‹ La tribune des peuplesChapitre 14 sur 45 · JEUDI 29 MARS · texte numérisé non relu

JEUDI 29 MARS

A partir de cette date la Tribune adopta pour épigraphe dre du jour voté par l'Assemblée t nationale le 23 mai 1848 ^

1 Au désastre de Novare, au lendemain duquel le journal adopta e épigraphe, reste attaché un nom polonais.

Pacte fraternel avec l'Allemagne ;

Affranchissement de V Italie;

Reconstitution de la Pologne libre et indépendante.

A une époque où tant de généraux polonais, pleins du feu sacré, s'en allaient chercher au loin où combattre pour la liberté, le poste capital qui devait décider de tout, fut confié, malgré les protestations polonaises, au général Chrzanowski, l'homme le moins fait pour comprendre une situation révolutionnaire, et qui ne cessait de témoigner de la répugnance où il eût fallu de l'enthousiasme. Né en 1795, dans le palatin at de Cracovie, il fit la campagne de» Russie, fut blessé à Mozajsk, prit part comme capitaine aux campagnes des Russes contre les Turcs en 1829, et fut créé en 1830, après la bataille daGrochow, chef del'étatmajor de toutes les forces polonaises et général de brigade. Durant la guerre, il fut de ceux qui, en conseillant de transiger avec les Russes, causèrent le dénouement fatal de la lutte. Son manque de foi dans les moyens révolutionnaires et son respect excessif pour les gros bataillons éclatent dans ce passages des mémoires de Charles Rôzycki, que cita la Tribune des Peuples. Rôzycki venait d'exécuter d'Ukraine à Varsovie une marche merveilleuse de 300 lieues au milieu de nombreux corps ennemis. Il rencontra enfin le corps du général Chrzanowski. «Officiers et soldats, tous se réjouissaient de notre arrivée, excepté le général. «Ces insurrections, disait-il, m'apportent plus de trouble que «d'utilité.» Chrzanowski eut avec le général russe Thieman une entre- i vue secrète qui indigna les patriotes. Gouverneur de Varsovie, il s'opposa de toutes ses forces à l'armement de la garde nationale et ut ar- .. réter les citoyens qui voulaient résister à outrance à l'entrée des Rus- i ses. 11 continua d'habiter la capitale sans être inquiété et ne la quitta 3] qu'au bout de quelques mois avec un passeport russe. Il se rendit i \ Bruxelles où le général Dwernicki déclara au gouvernement belge que les Polonais refusaient de voir dans le général Chrzanowski un compagnon d'exil. Ce général de la Pologne officielle, au lieu de déchaîner en Italie un ouragan populaire, n'opposa aux Autrichiens que la tactique qu'on enseigne dans les écoles, et il succomba. On put lire dans V Univers du 1 er avril 1849: <Une lettre du général Chrzanowski, écrite \ la veille de la dernière bataille et que nous avons eue sous les yeux, dit: — La guerre est impopulaire dans l'armée, elle ne veut pas du joug de la démagogie.» L'occasion de sa défaite fut une faute d'un autre général italien, il est vrai, mais dont la Pologne avait eu à déplorer l'ab- . s en ce d'énergie, lorsque Ramorino, dont le comte Zamoyski dirigeait

État des for ces morales et matérielles 116

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