Orifice d'entrée
2. Projectile pointu que l’on sent sous les téguments (pas d'orilice de sortie), (L'orifice d'entrée est représenté à gauche par erreur).
Paralysie du facial inférieur droit.
Membre inférieur gauche paralysé et contracté.
Paraplégie spasmodique des membres inférieurs, mais plus prononcée à droite. Réflexes exagérés surtout à droite. Babinski très marqué à droite, n'existe pas à gauche, trépidation épileptoïde à gauche seulement.
Les réflexes cutanés n'existent pas.
Réflexe cornéen et à la lumière des deux côtés conservé.
Pupille gauche un peu plus large que la droite.
Troubles de la déglutition. En essayant de lui faire avaler un peu de rhum, nous provoquons un accès violent de toux.
Avesthésie cutanée complète.
Membres inférieurs froids.
Peau des genoux et de la face dorsale des pieds cyanosée et froide.
Pas de paralysie des sphincters.
Ponclion lombaire. — Liquide hypertendu hémorragique. Je retire 30 centimètres cubes.
Température 37°5. Pouls très rapide, filant à 120.
Malgré l’état désespéré du malade, étant donné les signes de compression, je me décide à intervenir.
Mais de quel côté faut-il trépaner? La paralysie isolée du membre inférieur gauche indique une lésion de la partie supérieure de la zone rolandique droite, qui correspond assez exactement à la situation de l'orifice d'entrée. Mais c'est à droite que les signes de compression prédominent. Hémiplégie spasmodique avec Babinski; paralysie du facial; pupille gauche dilatée; pour ces raisons, je me décide d'intervenir à gauche.
Opéralion. — Injection de 20 centimètres cubes de sérum antitétanique, de 500 grammes de sérum physiologique adrénaliné et caféiné sous la peau, et de 4 centimètres cubes d'huile camphrée,.
Hémostase provisoire par une bande élastique enserrant la tète suivant un méridien passant par les arcades sourcilières et la protubérance occipitale externe.
Anesthésie locale par infiltration avec la solution de M. le professeur Reclus.
Lambeau cutané pentanogal, large comme une grande paume de main, à pédicule inférieur, entourant la place où nous sentons la balle. L'incision commence au-dessus du
milieu du zygoma et se termine en arrière de l'oreille. La tranche du lambeau saigne à peine.
Rugination de los sur le pourtour du lambeau cutané sur une largeur de 2? centimètres. Je fore 5 trous au trépan de Doyen et je sectionne le lambeau osseux avec la scie de Gigli que je pousse avec le décolle-dure-mère de Martel.
Le lambeau osseux, vu de l’intérieur, présente un orifice irrégulier de 2? centimètres de diamètre environ, taillé en biseau aux dépens de la table externe. De nombreux traits irradient de cet orifice central sillonnant en tous sens le lambeau osseux. Pour cette raison, je le décolle complètement du lambeau éutané. A la face interne de ce dernier, je trouve d’abord une esquille de la dimension d’une pièce de I franc, formée par la table externe, et à côté d’elle une balle conique de 76 millimètres, de fusil Mauser turc. La pointe est dirigée en haut et en avant.
I n'y a pas d’'hématome dans l’espace décollable. Mais pendant la confection de mon lambeau osseux, je sectionne la branche moyenne de l'artère méningée qui saigne abondamment. Elle est contenue à ce niveau dans un canal osseux complet et il m'est impossible de la pincer. L'écrasement simple avec une pince n’arrêtait pas l'hémorragie; j'y place le petit compresseur de Doyen qui se trouve dans les instruments de mon ambulance. Ce petit instrument m'a souvent rendu de très grands services. D'habitude je le laissais 24 heures et j'ai toujours oblenu une parfaite hémostase.
La dure-mère présente un orifice étroit d'un demi-millimètre de diamètre. Elle est tendue, bleuâtre et ne bat pas.
Incision cruciale de la dure-mère.
Il sort de volumineux caillots noirâtres.
Le cerveau est œdématié et porte une plaie de 2 centimètres de diamètre. Au fur et à mesure que nous retirons les caillots, l'hémorragie de la plaie cérébrale diminue et le cerveau com-
mence à présenter quelques battements.
Excision de la dure-mère en laissant un rebord de 1 centimètre dépassant la branche osseuse.
Je place des compresses imbibées de sérum physiologique sur la surface cérébrale ,et dans la plaie.
J'avive et régularise les bords de la plaie cutanée et je les réunis par quelques points de suture. Badigeonnage à la teinture d'iode.
Ablation de la bande compressive; ligatures sur les vaisseaux du lambeau qui saigne.
Réunion du lambeau cutané par quelques points de suture.
Les compresses sortent de chaque côté de la base du lambeau par deux larges fenêtres.
Le compresseur de Doyen est laissé sur place.
Pansement sec, légèrement compressif.
Au cours de l'opération, le blessé a eu une syncope qui a duré un quart d'heure environ. Avec de la respiration artificielle et des injections d'huile camphrée, éther, spartéine,
, le pouls et la respiration reprennent faiblement.
Suiles. — Le blessé est mort dans la nuit sans sortir du
coma, et sans convulsions.
Observation XXI (personnelle).
