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Fig. 56. — Obs. XXXIX.
20 août. — Hernie cérébrale. — Comme la masse cérébrale herniée suppure, craignant des complications plus graves, J'enlève tous les jours en me servant de la curette une petite partie de cette substance ramollie et je badigeonne à la teinture d'iode. Peu à peu, la suppuration a cessé et le bourgeon cérébral s'estrecouvert de bourgeons charnus. C’est en cet état que le blessé à été évacué sur Athènes.
Observation XL (personnelle).
Plaie tangentielle par balle de fusil bulgare de la région tem- ‘porale droile. — Lésions osseuses très légères. — Débridement. — Guérison.
3e Hôpital Militaire, Salonique.
Giot... Const. 4 Régiment d'Evzones.
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Fe ST RODSE AXE
Il entre à l'hôpital le 2 août 1913. IL a été blessé le 29 juillet. Examen. — Etat parfaitement normal.
Examen de la plaie. — Orifice d'entrée, à 9 centimètres au-
dessus du milieu de l'arcade zygomatique droite, régulier, elliptique à grand axe transversal et mesurant 8 millimètres. Orifice de sortie, à 10 centimètres en arrière, sur la même ligne horizontale. Régulier, elliptique, de dimensions et de forme identique à celles de l’orifice d'entrée. L'os sous-jacent ne parait pas fracturé.
Ponction lombaire. — Liquide de tension normale, non hémorragique.
Intervention. — Réunion des orifices d'entrée et de sortie
par une incision rectiligne. Ablation de 3 esquilles. La table interne parail intacte.
Suiles. — Guérison en 8 jours, sans la moindre complication.
Observation XLI (personnelle).
Plaie tangentielle de la région frontale droite, par balle de fusil bulgare. — Fracture, avec issue de substance cérébrale. — Intervention. — Guérison.
3e Hôpital Militaire, Salonique.
Birst…. Const., 4° Régiment d’'Evzones.
Il a été blessé le 6 août 1913. Il est transporté à l'hôpital le 9 août.
Histoire. — I] a perdu connaissance aussitôt après son traumatisme. Il serait resté dans le coma 3 heures environ.
Il a été pansé dans une ambulance, où on lui a extrait de nombreuses esquilles et débridé la plaie.
Examen. — Aphasie complète, motrice et sensorielle. Pas de paralysie.
Réflexes forts; pas de Babinski.
Pas de trouble des réflexes.
Rien du côté des pupilles.
Intelligence intacte.
Examen de la plaie. —: Les orifices d'entrée et de sortie sont réunis par une incision cutanée, longue de 9 centimètres, presque parallèle comme direction à l’arcade zygomatique. Elle commence à 7 centimètres environ, derrière l'angle externe de l'orbite.
L'os sous-jacent est fracturé ; je note un petit écoulement de.substance cérébrale : Suppuration légère.
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Fig. 58. — Obs. XLI.
Intervention. — Elargissement de l’incision, ablation d’un grand nombre d’esquilles.
L'écaille‘du temporal est fracturée et présente de nombreuses fissures, allant en arrière jusqu’à l’apophyse mastoïde.
Hématome extra-dure-mérien.
Ablation des caillots. Incision dé la dure-mère ; hématome léger sous-dure-mérien. Cerveau diffluent sur une étendue de 3 centimètres et une profondeur de 3 centimètres environ.
Ablation d'esquilles qui se trouvent enfoncées dans la substance cérébrale.
Ablation des caillotsmélangés à de la substance cérébrale en bouillie.
Drainage: avec des mèches. »
Suites. — La suppuration a diminué graduellement. Il a éliminé encore un peu de substance cérébrale, Il n'y a pas eu de hernie cérébrale notable.
En aucun moment, il n’a présenté dela fièvre.
L'aphasie à commencé à disparaître 10 jours après son entrée.
Le 5 septembre, quand je revois le blessé, 1l parle presque bien. Il a été évacué le lendemain de monarrivée, et je n’ai pas pu l’examiner complètement.
Observation XLII (personnelle).
Plaie perforante au niveau du bregma, par projectile de fusil bulgare. — Hémiplégie et paralysie faciale droite. — Para-
lysie du membre inférieur gauche. — INcIsi0N CRUCIALE. — Enorme encéphalocèle. — 25 jours après, abcès cérébral, — Trépanation secondaire. — Mort.
3° Hôpital Militaire, Salonique.
