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échelle minimum, lequel Dieu dès lors devenait portatif, » [19].
Conception astronomique, qui ne repose sur aucune preuve. Plus modeste, nous nous contenterons de donner aux rondelles travaillées la signification d’amulettes craniennes.
Rondelles non travaillées. — Mais il reste un autre groupe de rondelles craniennes, sans perforations, dont on a trouvé un grand nombre dans des crânes trépanés guéris. Beaucoup de ces rondelles ont été façonnées sur les bords ou polies sur leurs faces, comme celle de Lyon. Les amulettes craniennes d’Amé- : rique, d’ailleurs fort rares, pourraient provenir du mode de scalper des Peaux-Rouges. L'abbé Petitot, dans une lettre datée du Fort Pitt (Canada, 1* septembre 1870), décrit cette méthode qui consiste à enlever avec le cuir chevelu une rondelle cranienne comme souvenir de leur exploit [164 bis].
Il nous est impossible de réfuter les significations religieuses ou superstitieuses qui ont été depuis leur découverte. attribuées aux trépanations posthumes et aux rondelles craniennes. À l'encontre de ces hypothèses, il en est une autre, très séduisante, appuyée par des faits ethnographiques, celle du Docteur F. Sarrasin.
En Nouvelle-Calédonie, où, comme nous le verrons, la trépanation est une pratique courante, on bouche après l’opération la perforation pratiquée sur le crâne à l’aide d’une rondelle de noix de coco et on rabat la peau par-dessus. L'auteur suggère que les rondelles craniennes trouvées dans les sépultures préhistoriques ont peut-être eu un usage analogue. Nous avons rapproché de cette pratique les faits suivants Parkinson [167], décrivant la trépanation dans l’Archipel Bismarck, rapporte que l’opérateur, après avoir fait des prières pour la guérison de la plaie qu'il vient de faire, recouvre l’orifice du crâne avec un morceau de mal (qui est l'écorce d’un arbre déterminé), ou avec un fragment de cœur de bananier durci auparavant au contact de charbons ardents. Dans le même ordre d'idées, Julio-C. Tello a présenté à 1’ « International Congress of Americanist » in New-York, en septembre
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1928, un crâne trépané portant sur l’orifice de trépanation une fine plaque polygonale d’or battu; apparemment la guérison avait suivi la mise en place de cette plaque. (Williams [238].) Nous rapprochons également de ces faits la curieuse calotte d’or, qui recouvre, en: la moulant exactement, la voûte d’un crâne conservé au Musée du Louvre, et que M. Neuville a recueilli dans des fouilles faites à Suse (Perse).
Les rondelles osseuses trouvées à l’intérieur des crânes trépanés de la Lozère auraient-elles été appliquées comme des plaques de protection sur les pertes de substance que le chirurgien venait de pratiquer ? Tous les faits qui précèdent semblent à l’appui de cette hypothèse.
On pourrait même aller plus loin, et, comme nous l’a suggéré M. le Professeur agrégé Muratet, il ne serait peut-être pas téméraire de penser que l’application d’une rondelle cranienne sur l’orifice d’une trépanation était un essai de greffe osseuse. Nous savons que les Chaouias sont capables de pratiquer des greîles osseuses.