‹ La Trépanation Crânienne: Chez les Néolithiques et chez les Primitifs ModernesChapitre 30 sur 72 · OCÉANIE · texte numérisé non relu

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Les: relations des ethnologues et des explorateurs nous ont renseigné sur les pratiques chirurgicales des insulaires du Pacifique. Signalées depuis longtemps déjà par Samuel Ella [76], en 874, puis par Lesson en 1875, Turner [227] en 1885, elles ont fait l’objet de travaux assez peu nombreux. Von Luschan, Lehmann-Nitsche, Capitan en ont parlé, et dernièrement Wôlfel, à Vienne, étudie la trépanation en Océanie et en Amérique du Sud dans ses rapports avec l'extension du territoire où la fronde a été utilisée.

PoLyNËsIE. — Taïti. — De toute les îles de la Polynésie, seules Taïti et la Nouvelle-Zélande nous offrent des exemples de la coutume de la trépanation.

La trépanation était une pratique courante à Taïti avant que la civilisation moderne n'ait troublé l’originalité de cette île,

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véritable enchantement au temps de Rara-Hu et des poètes. L'implantation des mœurs européennes a voilé le charme de la nature elle-même et transformé les primitifs indigènes en « Civilisés ». :

C'est pourquoi nous ne pouvons étudier les coutumes chirurgicales de ce pays que par les relations des visiteurs du siècle dernier.

Adolphe Lesson, compagnon de Dumont d’Urville, dans son voyage autour du monde, et, plus tard, chirurgien en chef des établissements français de l'Océanie, rapporta en 1832 de Taïti des instruments chirurgicaux que R. Topinard [222] présenta, en 1855, à la Société d'anthropologie de Paris. Lesson les tenait lui-même du missionnaire Grlemond, qui vécut longtemps dans l’île. Ce missionnaire, familier avec les coutumes des Taïtiens, rapportait qu'ils étaient experts dans l’opération du trépan (Topinard) et qu'ils obtenaient des « cures merveilleuses ».

Ces instruments chirurgicaux rapportés par Lesson « se composent de silex solidement enveloppés d’un côté d’une matière textile, de cubitus de petits animaux, aiguisés par un bout comme on en rencontre dans les stations préhistoriques de la pierre taillée, de dents de squales fixées à l'extrémité d’une tige isolément, ou par paire sur le côté d’une poignée, et enfin d’une plaque concave arrondie, percée de trous sur les bords et faite de courge. Cette dernière pièce était fixée au-dessus de la solution de continuité du crâne pour empêcher le cerveau de faire hernie. M. Orlemond a vu des personnes qui l'avaient conservée toute leur vie. » (Topinard [222].)

Nouvelle-Zélande. — Le crâne de Maori trépané en pleine zone syphilitique et décrit par Wôllel [239] nous prouve, comme à Taïti, l'existence passée de cette coutume chirurgicale, mais nous n'avons retrouvé aucun renseignement sur cette pratique en Nouvelle-Zélande dans la littérature.

MéLanésie. — La Mélanésie, cette poussière d'îles répandue sur d'immenses espaces du Pacifique, nous offre l’exemple d’une unité culturelle dont la trépanation constituait un élé-

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ment important. Et la réquence de cette pratique était telle que sa disparition aujourd'hui est un fait inadmissible. Gependant la littérature de ces dernières années ne contient pas de preuves de son existence actuelle. Il faut en excepter une citation du Docteur F. Sarasin (1916) [210], qui, au sujet de l’existence de la trépanation en Nouvelle-Calédonie, s'exprime ainsi: « La trépanation existe en Nouvelle-Calédonie. »

Sauf cette donnée plus récente, nous ne pourrons que réaliser un ensemble de renseignements pour la plupart vieux de plus de vingt ans.

L'ordre géographique est celui que nous adopterons pour l'étude de la trépanation en Mélanésie.

Nouvelle Guinée. — Püch [174] a signalé la présence sur le crâne de très nombreux indigènes de cicatrices allongées qu'il prend pour des balafres par coups de sabre, mais le Docteur Hagen les considère à plus juste titre pour les marques sineipitales d’une opération chirurgicale pratiquée contre « les maux de tête et toute autre indisposition » (Wôlfel).

Nouvelle-Bretagne (Archipel Bismarck). — De la trépanation dans l’Archipel Bismarck, Parkinson [167] nous a fait une description très complète : «Les naturels pratiquent la trépanation pour les blessures du crâne. Leurs instruments sont un éclat d’obsidienne, une dent de requin, une coquille tranchante.

» L'opérateur se lave d’abord les mains avec le lait d’une kubika (noix de coco); la blessure est également lavée avec ce liquide. Le chirurgien pratique alors une longue incision du cuir chevelu jusqu’à l’os. Deux aides écartent les bords de la plaie avec une mince fibre de bambou afin que l'opérateur découvre toute la partie lésionnée du crâne. Il enlève ensuite soigneusement les esquilles avec une mince tige de coco, jusqu'à ce que le cerveau soit bien mis à découvert. S'il trouve que ce dernier présente des mouvements de pulsation, 1l est rassuré et pronostique une prompte guérison. Dans le cas contraire, il déduit qu'il y a des esquilles dans le cerveau et. commence à en faire la recherche. Pour cela, il écarte soigneu-

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