‹ La Trépanation Primitive Dans Les Plaies Du Crâne Par Projectiles De Guerre: Observations Personnelles De La Guerre Des BalkansChapitre 23 sur 52 · DER SEE · texte numérisé non relu

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qués qu'avec celles-là. En revanche, les shrapnells se fragmentent assez facilement sur les lèvres de la brèche osseuse * des fragments de plomb peuvent rester inclus dans la plaie et entraînent toujours des corps étrangers septiques.

B. — Plaies pénétrantes et perforantes. — Une balle de fusil tirée à une distance inférieure à 1.500 mètres s'arrête rarement à l’intérieur du crâne. Le plus souvent, elle attaque la paroi opposée et sort du crâne. Quelquefois pourtant, on voit même à des distances relativement très courtes, 1.500 et même 1.000 mètres, le projectile s'arrêter à ka face interne de la paroi opposée, ou même se réfléchir soit sur cette paroi, soit sur la faux du cerveau ou la tente du cervelet.

Il s’agit en général dans ces cas de projectiles provenant de cartouches dont la poudre est mauvaise ou en quantité insuffisante, ou bien de projectiles ayant ricoché. La direction et l'étendue de la réflexion du projectile, quand elles se produisent, dépendent de l’inclinaison du plan de résistance par rapport à sa trajectoire et de sa force vive au moment où il arrive au contact de cette surface. Le mécanisme de ce phénomène a été bien étudié par Pierre Delbet et Dragon (1). Quoique nous ne croyons pas que celte réflexion puisse se réaliser souvent dans les plaies par projectiles de guerre, il nous paraît qu’elle ne doit pas être considérée comme impossible, mais elle exige certainement pour cela une très notable réduction de la force vive du projectile.

(4) Decger et DrAGoN. Bulletin de la Société Anatomique, 1901.

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Les lésions osseuses au niveau de l'orifice d'entrée du projectile diffèrent suivant la force vive du projectile, la région intéressée et l'incidence sous laquelle celle-ci à été atteinte.

Quelquefois, mais rarement, l'orifice est à l’'emportepièce, sans trace de fissure.

En général l'os, même quand le choc est perpendiculaire, présente autour de l’orifice de nombreuses fissures. Il faut en chercher la cause dans le fait que le projectile. grâce à sa force vive, sa forme conique et sa rotation autour de son axe, agit à la fois, comme l’a montré Nimier, comme un Marteau, une fraise el un Coin.

Par son action de marteau, il détermine à l'endroit atteint la formation d’un cône, ou mieux d'une pyramide de dépression, à pans plus ou moins nombreux; l'os se fissure au niveau des arêtes de la pyramide et des fissures radiées plus ou moins nombreuses se forment ainsi, convergeant toutes au centre de la plaie. Il s’ensuit ainsi la formation d’esquilles triangulaires à sommet interne. Les bases de ces esquilles peuvent se réunir par des fissures circulaires, qui marquent ainsi la base de la pyramide de dépression, et ainsi se trouve constitué le.type le plus fréquent de ces fractures, La fracture en roue.

Les fissures de la table externe ne correspondent pas toujours à celles de la table interne; en général, elles sont plus nombreuses et plus étendues sur cette dernière.

Au niveau de l'orifice de sortie du projectile, les mêmes phénomènes mécaniques que précédemment se répètent,

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mais dans l’ordre inverse. Ici, c’est sur la table externe que les lésions sont plus marquées; et on peut voir, suivant les cas, contusion de la table interne et fissures de l’externe, fissures de deux tables, fracture de toute l'épaisseur. de la paroi. Les esquilles limitées par des fissures rayonnantes et circulaires sont plus ou moins soulevées en cône (1).

Grâce à sa forme conique et à son mouvement de fraise, la balle, à l’orifice d'entrée, se creuse dans la table externe un orifice plus petit que son diamètre; mais au niveau de la table interne, comme celle-ci n’est pas soutenue comme l'était tout à l'heure la table externe, il se fait un petit cône de dépression dont les esquilles disparaissent par le broiement déterminé par le mouvement en fraise de la balle. Il s'ensuit ainsi que l’orifice affecte une forme conique à sommet superficiel et à base dirigée en dedans.

