IV. — Coups de feu de la région occipitale
Observation XXX (personnelle).
Plaie par balle de fusil de la région occipilale. — Légère alaxie. — Cécilé complète au début. — Hémianopsie lalérale homonyme droile ensuile. — Intervention. — Guérison,
mais persistance d’un léger degré d’ataxte au membre inférieur droit el de l'hémianopste.
Ambulance 11 B. Emin Aga.
Manol... Ant., 27 ans. 18° Régiment, 6° compagnie.
Il est transporté dans mon ambulance le lendemain de son traumatisme.
Hisloire. — Aussitôt après son traumatisme (6 h. du soir)
il a perdu connaissance. Il a été pansé dans l'ambulance de son régiment où il a passé la nuit. Il a été transporté le lendemain matin dans mon ambulance, se plaignant de cécité et de céphalée occipitale.
Examen. — Plaie :
Orifice d'entrée à droite, à 2 centimètres de la protubérance occipilale externe et à 1 travers de doigt au-dessus d'elle.
Fig. 47..— Dbs.,XXX:
Circulaire, à peine visible. Bord régulier à l’emporte-pièce. Petite hémorragie insignifiante. Pas de substance cérébrale.
Orifice de sortie à gauche à la région occipitale, à 6 centimètres de la protubérance occipitale et sur la même hauteur que l’orifice d'entrée. Orifice circulaire, de 6 millimètres environ. Bords réguliers légèrement éversés. Léger écoulement sanguin. Pas de substance cérébrale.
À la palpalion, nous ne trouvons trace d’enfoncement ni à l’orifice d’entrée, ni à celui de la sortie.
Motricilé. — Il n'y a pas la moindre trace de paralysie.
Par contre, les mouvements sont un peu ataxiques. Imprécision dans les mouvements qui dépassent légèrement le but. Mais le blessé reconnait parfaitement la position que nous donnons à ses membres, apprécie le poids des objets que nous lui mettons dans la main ainsi que leur nature.
Réflexes lendiieux. — Légèrement exagérés aux membres inférieurs. Pas de Babinski, ni Oppenheim. Pas de trépidation épileptoïde.
Cutanés. — Crémastérien, Rossbach, faibles.
Sensibilité normale. À la palpation, douleur suivant une ligne qui réunit les origines d'entrée et de sortie.
Organe des sens, oreilles. — 11 ÿ a un léger écoulement sanguin de l'oreille gauche. L'ouïe très faible de ce côté entend à peine la montre placée sur l'oreille.
Yeux. — Cécité. Il ne voit pas la lumière et ne ressent aucune impression lumineuse, même vague, quand nous lui projétons le faisceau lumineux d'une petite lampe électrique de poche.
Mais les réflexes à la lumière sont conservés des deux côtés.
Ponclion lombaire. — Liquide très légèrement rosé. Très légère hypertension. Nous évacuons 15 centimètres cubes et nous nous arrêtons en ce moment, le liquide s'écoulant goutte à goutte.
Etat général. — L'intelligence est bonne. Il est resté sans connaissance pendant 6 heures environ d’après son bulletin. Actuellement, il est complètement éveillé; il répond bien aux questions qu'on lui pose.
Température 37°. Pouls 60, bien frappé.
Intervention. — Etant donné la régularité et la petitesse des orifices, nous élargissons simplement à l'anesthésie locale les orifices cutanés.
Nous retirons trois petites esquilles à l’orifice d'entrée qui est très régulier. Nous l'élargissons très légèrement (1 cm. 5 de diamètre). Mèche imbibée de sérum dans la plaie cérébrale.
Même chose à gauche.
Suites. — Pendant tout son séjour dans mon ambulance (15 jours) il n'a présenté la moindre élévation de température. La céphalée a disparu graduellement. L'ataxie a également disparu au niveau des membres supérieurs, mais elle persiste légèrement, à sa sortie, au membre inférieur droit. Il projette un peu le pied en marchant. Mais en dehors de ce petit trouble, la marche est bonne.
