‹ La tribune des peuplesChapitre 17 sur 45 · SAMEDI 31 MARS · texte numérisé non relu

SAMEDI 31 MARS

Le canon retentit à la frontière *. Il n'y a pas un soldat en France qui ne lait entendu; il n'y a plus pour le soldat français ni sommeil ni loisir; il entend les ordres du jour sans y comprendre un seul mot, tant son âme est ailleurs.

Ce qu'il y a de plus français en France, c'est l'armée. C'est l'armée qui a fait triompher le principe de la grande Révolution. C'est à l'armée qu'ont recouru en dernier ressort les Danton, les Saint-Just et Napoléon, lorsqu'il s'est agi de combattre l'ennemi extérieur et l'anarchie intérieure.

Le gouvernement ne comprend pas le danger de la situation.

Ce qu'un gouvernement républicain vraiment national devrait surtout consulter dans les moments critiques, c'est l'opinion de la nation armée.

Non, nous le répétons, le gouvernement ne comprend pas le danger de la situation.

31 mars 1849.

Le général Ramorino, Génois d'origine, chef de bataillon sous l'empire, alla en 1831 chercher fortune en Pologne. Devenu commandant d'un corps opposé aux Russes, il ne fut pas heureux dans sa campagne; les uns l'accusèrent d'impéritie, les autres de trahison. Au lieu d'opérer sa jonction sur la basse Vistule avec le général Rybiriski, il franchit la frontière d'Autriche et laissa son corps aller à la débandade. En

1 Ces lignes sont inspirées par la nouvelle du désastre de Novare (23 mars), suivi, trois jours après, d'une paix désastreuse imposée par l'Autriche à l'Italie, abandonnée de la France, paix qui plongea l'Italie pour dix ans dans les fers jusqu'à ce que l'Empereur eût réparé à Magenta et à Solferino l'inaction du Président. {Noie de l'éditeur.)

Le comité de la rue de Poitiers 129

çne, Ramorino s'est fait l'instrument de la fraction aristique, représentée par son chef d'état-major, le comte >yski. C'est ce même Ramorino, qui depuis passa en e avec un corps de réfugiés et de conspirateurs suspects, i fit manquer l'expédition révolutionnaire, en quittant orps au moment du danger. Il s'associa ensuite à une tive pour restaurer le duc de Brunswick. Il fit partie de édition de don Pedro contre don Miguel, tenta contre la ie une expédition, et enfin alla offrir ses services à l'Ese contre don Carlos. Dernièrement, entré de nouveau >rvice du Piémont, et se faisant derechef l'instrument du e Zamoyski, il fit tout son possible pour désorganiser la n polonaise K Les soldats de cette légion, pour pouvoir ?rver leur drapeau, continuaient de servir la cause repuine en Toscane; ils furent obligés de rembourser au gou- 3ment piémontais ce que lui avaient coûté leurs uniforqui avaient cependant été couverts de poussière et de dans les batailles de Lonato, de Desenzano et pendant traite de Brescia. C'est Ramorino qui était chargé de re à exécution toutes ces ignobles mesures.

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