Plaie par fragment d'obus de la région lemporale gauche. — Enfoncement osseux, hémalome extra-dure-mérien, troubles de la parole et de la déglutition avec hémiparésie droite. —
Trépanation. — Guérison.
Ambulance 11 B. Emin Aga.
Mac. AÀ., Régiment Crélois, 5° compagnie.
Il est transporté dans notre ambulance le 24 janvier.
Blessé le 22 aux avant-postes, il est immédiatement tombé sans connaissance. Il a été pansé dans un poste de secours et
il est resté dans l’ambulance régimentaire pendant un jour, toujours à l’élat comateux.
Plaie contuse, à bords triturés et ecchymotiques à la région temporale gauche, à 11 centimètres de la pointe de la mastoïde et sur la verticale élevée sur le bord postérieur de cette dernière.
A la palpation, je trouve un très fort hématome sous-
Fig. 38. — Obs. XXI.
périosté, dur, et je sens l’os enfoncé sur une étendue d’une pièce de 5 francs. Pas de mobilité du fragment. La plaie saigne légèrement, mais 1l n’en sort pas de la substance cérébrale.
Les narines et les oreilles sont pleines de sang, mais nous n’arrivons pas à savoir s'il y à eu un véritable écoulement sanguin de ces endroits, ou s'ils n'ont pas été souillés par l’hémorragie de la plaie crânienne.
Ecchymose sous-conjonctivale à gauche.
Légère hémiparésie droite avec exagération des réflexes rotuliens et achilléens, disparition des réflexes cutanés (crémastérien, Rossbach, etc.) et légère raideur. Pas de Babinski.
Les réflexes pupillaires sont normaux.
Le blessé est plongé dans un profond sommeil. Quand on le pince ou on le secoue, il se réveille, prononce quelques paroles et se replonge dans le sommeil. Quand on crie son nom, il ouvre les yeux, il tourne la tête vers le côté d’où vient la voix et prononce quelques mots inintelligibles. Quand on lui présente un verre, il le prend et boit gloutonnement, mais il rejette la plus grande partie du liquide et s'étrangle.
De temps en temps, il y a quelques secousses cloniques du côté droit.
Température 37°. Pouls à 56, lent et majestueux.
Ponction lombaire. — Liquide hypertendu, légèrement hémorragique.
Intervention. — Anesthésie à l’éther.
Hémostase provisoire avec une bande élastique ensérrant la tête.
Badigeonnage à la teinture d’iode.
Lambeau cutané pentagonal large comme une paume de main, à base inférieure, circonscrivant la plaie cutanée. Rugination' de l'os.
Aucune trace de projectile ni d’orifice sur l'os. Mais celuici présente un enfoncement assez important. Il est impossible de soulever la partie enfoncée.
Je fais 5 trous avecile trépan et la fraise de Doyen. Je réunis les trous avec la scie de Gigli et j'enlève le lambeau osseux.» ,
La table interne est presque complètement détachée sur une étendue d’une pièce de 5 francs et ne tient à l'os que par son côté postérieur.
Entre l'os et la dure-mère, caillot du volume d’un œuf, dû à l’hémorragie de la méningée moyenne, qui recommence à
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saigner après l’ablation des caillots. J'arrive à la lier sans trop de difficulté.
La dure-mère paraît saine, ne présente aucune plaie et bat bien. Dans ces conditions, je ne vais pas plus loin; je place une compresse imbibée de sérum sur la dure-mère; j'arrive à suturer les bords de la plaie du lambeau cutané. J'enlève la bande hémostalique; je lie les vaisseaux qui saignent el je suture le lambeau en laissant à la partie postérieure une petite fenêtre pour la sortie des gazes.
Durée 35 minutes, 70 centimètres cubes d’éther.
Suiles. — Immédiatement après l'opération, le pouls remonte à 75, el les secousses cloniques cessent complètement. Une heure après, le malade semble plus éveillé qu'avant l'intervention.
Le soir, la température est de 37°1, le pouls à 78. Le blessé dit son nom, son pays d'origine et réclame à boire. La déglutilion se fait mieux.
25, malin. — Température 36°9. Pouls à 75. Le blessé est éveillé. Il reconnaît un de ses camarades qui est venu le voir. Il demande à manger. L'hémiparésie droite a presque complètement disparu. Il persiste encore une lendance au sommeil.
Soir. — Température 3608. Pouls à 72. Il est plus éveillé que le matin; il se rappelle les événements antérieurs à son traumatisme, maïs 1l ne se souvient de ce qui s’est.passé entre sa chute el son transport dans mon ambulance. La parole n'est plus bredouillante. I} avale bien. Il réclame toujours à manger.
26, malin. — Température 36°6. Pouls à 70. Il est complètement éveillé. Il cause bien, il comprend tout ce qu’on lui dit, Il nous dit exactement combien il avait d'argent dans son porte-monnaie, etc., mais l’amnésie de ce qui s'est passé après son accident est toujours complète. Il prend du bouillon et du lait.
Pansement. — Je retire la mèche. La plaie ne saigne pas. Je remets une petite mèche.
Soir. — Température 36°8. Pouls 74. Le blessé s’asseoit dans son lit et cause avec les infirmiers.