‹ La Trépanation Crânienne: Chez les Néolithiques et chez les Primitifs ModernesChapitre 20 sur 72 · SIGNIFICATIONS DES TRÉPANATIONS POSTHUMES · texte numérisé non relu

SIGNIFICATIONS DES TRÉPANATIONS POSTHUMES

Une des premières explications que l’on donna de la coutume de perlorer les crânes après la mort fut le prélèvement

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de rondelles craniennes, et, l’on en voulut pour preuve la présence simultanée dans les sépultures, comme nous l’avons déjà dit, de crânes perforés et de rondelles craniennes.

Découvrant la rondelle cranienne appelée plus tard « rondelle de Lyon », Prunières pensa qu'elle avait été taillée en vue de préparer une coupe à boire.

Virchow émit l'idée qu'on avait voulu faire du crâne trépané de Gaya une coupe à boire ou un vase pour les sacrifices [161 bis].

À propos de crânes recueillis auprès du lac Huron, portant tous des ouvertures circulaires posthumes, Gillmann concluait que, comme les Dyaks de Bornéo, les Indiens du Michigan conservaient les têtes de ceux qu'ils avaient tués, glorieux trophées suspendus à la porte de leur demeure. Mais plus tard, à la suite de la découverte de 6 squelettes exhumés d'un mound auprès du Devil’s River, il reconnaissait que cette hypothèse ne devait pas toujours être exacte : 5 étaient debout, un 6°, au centre, occupait la place d'honneur, et tous portaient la même perforation cranienne. Pratique rituelle ou religieuse ? /

Lehmann Nitsche admit comme but de cette opération l’extraction de la masse cérébrale, peut-être pour en préparer un mets, à l'exemple de certaines tribus sauvages qui mangent la cervelle d’un ennemi. Il ajoutait que la perforation pouvait avoir été faite, d’après Cartailhac, pour vider la tête de son contenu et la porter plus facilement comme trophée, ou bien pour y introduire une substance capable de la momifier. À l'appui de cette dernière hypothèse, 11 découvrit une tête de momie bolivienne, au Musée de La Plata, qui portait une trépanation posthume. À l’intérieur du crâne se trouvait une matière résineuse introduite certainement en vue de la momification. Ce procédé était d’ailleurs très employé chez les anciens Indiens de l'Amérique du Sud [109].

La résection du bord du trou occipital chez les Aïnou est un fait assez fréquent mais encore inexpliqué. Koganeï prétend qu'il s’agit d’une résection intentionnelle dans le but d’enle-

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ver la substance cérébrale, dont les Japonais se servaient comme spécifique contre la syphilis [98].

Virchow, au contraire, attribue cette perte de substance à une blessure faite sur le vivant (exécution par coup de pointe devant toucher la moelle).

Enfin, certains auteurs, dont le Docteur Baudouin, se basant sur l'emploi qu'on faisait au Moyen âge de la poudre d’os comme médicament, pensent que les trépanations posthumes ont été faites pour obtenir ce précieux remède [19].

En ce qui concerne les crânes préhistoriques, il est certain que la majorité des perforations posthumes ont été faites dans le but de prélever des rondelles craniennes. Nous retiendrons également l'hypothèse de la momification par perforation préalable du crâne et introduction de substances conservatrices, dont on ne révélerait plus les traces.

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