Catop…. Const., 3° Régiment d'infanterie, 4° compagnie.
Histoire. — Blessé à la bataille de Petzovo, le 2:avril 1913, à une distance de 300 mètres de l'ennemi, il a été pansé immédiatement à l’aide d'un pansement individuel.
Il à été transporté aussilôt à l’ambulance régimentaire oùon l’x seulement rasé, désinfecté et badigeonné à la teinture d'iode, sans autre intervention.
De cette ambulance, ila été évacué le:4® jour à Salonique, où il a été admis, au 3° Hôpitalmilitaire le 7août.
Examen. — (D'après l'observalion:qui m'a été remise dans le service).
Coma léger. Hémiplégie droite, avec paralysie faciale droite, prédominante au facial inférieur. Paralysie du membre inférieur gauche. Troubles des sphincters.
Légères secousses cloniques. (Il n'y a rien dans l’observation sur l'état des réflexes tendineux, ni oculaires. On ne lui a pas fait de ponction lombaire).
Fig. 59. — Obs. XLII.
Examen de la plaie. — Plaie tangentielle au niveau du bregma, avec sortie du projectile.
Orifice d'entrée. — ? centimètres à gauche de la ligne médiane, au niveau du bregma.
Orifice de sorlie. — 3 centimètres en avant, sur la ligne médiane.
L'os compris entre les deux orifices est fracturé et complètement transformé en esquilles.
La plaie saigne et il en sort de la matière cérébrale, mélangée à des caillots.
Intervention le 8 avril. — INcision cRuGIALE par le chirurgien du service. Ablation de nombreuses esquilles, qui étaient implantées dans le cerveau. Pas d’incision de la duremère. On se contente de tamponner pour arrêter l'hémorragie provenant du sinus longitudinal supérieur.
Aussitôt après l’ablation des esquilles, se fait une hernie cérébrale du volume d'un gros œuf au travers de la brèche osseuse élargie. Pansement sec.
Suites. — Les secousses cloniques se sont espacées, mais elles persistent toujours. Les paralysies ne présentent aucune modification.
Il n’a pas eu de fièvre. Jusqu'au 28 août, la température oscillait autour de 3605.
29 août. — La température est montée à 3802. En examinant le blessé, je le trouve plongé dans le coma, et toutes les demi-heures environ il présente des secousses cloniques el toniques qui débutent invariablement par le pied droit, pour se généraliser ensuite. Elles durent de 1 à 4 minutes.
Le pouls est à 70, fort et bien frappé.
Rétention des urines etdes matières. Le ventre est contracté.
Raideur de la nuque et signe léger de Kernig. Les réflexes tendineux sont très forts. Trépidation épileptoïde, surtout marquée à droite. Babinski et Oppenheim positifs.
Pupilles un peu dilatées, réagissant mal à la lumière.”
Ponction lombaire.— Liquide hypertendu et très légèrement louche. Polynucléose.
Localement, je trouve une hernie cérébrale du volume d’un citron. La substance cérébrale herniée est diffluente, ramolhe et en partie sphacélée. Son pourtour adhère à la peau, et du sillon sourd un peu de pus. En décollant légèrement la peau avec une sonde cannelée, je donne issue à une cuillerée de pus environ.
Une ponction dans la substance herniée, à l'aide d’une aiguille montée sur une seringue, donne du pus qui vient d’une profondeur de 5 centimètres environ.
J'introduis le long de l’aiguille la lame d’un bistourr étroit, -et j'élargis légèrement à l’aide d'une pinee, dont j'entr'ouvre les branches après l'avoir introduite fermée; du pus en sorten quantité.
Il s'agit par conséquent d’abcès cérébral avec méningite.
Devant cet ensemble, jen’hésite pas à intervenir largement.
Trépanalion. — ? septembre.— Sans anesthésie. Lambeau cutané à pédicule postérieur, large comme une grande paume de main. Rugination de l'os.
L’orifice osseux est irrégulier, anfractueux, à bords esquilleux, des dimensions d’une pièce de 5 francs; il est elhptique, à grand axe longitudinal. Je distingue des vestiges de deux orifices d'entrée et de sortie du projectile, de la réunion desquels par l'ablation d’esquilles, lors de Ia première intervenüion, résulte la présente brèche osseuse.
En écartant doucement le pédicule! du champignon cérébral hernié, je vois sourdre du pus en abondance.
