‹ La Trépanation Primitive Dans Les Plaies Du Crâne Par Projectiles De Guerre: Observations Personnelles De La Guerre Des BalkansChapitre 42 sur 52 · La plaie est presque complètement cicatrisée · texte numérisé non relu

La plaie est presque complètement cicatrisée

La marche est parfaite, Les réflexes du côté droit à peine un peu plus forts qu'à gauche. Il éprouve encore quelques vertiges.

Son état va en s’améliorant et ilest évacué le 4 février.

Observation XXII (personnelle).

Plaie de la région fronto-pariétale gauche. — Monoplégie du bras droit. — Hypéresthésie du membre inférieur droit avec exagération des réflexes el Babinski.— Aphasie complète. —- Coma et agilalion. — Trépanalion. — Mort le 4° jour.

Ambulance 11 B. Émin Aga.

Inconnu. Il a été impossible de l'identifier. Transporté dans mon ambulance le 22 février 1913 dans le coma.

Plaie par balle de fusil. Orifice d'entrée à 3 centimètres audessus et en arrière de l'angle externe de l'orbite gauche, elliptique, allongé d'avant en arrière, mesurant 3 centimètres dans son plus grand axe. Bords taillés à pic, nets, comme par un instrument tranchant. Orifice de sortie, à gauche, à 2 travers de doigts en avant el au-dessous du bregma. Orilite irrégulier, bords évasés, étoilés. Il sort du sang noirâtre en bavant et des débris de substance cérébrale.

Bras droit paralysé, et complètement insensible à la piqûre et au pincement; peu de raideur. Il retombe inerte quand on le laisse. Au bras gauche, il sent la piqüre et il le remue avec force.

Membres inférieurs : hyperesthésie à droite. Au moindre attouchement, il donne des coups de pieds, il grogne et cherche à écarter de sa main gauche une main qui le pince.

A gauche, sensibilité moins forte, mais il localise bien avec sa main. Réflexes rotuliens et achilléens plus forts à droite. Babinski et Oppenheimer à droite seulement. Pasde trépida- Lion épileptoïde.

Fig. 39. — Obs. XXII.

Le réflexe crémastérien est extrêmement marqué à droite. Au moindre attouchement, à la face interne de la cuisse droite, on voit le testicule remonter avec force comme s'il était violemment attiré en haut.

Pas de paralysie faciale.

Du côté des yeux, rien de particulier, en dehors d’une vaste ecchymose sous-conjonclivale occupant toute la conjonctive de l'œil droit. Les réflexes pupillaires sont normaux: pas

d'inégalité. Il n'y a pas de cécité, ni hémianopsie; le blessé ferme les paupières quand je dirige sur son œil mon index comme pour l'y introduire et avant qu'il arrive au contact des cils. (Procédé P. Marie).

Pas de troubles des sphincters.

Le blessé se tourne avec insistance sur son côté gauche, et il faut employer la force pour l'empêcher de se coucher sur le ventre. Aussitôt qu'on cesse de le tenir, il se met sur le ventre.

Température 37°8. Pouls à 64 assez fort.

On lui fait 20 centimètres cubes de sérum antitétanique.

Intervention. — Anesthésie locale.

Pas d'hémostase provisoire à cause de la situation dela plaie.

Vaste lambeau elliptique comprenant à la fois les orifices d'entrée et de sortie à large base inféro-postérieure, et dont le sommet dépasse à peine la ligne qui réunit les deux orifices.

L'orifice d'entrée a la forme d'un sillon long de 3 centitüimètres, large de 1 cm. 5. Les deux tables sont intéressées; la dure-mère est ouverte et des esquilles sont enfoncées dans la substance cérébrale.

L'orifice de sortie, qui est réuni à celui d'entrée par deux fentes parallèles circonscrivant une bande osseuse de 2 centimètres de longueur, mobile, a le diamètre de 2 cm. 5 environ, el à son niveau une rondelle d'os régulièrement circulaire est détachée el enfoncée dans les téguments. Tout autour de l'orifice rayonnent des fissures qui se réunissent . à leur extrémité excentrique par une fissure circonférencielle, constituant ainsi une fracture en forme de roue. Du sang noirâtre, caillé, mêlé à de la substance cérébrale, s'écoule par la plaie en abondance.

Élargissement des deux orifices et ablation de la bande osseuse qui les réunit. Entre l'os et la dure-mère, il existe une très petite quantité de sang; à peine une petite cuillerée à café.

Ouverture de la dure-mère. Hématome du volume d'une mandarine. La substance cérébrale est remplie d’esquilles que j’enlève une à une (il y en avait plus de 25 de différentes dimensions); la surface cérébrale est réduite en bouillie.

D'après la direction du projectile, les circonvolutions intéressées sont : la 3° frontale sur toute son étendue, le pied de la 2° et le tiers moyen des frontale et pariélale ascendantes, c'est ce qui explique la monoplégie du bras gauche.

Après l’ablation des caillots et des esquilles, il se fait une hémorragie veineuse assez abondante de la part du sinus longitudinal. Pour l'arrêter, je suis forcé de placer deux clans à demeure.

Je place ensuite sur la surface cérébrale des mèches imbibées de sérum physiologique; j'avive el suture les plaies d'entrée et de sortie du lambeau cutané, que je rabats après hémostase et suture par-dessus les gazes qui sortent en avant et en arrière vers la base du lambeau.

Durée 40 minutes; 60 centimètres cubes environ de la solution de novocaïne à 1/200 de sérum adrénaliné.

Suiles, — L'état du blessé ne s’est pas sensiblement modifié après l'intervention. Le pouls bat à 75. Le malade s'agite et il faut le tenir pour l'empêcher de se mettre sur le ventre.

La nuit, il a été très agité. On lui fait 1 centimètre cube de pantopon sous-cutané. Le pouls devient plus faible. 500 centimètres cubes de sérum, huile camphrée, etc.

23 février. — Température 37°. Pouls à 80. Quelques mouvements au bras droit quand on le pince, ce qui montre que la sensibilité et la motricité reviennent. Le réflexe crémastérien droit a beaucoup perdu de sa force. Il n'y a plus de Babinski à droite.

Il semble sortir un peu de son coma. Il ouvre la bouche quand on lui présente la cuiller et il avale bien.

Soir. — Température 37° 9. Pouls à 80. Même état.

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