Evolution de la cécité. — À partir du lendemain de son transport dans mon ambulance, il commence à distinguer un peu la lumière vive. Les progrès dans ce sens sont assez rapides, et le 4 jour, il distingue assez nettement les objets proches. Il nous dit le nombre des allumettes que nous lui montrons, et il peut nous dire si la tête de l’allumette est tournée en haut ou en bas.
Le 5° jour, la vision est beaucoup plus nette. Il peut lire la manchette du journal que nous lui donnons.
En l’examinant en ce moment, nous constatons qu'il y a de l’hémianopsie homonyme latérale droite. Tout ce qui se trouve dans le champ gauche de la vision, n'existe pas pour le malade; cet état a persisté jusqu’au jour de son évacuation, 15 jours après son entrée.
Nous n'avons pas pu retrouver ce blessé quoique l'ayant cherché, pour savoir ce qu'est devenue son hémianopsie.
I s'agit très probablement dans ce cas de lésion du lobe occipital gauche, et la cécité complète du début élait due à une double hémianopsie bilatérale homonyme.
Observation XXXI (personnelle).
Plaie pénétrante du crâne par balle au niveau de la région pariélo-occipitale avec sortie du projectile.-- Monoplégie du bras gauche et paraplégie des membres inférieurs. — Hémianopsie latérale homonyme gauche. — Trépanation double. — Guérison.
Ambulance 11 B. Emin Aga.
Skyrl... Const. 34 ans, 8° Régiment evzones, 3° compagnie.
Il est transporté dans mon ambulance le 21 février 1913, à 6 heures du soir dans le subcoma.
Plaie pénétrante du crâne par balle de fusil Mauser ture.
Orifice d'entrée. — À 2 centimètres à droite et en avant du lambda, omfice circulaire de 7 millimèlres de diamètre, à bords réguliers, taillés à l'emporte-pièce; léger hématome sous-culané. Je sens un léger godel en dessous, mais je ne peux pas affirmer s’il s'agit d'enfoncement osseux à cause de l’'hématome. Un filet de sang noirâtre s'écoule de la plaie; pas de substance cérébrale.
Orifice de sortie. — À gauche, à 4 centimètres en arrière et à gauche du lambda; diamètre de 1 centimètre, bords étoilés et légèrement éversé. Il s'écoule du sang et un peu de substance cérébrale. L'os sous-jacent semble fracturé sur une étendue d'une pièce de 5 francs.
Examen du blessé. — Intelligence obnubilée, répond mal aux questions; confusion mentale du temps, du lieu, des événements; somnolence entrecoupée de périodes d’agitation avec secousses épileptiformes au membre supérieur gauche et aux membres inférieurs. Le bras droit, ainsi que la face, ne présentent pas de secousses.
Paraplégie spasmodique des membres inférieurs plus prononcée à droite avec exagéralion des réflexes tendineux et trépidation épileptoïde. Impossible de savoir, sil y a
Babinski et Oppenheim, aucun mouvement ne se manifestant au niveau des orteils. Réflexes cutanés abolis.
Monoplégie ou plutôt parésie du membre supérieur gauche, surtout prononcée à l'avant-bras et au bras, Il existe quelques mouvements aux doigts et au poignel.
La sensibilité est émoussée:; il sent mal la douleur aux membres inférieurs et au bras droit (celui-ci n'est pas para-
“till
Fig. 48. — Obs. XXXI.
lysé). Au contraire, il semble y avoir une légère hypéresthésie au bras gauche ;
Pas d’ecchymose sous-conjonctivale.
Les pupilles sont inégales, celle de gauche est plus dilatée, mais le réflexe lumineux est normal. L’œil gauche ne semble pas voir, mais à l'œil droit, je constate assez nettement une hémianopsie latérale nasale.
Pas de nystagmus.
Oreille. — Rien d’anormal.
Sphincters. — Relâchement du sphincter anal, Rétention des urines.
Ponctionlombaire. — Liquide hypertendu et hémorragique. Je retire 20 centimètres cubes ; le liquide s'écoule encore en jet. Je n’en retire pas davantage pour les raisons données à l'observation Il.
Température, 38°8; pouls à 56; respiration 19.
