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explosifs seraient dûs, d'après ces auteurs, à la communication aux molécules liquides incompressibles, de la force vive du projectile. Celles-là, projetées en tous sens, Jouent le rôle de projectiles secondaires.
Tillmann (1) a montré par des figures cinématographiques qu’en tirant sur un crâne, contenant le cerveau, à b mètres de distance, on constate que, tandis que la voûte éclate en 1/25° de seconde, il en faut 4/5° pour la base. Nimier, en se servant dans les mêmes conditions d'expérience, d'un cinématographe enregistrant 120 photographies à la seconde, a pu montrer certains détails du plus haut intérêt. Ainsi la forme du crâne se modifie par raccourcissement de son axe antéro-postlérieur (le coup était tiré suivant la direction fronto-occipitale); il y a projection de substance cérébrale non seulement par l'orifice de sortie, mais aussi par celui de l'entrée; enfin le projectile n'a mis pour traverser le crâne que 1/60: de seconde et que l’éclatement se produit quelques fractions de seconde après la sortie du projectile.
Les photographies 15, 16et 17, représentent la voûte crânienne d'un blessé mort à Simitli, une heure après son transport dans mon ambulance. Ce casest intéressant parce qu'ilmontre quemême une plaie tangentielle peut occasionner des phénomènes explosifs, et que ces lésions sont compatibles avec une survie de plusieurs heures.
Coups de feu de la base du crâne. — Les fractures de la base peuvent être directes, irradiées ou indirectes.
(1) Tizmann. Ueber Schuswerlelzungen des Gehirns. Arch: f. Klin. Chirurg., T. LVII, p. 608, 1898.
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Les fractures directes s’observent rarement en chirurgie de guerre, sauf celles de l'étage antérieur (voir Obs. T à VI). Le projectile de guerre possède une force vive trop considérable pour que les lésions qu'il provoque, quand il atteint les étages moyen ou postérieur,
Fig. 15. — Voüte crânienne ayant éclaté à la suite d'une plaie tangentielle par balle de fusil Manlicher bulgare tirée à 300 mètres.
soient compatibles avec une longue survie. Ce n’est que quand le projectile est tiré d’une très longue distance. ou quand il s’agit de fragment d'obus ou de shrapnell que l'on a l’occasion de voir dans les ambulances ces blessures.
Des fractures irradiées, consécutives à des fractures de la voûte, sont beaucoup plus fréquentes, qu'on ne le
pense. Aux autopsies, comme aussi au cours des opé-
rations nous voyons très souvent les fissures de la voûte se prolonger vers la base.
Les fractures indirectes, dans lesquelles la fracture de la base est la conséquence d’une fracture de la voûte, mais sans que les fissures de la base soient la continua-
Fig. 16. — Voûte crânienne de la figure 15 vue par sa concavité.
tion de celles de la voûte, ne peuvent être découvertes ) P que par l’autopsie, ou quand il existe des paralysies des nerfs crâniens, qui ne peuvent pas être expliquées » q P P P
par la lésion de la voûte. Nous n’en avons pas constaté d'une façon cértaine.
D'une facon générale, les fractures de la base, fré-
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quentes dans la vie civile (suicides) s’observent moins souvent en chirurgie de guerre; et ceci, ou bien parce qu’elles entraînent la mort, ou bien parce que les symptômes de la lésion principale tiennent la première place dans le tableau clinique.
Fig. 17. — La même que dans les figures 15 et 16 (les fragments ont été écartés).
Nous venons d'étudier ainsi le pouvoir vulnérant des différents projectiles et les lésions mécaniques occasionnées par eux sur le crâne et le cerveau. Dans le cha-
pitre suivant, nous passerons en revue les principales
ÉCRTE
manifestations morbides, dues aux altérations histologiques et fonctionnelles du cerveau, considéré non plus en tant que masse semi-liquide, mais comme l'appareil nerveux central, centre des fonctions de la vie végétale
et de la vie de relation.