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un champ de bataille, aussitôt après le combat, avoir vu la terre jonchée de cadavres d'hommes jeunes, quelques heures auparavant pleins de vie et d’ardeur, il faut avoir assisté aux arrivages des convois de blessés, la nuit, sous la pluie et la neige et entendu leurs cris déchirants pour se faire une idée des horreurs de la guerre.
Malheureusement, la guerre ne peut pas toujours être évitée. Qu'on s'efforce du moins de doter les armées de services sanitaires complets, et surtout de personnel instruit et suffisant. Enfin, 1l est à souhaiter que les publications sur la chirurgie de guerre se multiplient, pour que l’expérience de ceux qui ont pris part serve à ceux qui seront appelés à donner leurs soins aux victimes des guerres de demain!
Cette campagne m'a permis de me rendre compte de l'excellence du nouveau règlement sur le Service de santé en campagne de l’armée française (règlement du 96 avril 1910), ainsi que de la constitution et du matériel de l’ambulance française. L'ambulance 11 B, que M. le Médecin principal Arnaud, directeur de notre Service de santé, et membre de la Mission française pour la réorganisation de l’armée hellénique, a bien voulu me confier, est une ambulance française réglementaire, qui devait servir de modèle’ pour la constitution des ambulances de l’armée hellénique. Je remercie M. le Médecin principal Arnaud de m'en avoir confié la direction. Elle m'a permis de faire du travail utile, et grâce à sa constitution, à sa transportabilité, à la conception heureuse de sa formation, de son matériel et de son instrumentation, j'ai pu soigner en Epire seulement 1.693 blessés et