22 février. — Température 37°9; pouls à 54; respiration à 12, légèrement stertoreuse et présentant quelques pauses. L'état du blessé a empiré depuis hier, la paraplégie est complète ainsi que la paralysie du membre supérieur gauche; il ne répond plus aux questions, il perd ses matières el urine par rengorgement. \
Ponction lombaire. — %5 centimètres cubes; liquide toujours en hypertension et très hémorragique. Je me décide à une trépanation double, étant donné la bilatéralité des symptômes.
Trépanation. — Anesthésie locale, hémostase provisoire à la bande élastique; taille d’un petit lambeau cutané, des dimensions d’une pièce de 5 francs, autour de l'orifice d’entrée à base postéro-inférieure; hématome sous-cutané el sous-périoslé.
Rugination de l'os : orifice de 1 centimètre de diamètre, bords esquilleux ; fracture en roue, avec enfoncement d’esquilles; un trait de fracture part du bord extérieur, se portant en avant et en dehors sur une longueur de ? cm. 5; ablation des esquilles et de touffes de cheveux et régularisation des bords de l’orifice osseux qui prend les dimensions d'une pièce de 2 francs.
Dure-mère. — Orifice de centimètre ; elle est tendue et ne bat pas; incision circulaire, caillot sous-dure-mérien du volume d'une noix, ablation sous un filet de sérum chaud, surface cérébrale ramollie, œdématée et saignante.
Le sinus longitudinal supérieur ne saigne pas.
Mèche dans la plaie et sur sa surface cérébrale imbibée de sérum alcoolisé (à 5 p. 100).
Avivement des bords de la plaie cutanée et suture.
Suture provisoire du lambeau par un seul point et je passe à gauche.
Lambeau cutané d'une petite paume de main à base inféropostérieure.
Orifice osseux à bords très irréguliers, esquilleux, large comme une pièce de 2 francs.
Ablation d'esquilles; hématome extra et sous-dure-mérien.
Régularisation et élargissement des bords de la plaie osseuse qui prend les dimensions d'une pièce de 5 francs.
fncision circulaire de la dure-mère, ablation du caillot sous un filet de sérum chaud.
En introduisant le doigt doucement dans la plaie, je ne sens pas d’esquilles. Je fais ensuite le tour de la brèche duremérienne avec le doigt, et j'en sors des caillots sortant de la partie inférieure.
La surface cérébrale saigne ; elle est très lésée, surtout en haut et en avant.
Mèche dans la plaie et autour, imbibée de sérum physiologique alcoolisé.
Je n'ai trouvé nulle part du pus; ablalion de la bande élastique.
Hémostase et suture du lambeau cutané gauche, après avivement el suture des bords de la plaie cutanée du projectile.
Hémostase et suture du lambeau droit.
Les mèches sortent à côlé de la base des lambeaux; badigeonnage à la teinture d'iode, pansement ; à la fin de l'opératon qui à duré 1 heure environ, le pouls est à 70; la respiratron à 20.
Soir. — Les secousses épileptiformes ont cessé, le blessé est plus tranquille.
Température 3702; pouls à 75; respiration 18, profonde, sans pauses.
23 février, malin. — Température 37°; pouls à 75 ; bon, régulier; respiration 16, régulière.
Etat général très amélioré; le blessé sort du coma. Il n’a pas perdu cette nuit ses matières.
Le membre supérieur gauche est très amélioré; il étend et fléchit les doigts et peut fléchir un peu le coude.
. Les membres inférieurs sont dans le même état, mais le Babinski est négatif des deux côtés.
Je ne touche pas au pansement.
Soir. — Température 37°8; pouls à 73, bon.
Progrès très appréciable : il ne défèque plus sous lui et la rétention des urines a disparu; il a demandé même son urinal.
24 février. — Température 369; pouls à 72; respiration 14, régulière ; le malade est très éveillé; il répond bien aux questions et nous donne des détails sur son traumatisme. :
Le membre supérieur gauche est très amélioré, Les doigts sont presque libres, mais la force est très diminuée ; les mouvements au niveau du coude sont plus étendus; il commence à pouvoir lever un peu le bras.
Aux membres inférieurs, amélioration; il existe quelques mouvements au membre droit; il détache de quelques centi. mètres le {talon du plan du lit; à gauche, même état.