Je fore autour de cette brèche osseuse 6 trous au trépan et à la fraise de Doyen; décollement dela dure-mère et sciage avec des scies de Gigli.. J’enlève ainsi un lambeau osseux des dimensions d'une paume de main, que je suis forcé de séparer en deux pour le dégager du pédicule de la masse cérébrale herniée.
Hémorragie peu abondante par le sinus longitudinal supérieur que j'arrête en pinçant le sinus entre les:mors de'deux clans.
Incision circulaire de la dure-mère; je tombe aussitôt sur une cavité ménagée entre la dure-mère et la surface cérébrale et remplie de pus. J’en extrais TROIS GROSSES ESQUILLES, DES GHEVEUX ET UN PETIT MORGEAU D'ÉTOFFE.
J'élargis encore l'incision exploratrice faite dans la masse cérébrale herniée, et de cette cavité aussi j'extrais avec du pus deux esquilles osseuses,
J'essuie avec des mèches imbibées, de. sérum :alcoolisé (à 10 p. 100); je badigeonne la masse cérébrale herniée. avec
du sérum:iodé (10: p. 100), je draîne; avec des mèches imbibées de sérum simple.
Je tamponne.le sinus et enlève les: clans, IL:n’y. a pas d'hémorragie.
Hémostase du lambeau et suture par quelques crins.
Suiles:— La température, le.soir, est de 37°2, Pouls à 110. Les secousses ont disparu.
3 au 18 août. — La suppuration a diminué peu à peu. La hernie cérébrale est moins volumineuse, et.des parties sphacélées ont été excisées.
Le thermomètre a constamment .oscillé autour de 37°, sans jamais dépasser 37°5.
La paralysie du membre inférieur gauche est très améhorée. Le bras droit fait quelques mouvements, et la paralysie faciale est:très diminuée.
Le blessé n’est plus dans le coma; il boit. seul, il s'asseoit dans son lit, il ne perd plus ses urines, ni les matières. Le pouls est à 95.
Mais il s’affaiblit de plus en plus. Il a des escharres fessières quirestent rebelles au traitement.
Les ponctions lombaires donnent depuis le 12 août du liquide presque clair. Je fais:tousles jours une ponction lombaire et retire de 3 à 8 centimètres cubes de liquide.
Tout paraissait aller bien, quand le blessé a été pris, dans la nuit du 18 août, d'une crise violente ; il s'est débattu pendant 3 heures, cherchant à.se lever du lit etpoussant des cris à ameuter tout l'hôpital ; il a eu ensuite une série de convulsions épileptiformes qui ont duré pendant une.demi-heure et se sont terminées par la mort du blessé.
Aulopsie, —,La convexité du cerveau. est couverte de fausses membranes; les vaisseaux sont très œdématiés . Il n’y a pas de pus à la base. À la coupe, du cerveau, passantpar l'abcès, je constate la présence d’une cavité, de volume d’une mandarine, formée au-dessus du lobe gauche et en petite partie du lobe droit du cerveau, au niveau du lobule para-
LE0pee
central. La scissure inter-hémisphérique est comblée par des adhérences.
La cavité de l’abcès contient une petite cuillerée à peine d’une bouillie purulente. J'y trouve 3 petites esquilles.
Cette observation offre plusieurs points intéressants.
D'abord, elle montre de la façon la plus péremptoire l'utilité de l'intervention précoce. Si ce blessé avait été trépané aussitôt son admission dans l'ambulance, on aurait pu le débarrasser facilement de ses esquilles et des autres corps septiques que nous y avons trouvés. Je suis convaincu qu'il n'aurail présenté aucun des phénomèmes infectieux qui ont entraîné la mort.
Ensuite, si à son entrée à l'hôpital, au lieu de se contenter d'une incision cruciale avec ablation de quelques esquilles, sans même agrandir la plaie et la dure-mère, on l'avait trépané largement, en explorant les alentours et la plaie cérébrale, je crois qu'on aurait pu encore enrayer l'infection.
Enfin, si au lieu de débrider la plaie par une incision cruciale qui a mis à nu la masse cérébrale hermiée, on avait, au contraire, confectionné un large lambeau cutané, suturé les orifices cutanés d'entrée et de sortie du projectile, et assuré un bon drainage à l’aide de mèches sortant par la circonférence du lambeau, je crois encore que les suites auraient été plus simples; la hernie cérébrale n'aurait pas été infectée, et le blessé aurait eu de fort nombreuses chances de guérir de sa blessure.
