‹ La Trépanation Crânienne: Chez les Néolithiques et chez les Primitifs ModernesChapitre 31 sur 72 · SR · texte numérisé non relu

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sement les circonvolutions cérébrales à l’aide d’un fragment de noix de coco. Si tout ceci a été couronné de succès, l’opérateur passe. alors à la phase suivante de l'intervention. Celle-ci consiste à régulariser avec un éclat tranchant d’obsidienne le pourtour de la perte de substance osseuse jusqu'à ce que le trou soit rond ou elliptique. La chute des fragments osseux dans la plaie est soigneusement évitée.

» L'opération en elle-même est terminée. L'opérateur, après avoir fait des prières pour la guérison de la plaie, recouvre l’orifice du crâne avec un morceau de « mal » (écorce d’un arbre déterminé), ou bien avec un petit morceau de cœur de bananier qui a été maintenu un instant sur des charbons ardents. Ensuite, les lèvres du cuir chevelu sont lentement rapprochées, les cheveux sont coupés autour de la plaie, et on pratique de nouveau un lavage soigneux avec le lait d’une kubika.

» Pour maintenir en place le cuir chevelu, le sommet de la tête est recouvert d’un large entrelacement de rotin. Un vieil indigène raconta à Parkinson que, sur trente-et-un cas de trépanation, vingt-trois opérés avaient survécu, et quelquesuns lui furent présentés. Un homme de soixante ans avait été trépané deux fois avec succts... Ces opérations sont pratiquées également contre l’épilepsie et les douleurs de tête. »

On les emploie aussi dans un but prophylactique et, pour protéger ses enfants contre les maladies « une mère avertie n'hésite pas à leur faire ouvrir le crâne ».

«A Cap-Sainte-Marie, Parkinson fut témoin d'une de ces opérations faites par la mère elle-même. Elle pratiquait dans le crâne de sa fille une incision de un centimètre de long sur un demi-millimètre de large. Cette trépanation prophylactique n’est pratiquée que sur des enfants de deux à cinq ans. Les cas mortels sont très rares. Les cicatrices sont très visibles chez les adultes, et partent du milieu du front jusqu’à l’occiput. »

Iles Salomon. — Pôch et Hagen avaient déjà signalé des pratiques de chirurgie cranienne aux Iles Salomon; plus tard Wôl-

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fel retrouva, dans sa collection de crânes de la Section anthropologique du Musée d'histoire naturelle de Vienne, un crâne trépané provenant de la baie de Fasana (Ile Sainte-Isabelle) et recueilli par le Docteur À. KrucEie.

Ile Loyalty. — Nous devons à Samuel Ella (H.) la première note publiée sur le sujet, note qui fut d’ailleurs reproduite par la suite avec quelques modifications n’apportant aucune clarté nouvelle, bien au contraire.

Avec le souci de la vérité qui oblige à citer plutôt qu'à remanier, Capitan a donné le texte exact de cette note; la voici : « On pratique dans l'Ile d'Uvéa une opération tout à fait singulière. Les indigènes croient que les migraines, les névralgies, les vertiges et autres troubles d’origine cérébrale ont pour cause une rupture dans la tête ou la pression du crâne sur le cerveau. Le remède est d'inciser le cuir chevelu en + ou en i puis de gratter alternativement et patiemment avec un morceau de verre jusqu à ce qu'un trou y soit fait, allant à la duremère, environ de la dimension d’une couronne. Parfois l’opération va Jusqu à la pie-mère, et la mort en est la conséquence. Entre les mains des opérateurs les plus réputés, presque la moitié de ceux qui la subissent en meurent. Toutefois, cette : coutume barbare, par superstition et habitude, est si répandue qu'il est peu d'adultes mâles qui ne présentent un trou dans le crâne. J'ai entendu dire que quelquefois on essaie de couvrir les méninges ainsi mises à nu, à l’aide d’un fragment de noix de coco glissé sous le cuir chevelu; dans ce but, on choisit un fragment bien dur et résistant dont on gratte les parties molles jusqu'à le rendre tout à fait mince, et on glisse la plaque ainsi préparée entre le cuir et le crâne. Autrefois, on se servait pour gratter le crâne d’une simple dent de requin; maintenant, c’est un morceau de verre considéré comme plus pratique et moins dangereux. Le point du crâne choisi pour faire l’ouverture est à la Jonction des sutures coronales et sagittales, où un peu au-dessus, dans la supposition que là existe une fracture. »

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Il est surprenant qu’une opération si fréquente, puisque presque tous les adultes mâles l’ont subie, entraîne une mortalité de la moitié des sujets. Cette évaluation sans doute fantaisiste ne concorde pas avec les témoignages nombreux au sujet dela guérison de la plupart des primitifs subissant cette intervention chirurgicale.

Pomotou. — Capitan signale l'usage de la trépanation aux Pomotou, mais ne donne pas de renseignements sur le mode et sur le but de cette opération [46].

Nouvelle-Calédonie.' — Le Docteur F. Sarasin, au cours d'une étude comparée [210] entre les éléments culturels de Nouvelle-Calédonie et de l’Europe néolithique, signale la trépanation comme point commun. Nous avons déjà indiqué le rapprochement qu'il fait entre les rondelles craniennes néolithiques et les rondelles de noix de coco que les Néo-Calédoniens appliquent sur l’orifice de la trépanation.

Ces observations sont tout à fait insuffisantes, et nous souhaitons que les lacunes de l’ethnographie, dues au nombre très restreint des recherches récentes en Océanie, soient comblées aussi bien au point de vue particulier, qui nous intéresse, qu'au point de vue général des connaissances anthropologiques.

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