Yeux. — L'inégalité pupillaire a disparu. Nous constatons aujourd'hui que l’état de son œil gauche est très amélioré : il existe de l'hémianopsie latérale homonyme gauche qu'il faut attribuer certainement au traumatisme du lobe occipital gauche.
Pansement. — Peu de sang sur le pansement, ablation des mèches extérieures ; je laisse les mèches qui vont dans la plaie cérébrale ; nouvelles mèches imbibées de sérum; plaie en bon élat, pas de pus.
Ponction lombaire. — Très légère hypertension; le liquide forme un léger jet; mais après la sortie de 10 centimètres cubes, le liquide sort goutte à goutte, très légèrement teinté en rouge ; liquide hémolysé.
Soir. — Température 37°8; pouls à 70,
Etat général bon; pas de troubles des sphincters ; l'intelligence revient rapidement ; il s’assied un peu dans son lit.
25 février au 10 mars. — Pas de fièvre.
Les mèches ont été définitivement enlevées le 28 février; les mèches des plaies cérébrales ont été enlevées le 26 février et n'ont pas été remises.
Le 3 mars, les plaies sont complètement cicatrisées ; légère hernie cérébrale à gauche, animée de battements.
Le membre supérieur gauche a retrouvé presque en totalité ses mouvements ; il persiste encore une très légère parésie à l'épaule.
Le membre inférieur droit est très amélioré; à gauche, la paralysie à fait place à de la parésie; mais celle-ci persiste presque sans modifications ces trois derniers jours. Le blessé se lève depuis le 6 mars, et peut marcher avec l’aide d'un infirmier et d’une béquille.
Il est évacué dans cet élat le 10 mars 1913.
Cetle observation tire son intérêt du siège de la plaie et des lésions motrices el sensorielles que le blessé a présentées.
À la suite d’une plaie ayant intéressé la pariétale ascendante droite etle lobe occipital gauche, et certainement aussi la partie toute supérieure de la région rolandique gauche de ces lésions, les unes ayant été produites directement par la balle les autres indirectement par des esquilles et des hématomes, nous avons observé au début : paraplégie et monoplégie du bras gauche, cécité de l'œil gauche et hémianopsie nasale de l'œil droit. Puis peu à peu la cécité a disparu pour faire place à une hémianopsie gauche, réalisant ainsi le syndrome complet de l’hémianopsie latérale homonyme gauche; la monoplégie du bras gauche a presque disparu; et tandis que le membre inférieur droit retrouve ses mouvements, le membre gauche au contraire reste presque stationnaire. Il est à noter aussi qu'en aucun moment 1l n'a présenté ni le signe de Babinski, ni celui d'Oppenheim.
Mais le point le plus important est que, malgré la légère élévation de la température qu'il a présentée à son entrée, et malgré les touffes de cheveux que nous avons retirées de la plaie, l'infection a élé jugulée, et grâce à une intervention précoce, nous avons pu l’éviter.
Observation XXXII (personnelle).
Plaie perforante du crâne par balle au niveau de la région occipttale, avec perte de substance cérébrale el méningo-encephalile. — Trépanaltion. — Mort.
Ambulance 11 B. Emin Aga.
Koutsol... Spyr. 30 ans. 8e Régiment d'infanterie, 8° compagnie.
Blessé le 9 février, 1il-est transporté dans mon ambulance le 13 février, dans le coma. ;
Examen du blessé. — Coma absolu. Résolution musculaire. Pupilles dilatées, réagissant à peine à la lumière. Réflexes tendineux et cutanés abolis. — Relächement des sphincters.
Température 40°1. Pouls à 130. Respiration très superticielle, avec pauses, par moments. Cheyne-Stokes.
Examen de la plaie. — A gauche. — À 5 centimètres de la protubérance occipitale externe, à 2 centimètres au-dessus de l’horizontale passant par elle, orifice d'entrée de la balle circulaire mesurant à peine 7 millimètres. Hématome souscutané peu volumineux permettant de sentir par la palpation que l'os sous-jacent est fracturé sur une étendue d’une pièce de5 francs. À la pression, il sort de la plaie du sang noirâtre mélangé à des débris de substance cérébrale et du pus.