C’est exactement la ligne de conduite que j'ai tenue dans le cas de l’observalion suivante (Obs. XLIIT). Il sera, je crois, intéressant de comparer ces deux observations. Il est difficile de fournir une démonstration plus nette de l'efficacité du procédé que je préconise.
Observation XLIII (personnelle)
Plaie tangentielle du bregma par projectile de fusil bulgare.
— Hémiplégie et paralysie faciale droites. — Trépanation précoce. — Guérison apec disparition des phénomènes: paralytiques.
3 Hôpital militaire, Salonique.
Kits... Nicol. 1° Régiment d'Evzones, 4° compagnie.
Hisroire. — Blessé le 17/30 juillet, il a immédiatement perdu connaissance. Il a été pansé sur le champ de bataille avec un pansement individuel, et transporté ensuite dans l'ambulance du régiment, où on l’a rasé et badigeonné à la teinture d’iode. Cette ambulance me l'a envoyé le lendemain à Simitli, où J'avais installé mon ambulance C 2.
Examen. — Le blessé est éveillé. Il répond tant bien que mal à nos questions; il n’y a pas d’aphasie. Paralysie du facial inférieur droit.
Hémiplégie droite avec raideur, exagéralion des réflexes et Babinski très net. Les réflexes cutanés n'existent pas du côté droit ; ils sont normaux à gauche. Il n’y a pas de Babinski à gauche.
La pupille gauche est dilatée; elle est un peu paresseuse à ja lumière.
I n'y a pas de raideur de la nuque, ni de convulsions épilepüformes.
Ponction lombaire. — Liquide hypertendu et hémorragique. Je retire 20 centimètres cubes. Le blessé se plaint de vertiges au moment de la ponction, mais au bout d’une demi-heure, il nous dit qu'il se sent beaucoup mieux qu'avant la ponction.
Examen de la plaie. — Orifice d'entrée, — Au niveau du bregma, à 5 centimètres à gauche de ‘la ligne médiane, Régulièrement circulaire, il mesure 8 millimètres environ.
Orifice de sortie, — Sur la ligne médiane, à 4 centimètres
au-devant du précédent. Bords irréguliers, déchiquetés ; diamètre : 14 millimètres environ.
La plaie saigne abondamment, aussitôt que nous enlevons les gazes qui tamponnent la plaie. De la substance cérébrale sort par l’orifice de sortie.
Température 36°2; pouls à 115. Respiration 22, superficielle. Pas de Cheyne-Stokes, 1.000 centimètres -cubes de sérum sous-cutané. Caféine. Huile camphrée.
Fig. 60. — Obs. XLIII.
Intervention, 31 juillet.— Anesthésie locale. Hémostase par le procédé d'Heidenham.
Large lambeau pentagonal à base postérieure, circonscri: vantles deux orifices, et dépassant les dimensions d'une paume de main.
L'os sous-jacent est fracturé autour et entre les deux orifices.
J'élargis à la pince-gouge, en décollant autant que possible la dure-mère: Je donne à la brèche osseuse les dimensions d’une paume de main:
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Le sinus longitudinal et ses lacs saignent: abondamment. Je tamponneau fur et à mesure.
La dure-mère est tendue, bleuâtre et ne bat pas. Elle présente un orifice unique, elliptique et mesurant 2? centimètres dans son grand axe.
Incision circulaire dela dure-mère. Entre elle et le cerveau, je trouve de volumineux caillots qui compriment le cerveau gauche. Celui-ci présente une plaie des mêmes dimensionsque celle de la .dure-mère; elle intéresse ‘uniquement le cerveau gauche.
Le sinus longitudinal est ouvert.
En dégageant doucement la face interne de l'hémisphère gauche, je constate que la scissure inter-hémisphérique est remplie de caillots.
J'enlève à l'aide de compresses sous un filet de sérum chaud ces caïllots, qui filent: vers la scissure inter-hémisphérique et vers la face externe de l'hémisphère gauche.
J'enlève 8 grosses esquilles dont trois se trouvent à 3 centimètres de profondeur dans le cerveau.
Draînage de la plaie cérébrale à l’aide de mèches imbibées de sérum physiologique.
Je comble la lumière du sinus des deux côtés avec des faisceaux de catgut, et j'y place quelques points de suture. L'hémorragie diminue beaucoup, mais ne cesse pas complètement. Je place alors des deux côtés les petits compresseurs de Doyen et je les laisse sur place.