Quand le projectile frappe plus ou moins obliquement, il détermine un orifice de sortie plus ou moins oblique avec production de nombreuses esquilles.

Les lésions enfin seront plus considérables encore, si la balle arrive sur la boîte cranienne en plein travers. En dehors des fractures en roue, on trouve dans ces cas des fissures plus ou moins étendues, se dirigeant soit vers la voûte, soit vers la base.

Les conclusions pratiques qui découlent de cette étude des lésions provoquées par des balles de fusil entre 800 et 1.500 mètres sont que :

(4) Nimer, loc. cit, p. 24.

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1° Dansles plaies tangentielles, la lésion osseuse prédomine et tient sous sa dépendance les lésions cérébrales; l'agent vulnérant est ici moins le projectile, que les esquilles osseuses.

2 Dans les plaies perforantes, au contraire, la lésion

cérébrale (contusion, commotion et dilacération cérébrale) domine la scène; les esquilles ne jouent qu'un rôle secondaire, les lésions anatomiques étant dues surtout à l’action mécanique directe du projectile. - Il en résulte que : dans les plaies tangentielles, l'intervention précoce sera la règle. Dans les plaies perforantes, l'intervention est nécessaire poür combattre l'infection, mais elle ne sera pas Loujours aussi efficace.

3° Zone d'explosion. — Nous serons très bref sur la description des lésions qu'on constate dans cette dernière zone; il s’agit dans ces cas de lésions mortelles qui présentent un intérêt plutôt expérimental que thérapeutique.

Les effets explosifs étaient déjà connus en 1870. Bourget, à Metz, a atliré l'attention des chirurgiens sur les éclatements du crâne provoqués par la balle du Chassepot tirée à 150 mètres, et celle du fusil Gras à 300 mètres. Avec les armes nouvelles, et surtout les balles pointues, les mêmes effets se produisent jusqu’à 800 et même 1.000 mètres.

L’éclalement est caractérisé par la production de fissures étendues, qui, d’une façon générale, tracent l’un des méridiens de la sphère crânienne parallèle à la direction du projectile. Elles sont antéro-postérieures dans les coups de feu fronto-occipitaux et occipito-

frontaux, et transverses quand la balle se dirige transversalement d'une région temporo-pariétale à l'autre.

Suivant la force vive du projectile, il y a production de fissures, ou broiement des os du crâne, ou même éclatement complet non seulement de l'os, mais aussi des parties molles. Ces cas sont très communs sur le champ de bataille, où on voit souvent des têtes complètement volatilisées et le cerveau réduit en bouillie sanguinolente.

Différentes théories ont été tour à tour émises pour expliquer les phénomènes explosifs. Celle qui réunit actuellement la presque unanimité des suffrages est la théorie de la pression hydro-dynamique de Von Coler et Schjerning. Contrairement à ce que croyait Busch, qui attribuait l’éclatement crânien à la brusque augmentation de la pression dans l’intérieur d’une .sphère herméliquement fermée et renfermant une substance semi-liquide — le cerveau, — augmentation qui serait due à la présence même du projectile, von Coler et Schjerning ont prouvé que les effets explosifs se produisent aussi dans des réservoirs ouverts; qu’ils sont plus marqués vers l'orifice de sortie, tandis que, d'après la théorie de Busch, ils devaient être d'intensité égale dans toutes les directions; enfin, que l’augmentation de capacité du cylindre en expérience est de 300 fois le volume du projectile alors qu'elle ne devait être que d’une fois si les effets produits étaient dûs simplement à l'augmentation de la pression hydraulique (1). Les phénomènes

(1) In Ta. Wiss. Les blessures de querre par les armes modernes et leur traitement, 1912, p. 52.

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