A droite. — Orifice de sortie, à 3 centimètres de la protubérance occipitale et à 1 cm. 5 au-dessous de l'horizontale. Donc, le trajet est oblique de gauche à droite, de haut en bas et d'avant en arrière.
L'orifice de sortie mesure 2 centimètres de diamètre.
Les bords sont éversés, éloilés etirréguliers.
Il en sort des caillots, des esquilles et de la substance cérébrale purulente et ramollie. L'os sous-jacent est fracturé sur une large étendue; en palpant, on éprouve la sensation d'un sac rempli de noix.
Ponction lombaire. — Liquide très hémorragique, hyper tendu, trouble. J’en extrais 25 centimètres cubes.
Fig. 49. — Obs. XXXIT.
Malgré l'état absolument désespéré du blessé, je me décide à intervenir, d'autant plus qu'il s’agit d'une méningo-encéphalite el que nous sommes au 5° jour de son traumatisme.
Intervention. — Sans anesthésie.
500 centimètres cubes de sérum adrénaliné (10 gouttes), intra-veineux. Huile camphrée, caféine, etc.
Le blessé est placé sur la poitrine, appuyant de chaque côlé sur un rouleau glissé sous chaque épaule, pour dégager la poitrine.
Lobe cutané occipital, à base inférieure, sans incision médiane.
La dissection du lambeau est très laborieuse, et l'hémostase difficile surtout à cause des émissaires, dont j'arrive à bout en bourrant les orifices avec de la cire stérilisée.
L'os est en miettes. Les deux orifices sont réunis par 3 fissures parallèles, entre lesquelles l’os est réduit en esquilles de dimensions différentes.
Après l’ablation des esquilles, Ja brèche a 10 centimètres de long sur 4 ou 6 de large.
Cette brèche intéresse dans sa plus grande étendue à gauche la cavité cérébrale. En bas et à droite, la loge cérébelleuse est ouverte. Les sinus latéraux sont intéressés, ainsi que le pressoir d'Hérophile.
La dure-mère est tendue et ne bat pas. Incision. De la substance cérébrale purulente et des caillots sortent en bavant.
Je régularise les bords de la brèche à la pince-gouge. Je lave au sérum légèrement iodé. Je tamponne avec des mèches imbibées au sérum alcoolisé et j'arrive à arrêter l'abondante hémorragie des sinus qui a repris après l’ablation des caillots.
Je lie rapidement les vaisseaux et je suture le lambeau cutané. |
L'état du blessé devient très alarmant à la fin de l’opération. Injection sous-cutanée d’éther et de spartéïne-strychnine.
A midi. — 2 heures après l'intervention, le pouls est meilleur, 120; respiration 25, plus régulière. Le sotr, à 11 heures. — Agitation, cris, syncope et mort.
CORYLLOS 18
Observation XXXIII (personnelle).
Plaie tangentielle par balle de shrapnell bulgare, de la région occipitale. — Ouverture du sinus longitudinal supérieur. —
Pas d'hémianopsie.
3° Hôpital militaire de Salonique.
Katsoul... Z., 30 ans, 4 Régiment, 4° compagnie.
Blessé le 13/26 juillet, a été transporté à l'hôpital le 16/29.
NA \ “ Ni \
h, à Vie d NU £
NAT d Vie A W, eh VD HAN
Fig. 50. — Obs. XXXIII.
Pas de troubles de l'intelligence.
Pas de troubles de la motricité, ni de la sensibilité.
Description de la plaie. — Orifice d'entrée. — 4 centimètres au-dessus de l’'apophyse occipitale externe.
Orifice de sortie. — 3 cm. 5, au-dessous de l'entrée. Le trajet se dirige suivant la ligne médio-sagittale.
Intervention. — 30 juillet.
re
Débridement de la plaie. Ablation de nombreuses esquilles.
Hémorragie abondante par le sinus longitudinal supérieur. Tamponnement.
Il n'y a pas de lésion cérébrale,
Dans la dure-mère se trouvent implantées quelques esquilles qui ont été retirées sans grande ouverture dela dure-mère.
Il n’y a pas d'hématome sous-dure-mérien. L'hémorragie du sinus provient du détachement de quelques esquilles qui ont mis à nu quelques points de sa face externe.