Après l’ablation des caillots, il se fait une forte hernie cérébrale.
Je place des mèches sur la surface cérébrale.
Avivement et sulure des orifices cutanés d'entrée et de sortie du projectile.
Suture du lambeau,.en laissant à sa partie culminante une fenêtre pour la sortie de la mèche qui va dans la plaie cérébrale et de chaque côté de la base, deux petites fenêtres pour la sortie des mèches qui recouvrent la surface cérébrale.
Suiles. — Elles furent très simples. La paralysie faciale a commencé à rétrocéder dès le lendemain de l'intervention. ainsi que la paralysie du bras. Celle du membre inférieur a persisté jusqu'au 13 août, quand le malade fut évacué sur Salonique.
La hernielcérébrale faitsousla peau une saillie d'un œufd’oie,
Les compresseurs ont été enlevés après 48 heures. Il n'y avait plus d’hémorragie.
Les mèches furent enlevées le 4 jour de l'intervention. 71 n'y a plus de pus.
J'ai replacé des mèches imbibées de sérum, et j'ai fait le pansement tous les deux jours.
À aucun moment, il n’y a eu de l'élévation thermique.
Le blessé transporté à Salonique a été dirigé sur l'hôpital de la Reine Sophie installé dans les locaux du Consulat bulgare, et dirigé par le docteur Goldhamer, chirurgien allemand.
A mon relour à Salonique, je l'ai repris à l'hôpital militaire.
Le dessin ci-joint (fig. 60) a été fait à ce moment.
6 octobre 1913. — En l'examinant à cette date, je constate :
La paralysie faciale et la paralysie du bras droit ont complètement disparu.
Au membre inférieur droit persiste de la parésie. Le blessé marche avec une canne.
L'intelligence est intacte. Il n'y a pas la moindre trace d’aphasie.
La plaie est complètement cicatrisée. Le D' Goldhamer m'a dit qu'il y avait, à l'arrivée du blessé, une légère suppuration de la plaie. Il a continué les pansements sans découdre le lambeau, qui était presque complètement cicatrisé sauf au niveau des.trois fenêtres par où sortaient les mèches.
Il y a actuellement une hernie du volume d'une mandarine, molle, dépressible et animée de battements.
La comparaison de cette observation à la précédente ne laisse subsister aucun doute sur les services que peut rendre la
fermeture des orifices d'entrée et de sortie des projectiles, et à plus forte raison, «a condamnation définitive des incisions cruciales. I est difficile de trouver des cas aussi ressemblants comme les observations XLII et XLUIIII. La différence des résultats ne peut être attribuée qu'à la différence des procédés opératoires employés.
Observation XLIV (personnelle).
Plaie perforante de la région temporale droite par balle bulgare. — Hémianopsie. — Débridement des orifices d'entrée et de sortie avec ablalion d’esquilles. — Guérison.
3° Hôpital militaire, Salonique.
Stromat.. Den., 15° Régiment d'infanterie, % compagnie.
Histoire. — Blessé à Nevrokop, le 12/%5 juillet, il n’a perdu connaissance que pendant un quart d’heure à peine. Il a été pansé immédiatement par un camarade avec un pansement individuel. Il a été transporté ensuite à l’ambuiance régimentaire où on lui a enlevé quelques esquilles; on l’a rasé et badigeonné à la teinture d’iode,.
Il a été transporté à l'hôpital militaire n° 3 de Salonique le 27/9 juillet-août.
Examen. — Hémiplégie gauche spasmodique. Paralysie faciale gauche, surtout au niveau du facial inférieur. Légère dysarthrie, pas d’aphasie motrice ou sensorielle.
La ponction lombaire n’est pas mentionnée dans l’observation.
Examen des plaies. — Orifice d'entrée, elliptique. à grand axe, dirigé en bas et en arrière; il mesure Î cm. 5 environ et se trouve à 13 centimètres du conduit auditif externe sur la verticale menée sur lui, Issue de caillots et de substance cérébrale.
Orifice de sortie, derrière l'oreille droite, 6 centimètres au
CORYLLOS ./ 20
dessus de la pointe de la mastoïde. Elliptique, à bords réguliers, il mesure 1 cm. 5 dans son grand axe.
Température 37°2; pouls à 79.
Il a été laissé dans cet état, l'intervention n'ayant pas été jugée nécessaire.
Marche. — Il va bien jusqu’au 12/25 avril.
