SOI
Observation XV (personnelle).
Plaie tangentielle par balle de fusil, au niveau du breyma. — Paraplégie spasmodique. — Trépanalion, épanchement par plaie du sinus longitudinal. — Guérison avec disparition rapide de la paraplégie.
.Ambulance C 2, Simitli.
Kechrim.... Mich., 1° Régiment Evzones, & bataillon. Il est lransporté dans mon ambulance le 27 juillet, le lendemain de son traumatisme.
État actuel. — État subcomateux.
Paraplégie spasmodique avec exagéralion des réflexes tendineux el clonus. Pas de Babinski, ni d'Oppenheim. Réflexes cutanés abolis.
Pupilles légèrement dilatées, paresseuses à la lumière. Troubles des sphincters.
Ponclion lombaire. — Liquide hypertendu, non hémorragique.
Examen de la plaie. — Juste au niveau du bregma; entrée
el sorlie de la balle à 3 centimètres de distance l'une et l’autre. La balle est entrée du côté gauche et sortie du côté droit.
Les orifices d'entrée et de sortie sont à peu près du même diamètre (6 »/# et 9 #/m), el régulièrement circulaires.
De la plaie s'écoule du sang noirâtre. Pas de substance cérébrale.
Hématome sous-culané considérable.
Impossible de se rendre compte par la palpation de l'état de l'os sous-jacent.
Température 3609. Pouls 55. Respiration 12, profonde et régulière.
Opéralion. — 27 juillet, soir. — Pas d'anesthésie.
as d'hémostase provisoire.
Petit lambeau cutané circonscrivant les deux orifices, à base postérieure.
Je vide par expression de volumineux caillots qui infiltrent la peau.
Os fracturé, esquilleux ; deux sillons parallèles réunissent les orifices d'entrée et de sortie.
Fig. 31. — Obs. XV.
J'enlève les esquilles avee une pince forte, car elles tiennent solidement. J'élargis l’'orifice unique, résultant de la réunion des deux orifices. J'avance avec précaution par crainte du sinus longitudinal sous-jacent.
En effet, en enlevant des esquilles un peu plus profondes, il
s'écoule soudain un flot de sang par l'ouverture du sinus. Je tamponne, incline la table et place les pieds dans une position déclive par rapport à la tête, et je fais comprimer les carotides primitives. J'arrive ainsi avec beaucoup de peine, en tamponnant continuellement à apercevoir le sinus qui est largement ouvert, et dont l'hémorragie était arrêtée par un volumineux caillot qui comprime la surface cérébrale en pénétrant entre les deux hémisphères. Je place deux clans qui compriment le sinus de chaque côté de l'orifice que j'agrandis encore. Je vide d'abord les caillots à l'aide de tampons montés sur des pinces, en pénétrant autant que possible dans la fente interhémisphérique. Je sors ainsi des caillots dont le volume total dépasse celui d'une petite mandarine,
La surface cérébrale ne présente la moindre lésion.
Avec une aiguille de Hagendorn très courbe, j'arrive à passer plusieurs points de suture sur la tranche du sinus et à en obturer ainsi la lumière. Ce temps de lopération a été particulièrement pénible.
Je fais un tamponnement assez serré el je suture le lambeau après avoir avivé et suturé les orifices d'entrée et de sortie de la balle. Les compresses du tamponnement sortent par le sommet du lambeau, non suturé à cet endroit.
Suiles. — Amélioration très rapide. Aussitôt après l'ablation de l'agent de compression, le malade se réveille, s'agile et imprime IMMÉDIATEMENT quelques mouvements aux membres inférieurs.
28 juillet. — La paraplégie est presque disparu.
Le malade est éveillé; il parle, il répond bien; il peut détacher les deux talons du plan du lt.
29 juillet. — Température 368. Pouls à 70.
Très bonne nuit. Le malade est ce matin en parfait état. Je le trouve fumant une cigarette.
Il parle bien ; l'intelligence est parfaite. I fléchit les genoux ; l'abduction des cuisses se fait bien; il élève le talon à 20 centimètres du plan du lit. Les mouvements d'extension, de
soft
flexion, d'abduction et d'adduclion du pied, ainsi que des orteils sont à peine ébauchés. Pas de Babinski.
30 juillet. — Pansement. Ablation du tamponnement. Pas d'hémorragie. Mèche non serrée dans la plaie,
31 jucllet. — I peut marcher en s'appuyant sur 2 infirmiers. Elal général excellent.
ler août. — Il est évacué sur Demir-Issar.
Observation XVI (personnelle).
Vasle plaie par fragment d'obus de la région fronlo-pariélale
gauche. — Coma, hémipléqie droile. — Méningo-encéphalile purulente. — Trépanalion. — Mort.
Inconnu; il a élé transporté par des brancardiers de la 2 division, le 18 août, dans la nuit.
Il serait resté 4 jours dans une ambulance.
Etat actuel. — Coma. Hémiplégie gauche. Résolution musculaire. Babinski.
Paralysie des sphincters.
Pupilles dilatées, réagissant à peine à la lumière. Raideur de la nuque.
Examen de la plaie. — Vaste plaie, irrégulièrement elliptique, à grand axe horizontal el compris entre deux verticales, dont une serait élevée sur le milieu de l’arcade zygomalique et l’autre sur le méal auditif, et à 8 centimètres au-clessus de ces points. Les bords sont irréguliers et laissent couler de la substance cérébrale mélangée à du pus abondant.
L'os sous-jacent est fracturé sur l'étendue d’une paume de main.
Ponclion lombaire. — Liquide {rès hypertendu, hémorragique el louche.