Il est impossible de placer des points de suture ou de lier le sinus. On se contente d'un tamponnement serré.
Suites. — Très simples. Pas de température. Le malade se lève le 4° jour de son opération.
10 août. — Le blessé se porte toujours bien; la plaie est presque cicatrisée.
Observation XXXIV (personnelle).
Plaïe tangentielle de la région occipitale par balle de fusil grec (6 ]n 5).— Légère ataxie. — Cécilé complèle au début. — Intervention. — Guérison avec persistance d'hémianopsie homonyme latérale droile.
3e Hôpital militaire, Salonique.
Zivko Petroff, soldat bulgare.
Il a été blessé le 17/30 juin au moment de l'expulsion de la garnison bulgare de Salonique.
Histoire. — I a été ramené sans connaissance à l'hôpital vers 3 heures du matin, une demi-heure à peine après son traumatisme.
Examen. — Le blessé est dans le coma. Il n’y a pas de paralysie, ni de troubles de la sensibilité ou des sphincters.
Réflexes rotuliens et achilléens forts ; pas de Babinski, ni
d'Oppenheim.
Les pupilles sont dilalées el ne réagissent pas à la lumière. Examen de la plaie. — Orifice d'entrée. — 8 centimètres à droite du lambda et sur l'horizontale menée par celui-ci.
Fig. 51. — Obs. XXXIV.
Circulaire, à l'emporte-pièce, elle mesure à peine 6 millimèetres. L'os sous-jacent ne semble pas fracturé.
Orifice de sortie. — 4 centimètres à gauche et un peu audessus de la protubérance occipitale externe, L’orifice est régulièrement circulaire et du même diamètre que celui de
l'entrée. L’os sous-jacent est irrégulier et semble fracturé,
Ponction lombaire. — Liquide hémorragique. Je retire 18 centimètres cubes.
Intervention. — Sans anesthésie, à 4 heures du matin.
Petits lambeaux cutanés autour des orifices d’entrée et de sortie.
Pas d’esquilles à l'orifice osseux d’entrée, qui est taillé à l’emporte-pièce. Elargissement de l'orifice jusqu'aux dimensions d’une pièce de 5 francs. De la plaie cérébrale, je retire quelques petites esquilles et quelques cheveux. Badigeonnage à la teinture d’iode, drainage par un faisceau de crins. Suture de l’orifice d'entrée cutané après avivement. Hémostase et suture du lambeau.
A l'orifice de sortie, 1l y a une petite fracture en roue. Ablation de quelques esquilles, et agrandissement de la brèche jusqu'aux dimensions d’une pièce de 2? francs. Un peu de substance cérébrale s'écoule hors la brèche.
Draînage par un faisceau de crins, avivement et suture de l'orifice cutané, hémostase et ligature du lambeau.
Suiles. — Aussitôt après l’opération, le blessé commence à remuer.
A midi, il est assis dans son lit et regarde autour de lui. En examinant les yeux en ce moment, je me rends compte qu'il y a cécité complète.
1er au 6 juillet. — L'état du blessé est très satisfaisant. Température, pouls et respiration, normaux. Pas de troubles de la motricité, sauf une légère incoordinalion dansles mouvements.
Pas de troubles de la sensibilité.
Il commence à voir un peu.
Les pupilles réagissent à la lumière.
9 juillet. — Le blessé voit bien et marche seul, gêné un peu par de l’ataxie légère.
En examinant les yeux; nous constatons qu'il existe de l'hémianopsie homonyme latérale droite,
25 juillet. — Le blessé se porte parfaitement bien. Les
plaies opératoires sont cicatrisées. Le draînage à été supprimé depuis le 10 juillet.
L’hémianopsie persiste sans aucune modification.
Observation XXXV (personnelle).
Plaie par projectile, de fusil bulgare, de la région temporale gauche et occipitale. — Hémiplégie, cécilé, coma.— Abcès du cerveau. — Intervention. — Mort.
3° Hôpital militaire, Salonique.
Georgic… Christos. Nous n'avons pas de renseignements sur le régiment et la compagnie auxquels il appartient.
Blessé depuis 8 jours, il est transporté à l'hôpital le 17/30 août 1913.
