer une fine couche de tissu comblant les cellules du diploé mises à découvert. Tel est le crâne de Nogent-les-Vierges, et.nous pouvons faire entrer dans cette catégorie uné trépanation péruvienne à peu près analogue comme aspect (PI. V et VD.
1° La radiographie ne décèle dans ces cas qu’une ombre très légère et homogène produite par cette lame de tissu compact. Elle borde, sur une largeur de quelques millimètres, tout le pourtour de l'orilice de trépanation.
2° Autour de certains orifices de trépanation, on peut voir par la radio une zone où le tissu compact de cicatrisation est beaucoup plus dense et s'étend quelquelois assez loin des bords. Par exemple, la radiographie du crâne néolithique n° 17.175 montre un anneau de tissu osseux cicatriciel s’étendant jusqu'à 1 centimètre des bords de l'ouverture, classée comme trépanation, mais que nous prenons plutôt pour une blessure par coup de hache (PI. VIT, fig. 2).
3° Dans certains cas, les os du crâne portent les traces de leur réaction au traumatisme chirurgical, et l’on peut voir sur la. radiographie du crâne de Nogent-les-Vierges, par exemple, une zone de raréfaction osseuse annulaire située à 7 centimètres environ de l’orifice de trépanation et ayant un aspect moucheté (PI. V).
On ne la décèle pas, sur un crâne péruvien (PI. VD dont la guérison à la radiographie ne se révèle que par une bande légèrement plus opaque et de quelques millimètres de largeur, bordant l’orifice de trépanation. On ne décèle pas non plus la zone de rarélaction osseuse sur la radiographie du crâne de Chaouïa (PI. VIE fig. 1), et M. le Professeur. Verneau faisait remarquer que le sujet n’a survécu que deux mois.
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La radiographie du crâne néolithique, n° 47175 (PI. VI, fig. 2), qui porte un orifice guéri depuis longtemps, nous montre également une zone à distance présentant le même aspect moucheté. |
Nous dirons donc que cette raréfaction osseuse à distance, décelée seulement par la radiographie, et s’observant sur certains crânes trépanés, est l'indice d'une survie de plusieurs années.
Et, s’il nous fallait établir la durée relative des survies des trépanés, nous dirions :
1° Les crânes trépanés dont l’orifice montre seulement à la radiographie des bords légèrement estompés appartiennent à des individus qui ont succombé au bout de quelques semaines.
2° Les crânes dont la trépanation est entourée d’une zone plus dense (anneau sombre à la radiographie) de tissu compact de réaction ont appartenu à des sujets qui ont survécu plusieurs MOIS.
3° Les crânes sur lesquels on note une zone de raréfaction osseuse annulaire assez éloignée de la trépanation appartenaient à des opérés dont la survie a dépassé au moins un an.
Il est évident que le facteur individuel de rapidité de guérison peut faire varier considérablement ces données.