Température 3%8. Pouls à 130. Respiration 12, profonde, irrégulière avec pauses.
Il s’agit par conséquent d'une plaie destructive de larégion rolandiqueavecinfection méningo-cérébrale. Comme toujours, Je me décide à intervenir, malgré et à cause de l'état absolument désespéré du blessé.
1.000 grammes de sérum artificiel adrénaliné (10 gouttes) el caféine.
10 centimètres cubes d’huile camphrée.
ee
ere s
V'satt
Fig, 32. —:Obs. XVI:
Injection de 5 centimètres cubes d'électrargol dans le canal
rachidien.
Opéralion. — Pas d’anesthésie.
2 août. — Débridement de la plaie. Rugination de l'os et
écartement des lèvres. L'ossous-jacent est fracturé ; Fablation des esquilles et des copeaux osseux qui tiennent à peine permet de mieux voir.
La substance cérébrale suppure abondamment et elle est
LV opOS)
complètement ramollie sur une longueur de 7 centimètres, et de 3 centimètres de hauteur.
Suppuration abondante entre la substance cérébrale et la dure-mère. :
Dans la substance cérébrale, nombreuses esquilles, touffes de cheveux, etc.
Lavage au sérum alcoolisé et iodé (100 de sérum, 5 d'alcool, » teinture diode).
Mèche imbibée de ce sérum.
Pansement humide.
Suiles. — Une légère amélioration le soir. Température 39%. Pouls à 120.
Nous continuons le sérum, caféine, huile camphrée, etc.
3 avril. — Température 39°2. Pouls à 125.
Le même état qu'hier soir.
Pansement. — Suppuration moins abondante qu’hier.
Je panse avec des mèches imbibées dans de l’électrargol.
Ponclion lombaire. — Je retire 10 centimètres cubes de liquide louche.
4 avril. — Température 39°8. Pouls à 130,
Mort à 3 heures de l'après-midi.
Observation XVII.
Plaie perforante du crâne par balle de fusil. — Entrée à la bosse frontale droite; sorlie à la bosse partétale gauche. — Aphasie sans hémiplégie. — Inision cruciale, ef ablation d'esquilles. — Guérison, avec persislance de hernie à travers l’orifice. — 50 jours après, abcès cérébral et mort. 3° Hôpital militaire, Salonique (1).
Kalimer... Stav, 1e' Régiment.
Il est transporté au 3 Hôpital militaire de l'Hôpital Nouca dans le coma, sans paralysie.
(1) La direction du service chirurgical de cet hôpital m'a été confiée
Description de la plaie. — Orifice d'entrée : 2 travers de doigtau-dessus du milieu du sourcil droit.
Orifice de sortie : 5 travers de doigt au-dessus du pavillon de l'oreille gauche en pleine bosse pariétale.
Fig. 33. — Obs. XVII.
Pas de paralysie. Aphasie complète (?).
Température 37°9. Pouls à 83.
Opération. — 16 juillet (par le Docteur Psaltoff). — /nci-
après mon retour de Simitli, c'est-à-dire le 17/30 août 1913. Les observations XVIT et XVIII ont trait à des plaies du crâne opérées une première fois par mon prédécesseur el ami, le D° Psarrorr de Smyrne. Je transcris ici les observations telles que je les ai trouvées dans le service.
sion cruciale au niveau de l'orifice de sortie, sous anesthésie au chloroforme. Agrandissement léger de l'orifice osseux à la pince-gouge. Ablation de nombreuses esquilles. Pansement
sec.
Fig. 34. — Obs. XVII.
Blessé de l'observation XVII vu de face: On distingue les plaies d'entrée (à droite) el de sortie (à gauche) du projectile. Sur la-figure suivante on se rend mieux comple de la silualion de l'orifice d'entrée.
I s'est écoulé de la plaie une petite quantité de substance cérébrale.
A l'orifice d'entrée. — Incision cruciale; ablation de quelques esquilles, Pansement sec.
Pansement tous les jours.
20 juillet. — Hémorragie par l’orifice de sortie est arrètée facilement par un pansement compressif.
1e août. — L'état du blessé s'améliore. Il quitte son lit
depuis hier et se promène seul.
Il commence à comprendreles questions qu'on lui pose, mais il ne peut pas répondre.
15 août. — L'amélioration continue. Il a écrit aujourd'hui son nom.
o seplembre. — Légère suppuration aux deux orifices.
À l’orifice de sortie, nous trouvons un champignon de substance cérébrale du volume d’un œuf de pigeon, présentant une partie extérieure, élargie, qui suppure. et une partie rétrécie, un véritable collet compris dans l’orifice ostéo-culané. A cet endroit, entre la substance cérébrale et la peau qui y adhère en partie, nous trouvons un sillon d'où sourd du pus.
Pansement quotidien avec des gazes stérilisées et badigeonnage à la teinture d'iode.
6 seplembre. — La suppuration a beaucoup augmenté depuis hier.
Température 3895. Pouls à 90. Le blessé se plaint de céphalée et a eu deux vomissements.
7 seplembre. — Température 39%. Pouls à 100.
Raïdeur de la nuque, signe de Kernig, vomissements, ventre contracté.
Ponction lombaire. — Liquide tendu, légèrement louche. Examen microscopique du culot après centrifugation : nombreux polynucléaires.
8 seplembre. — Suppuration abondante, En libérant avec la sonde, les adhérences de la peau au champignon cérébral, nous voyons s’écouler un flot de pus.
Kernig. Raideur de la nuque très accentuée. Céphalée. Vomissements, délire.
Ponclion lombaire. — Liquide hypertendu franchement louche.
CORYLLOS 14