Description de la plaie. — Nous trouvons trois plaies du crâne : deux à la région temporale gauche, et une au niveau de la protubérance occipitale. Il semble que cette dernière est l'orifice de sortie du projectile qui aurait pénétré par la plaie supérieure de la région temporale.
Toutes ces plaies suppurent abondamment. Le blessé serait resté jusqu'ici dans une ambulance où l'on s’est contenté de le raser, de le badigeonner à la teinture d'iode etde lui appliquer un pansement.
1° Plaies de la région temporale. — a) Plaie à bordsréguliers, de 8 millimètres de diamètre, à 12 centimètres du tragus et sur la verticale menée sur lui.
b) Plaie de 1 centimètre environ de diamètre, à bords réguliers, à 12 centimètres de la précédente, et à 1 centimètre de la ligne médio-sagittale.
L'os sous-jacent est fracturé. Quand on presse sur la peau, du pus s'écoule en abondance des 2 orifices. (fig. 52).
2° Plaie occipitale. — Sur la protubérance occipitale externe, plaie irrégulière, de ? centimètres de diamètre, elliptique à
grand axe vertical. Elle suppure abondamment. L'os sousjacent est fracturé. (fig. 53).
Etat général. — Blessé très émacié, presque squelettique. Il est dans lesubcoma, ouvre les yeux quand on lui crie son nom, tourne la tête, mais ne paraît pas comprendre. Hémiplégie droite, avec contracture, exagération desréflexes et Babinski.
Fig. 52. — Obs. XXXV.
Troubles des sphincters; perte des urines et des matières.
Il ne semble pas voir. Il ne ferme pas les paupières, quand on lui approche une lampe électrique; mon doigt arrive presque au contact de sa cornée, sans qu'il ferme les paupières
Température 37°3. Pouls à 54. Respiration profonde, avec pauses, et par moments, rythme de Cheyne-Stokes.
Vomissements fréquents.
Signe de Kernig.
Ponction lombaire. — Liquide hémorragique, louche, très
hypertendu. J'en extrais 20 centimètres cubes. Examiné histologiquement, il montre des globules rouges et une grande quantité de polynucléaires.
Il s’agit par conséquent d'infection méningo-cérébrale.
Intervention. — Anesthésie très légère à l'éther.
10 Je réunis par une incision les deux orifices de la région
temporale.
Fig. 53. — Obs. XXXV.
Autour de chaque orifice, fracture en roue du temporal et du pariétal. J'élargis les orificesà la pince-gouge, etj'enextrais de nombreuses esquilles.
Du pus s'écoule abondamment de l’oritice de la dure-mère.
Je prolonge de chaque côté la brèche osseuse, et je réunis les deux orifices. Du pus s'écoule en quantité des orifices de la dure-mère.
Incision de la dure-mère. Le cerveau sous-jacent est ramolli et suppure,.
J'enlève une partie de cette bouillie purulente, avec des compresses imbibées de sérum alcoolisé et légèrement iodé.
Mèches imbibées de sérum dans la plaie cérébrale.
20 Au niveau de la protubérance occipitale; je débride largement la plaie. L'os sous-jacent est fracturé. Ablation de nombreuses esquilles. Hémorragie abondante du sinus longitudinal, que l’aide arrête en comprimant avec le doigt.
La dure-mère sous-jacente est tendue, dure et ne bat pas.
Incision de la dure-mère. Le cerveau fait fortement hernie. La plaie cérébrale, très petite, ne suppure pas beaucoup.
En ponctionnant avec une aiguille montée sur une seringue, je découvre à 3 centimètres de profondeur une collection de pus. J'incise sur l'aiguille avec un bistouri étroit. Il s'écoule du pus de la quantité d’une cuillerée à soupe. J'élargis l'incision à l’aide d’une pince introduite fermée dont j'écarte légèrement les branches. En y introduisant le doigt, je sens des esquilles que j'enlève.
Je tamponne légèrement la cavité, avec des mèches imbibées, de sérum aicoolisé, et y introduis un drain, vu les dimensions de l’abcès.
Suites. — L'état du malade ne s’est pas modifié sensiblement. La température est resté entre 37° et 37°8.
Mort le 8 septembre.