Fig. 61. — Obs. XLIV.
En ce moment, légère ascension thermique, céphalée, nausées et légère suppuration de l’orifice de l'entrée.
Devant ces symptômes précurseurs de l'infection méningocérébrale, je n'ai pas hésité à intervenir immédiatement.
Intervention, 12/25 avril. — Anesthésie locale.
Lambeau cutané des dimensions d’une petite paume de main, à pédicule inférieur, circonscrivant l’orifice d'entrée.
Je place au niveau du pédicule une suture linéaire à points passés prenant toute l'épaisseur des parties molles.
L'hémostase est parfaite.
Rugination de l'os.
L'orifice osseux est esquilleux. Un petit champignon cérébral du volume d'une noix fait saillie à travers cet orifice et sa surface est recouverte de bourgeons charnus qui saignent.
J'élargis l’orifice, et j'en sors une esquille de 2? centimètres de long sur 1 centimètre de large. Elle est entourée de pus; dès son ablation, débouche une petite cavité ménagée entre l'os el la dure-mère et remplie de pus. J'extrais 3 petites esquilles encore et je draîne, ne voulant pas à cause du pus allre plus loin.
Suture du lambeau, après avivement et suture de l’orifice cutané. Les mèches sortent à côté de la base.
Suites. — Très simples. Le 8° jour, la suppuration avail presque complètement disparu.
Le blessé a été évacué sur Athènes, avec son hémiplégie au même état.
Observation XLV (Personnelle).
Plaie langentielle de la région fronto-occipitale par balle bulgare. — Hémiplégie gauche. — Débridement. — Pas de lésions de la dure-mère. — Hémalome extra-dure-mérien. Guérison.
3° Hôpital militaire, Salonique.
Stamol.. Jean. 4° Régiment d'infanterie.
Blessé le 21/3 juillet-août, il a été transporté à Salonique le 24/6 du même mois.
Histoire. — Il a, dit-il, perdu connaissance 10 minutes après son accident, et il est resté dans cel état pendant 20 heures.
Examen. — Paralysie du membre inférieur gauche et parésie du membre supérieur du même côté. Pas d'aphasie.
Examen de la plaie. — Orifices d'entrée et de sortie, situés exactement sur la ligne médiane et à 5 centimètres l'un de l’autre.
Tous les deux sont régulièrement elliptiques, à grand axe, mesurant 1 centimètre et dirigé, d'avant en arrière.
Fig. 62. — Obs. XLV.
Il y a écoulement léger de sang, mais sans substance cérébrale.
Température 36°5. Pouls à 45, lent et majestueux.
Se plaint de céphalée intense. Vomissements fréquents.
Intervention. — Incision cruciale (par le chirurgien du service). Il enlève de nombreuses esquilles qui blessent le sinus longitudinal. Hématome considérable entre la duremère et l'os à droite, dans l’espace décollable.
Ablation des caillots. La dure-mère a sa coloration nor-
male et bat bien. Pas d'incision de la dure-mère. Tamponnement
Suiles. — L'hémiplégie s’est rapidement améliorée et avait presque complètement disparu le 25 août, quand j'ai vu le blessé.
12/25 août. — La plaie bourgeonne bien. Il n’y a pas de hernie de la dure-mère. La paralysie n'existe plus, sauf une légère parésie du membre inférieur gauche, mais qui n'empêche pas le blessé de marcher sans canne. Il n’y a plus trace de la paralysie faciale.
Dans ce cas, l’'incision cruciale pouvait trouver son indicaion, parce qu'il n’y avait pas de lésion méningo-cérébrale, Pourtant, même dans ce cas, je n'aurais pas suivi la technique de mon confrère, pour plusieurs raisons. D'abord, parce qu'il ne pouvail pas savoir d'avance s’il y avait ou non lésion du cerveau ; ensuile parce qu'étant donné le siège de la plaie, il était tout naturel de craindre une hémorragie du sinus, et pour faire l’hémostase du sinus longitudinal, il faut voir clair. Enfin parce que, s’il avait suivi ma technique, son blessé, étant donné la bénignité de la plaie, aurait été depuis longtemps complètement cicatrisé. En somme, il y a eu ici un heureux concours de circonstances qui a eu comme résultat de ne pas rendre nuisible l’incision cruciale. Il sera pourtant sage de ne pas y compter, parce que ces circonstances ne se présentent pas souvent aussi favorables el aussi complètes que dans le cas présent.
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