‹ La tribune des peuplesChapitre 35 sur 45 · ET LES PARTIS · texte numérisé non relu

ET LES PARTIS

29 avril 1849.

La question du moment, vitale pour la France, est presque toujours la seule dont on s'occupe peu en public et dont les assemblées politiques paraissent ne pas même soupçonner l'existence. Tout le monde se fait diplomate. La dernière chose que dira un citoyen, c'est précisément la chose à laquelle il pense jour et nuit

La vieille tradition des hypocrisies religieuses et gouvernementales et le nouveau genre d'hypocrisie officielle de nos jours justifient maintenant la maxime de l'homme, qui est la personnification la plus complète du système orléaniste. Cet homme a dit que la parole est faite pour déguiser la pensée. Talleyrand a donné la formule de l'orléanisme. Talleyrand a été le véritable fondateur et chef de l'orléanisme. Après la révolution de juillet, deux hommes qui, tout en travaillant pour le même but, s'étaient jusqu'alors fait officiellement la guerre, Louis- Philippe et Talleyrand, une fois en possession du pouvoir, se sont concertés sur leur plan ultérieur, sans avoir besoin de converser ou même d'échanger des regards.

Louis-Philippe et Talleyrand, le lendemain de la révolution de juillet, reconnurent que le temps était venu d'introniser la parole hypocrite, celle qui déguise la pensée pour détruire, à l'aide de cette même parole, les vrais représentants de la pensée, les hommes d'action. Leur système a été fidèlement suivi par les hommes qui leur faisaient la plus

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fière opposition, mais avec la restriction mentale d'imiter Talleyrand et Louis- Philippe du moment où ils réussiraient à les remplacer au pouvoir.

M. de Lamartine et les ministres actuels ne sont en effet que les continuateurs du système Talleyrand-Louis-Philippe. Le système a plus de représentants qu'on ne le pense. La haute banque, la haute administration et toute la bureaucratie sont essentiellement orléanistes. On a accepté officiellement le système de parler comme parle le peuple français, d'imiter même son accent et ses gestes révolutionnaires; mais quant à Faction, quant aux votes, quant à la distribution des fonctions militaires et civiles, les grands parleurs soi-disant révolutionnaires obéissent en secret à cet instinct qui leur est commun avec les hommes gouvernementaux de la Russie, de l'Autriche et de la Prusse, â l'instinct animal de conservation individuelle.

Toutes les grandes idées de la philosophie ancienne et du christianisme, fruit de tant de travaux intérieurs de l'homme, toutes les vérités conquises par la Révolution française, au prix de tant de sueur et de sang, l'orléanisme s'en empare et les fait valoir, comme les nobles du temps de Louis XV, les chevaliers d'antichambre étalaient les titres et les armoiries de leurs ancêtres des Croisades. Les orléanistes savent tout, parlent de tout, mais ils ne peuvent rien. Leur secret consiste à parler toujours, à étourdir le monde par la parole, et à ne dire jamais ce qui les fait parler.

Ce qui les fait parler tant et si bien, c'est toujours la peur. Quant aux belles paroles, dont ils sont si prodigues, ils les trouvent dans les discours des Mirabeau, des Robespierre, des Barnave, des Talleyrand et des Chateaubriand; toute monnaie leur est bonne, pourvu qu'ils puissent l'échanger.

Or, on commence à vouloir savoir ce que l'orléanisme se propose d'acheter avec toute cette monnaie -là. Ce grand secret, qu'ils cachent soigneusement, nous impose le devoir

de faire des études spéciales sur l'orléanisme et les orléanistes. Ce que nous constatons dès aujourd'ui, en croyant être d'accord avec l'opinion populaire, c'est que l'orléanisme, ayant toujours pratiqué le systèmes des réticences, tente tous les efforts possibles pour faire adopter ce système par le peuple républicain et la presse démocratique qui en est l'organe.

L'orléanisme voit avec joie les orateurs de l'Assemblée et les publicistes éviter avec le plus grand soin les questions qui le brûlent le plus intérieurement Une de ces questions, ou pour mieux dire la seule question du moment, est celle qui concerne la situation et la personnalité du président

L'histoire du président, sa position à l'égard des différents partis qui divisent la république, ses rapports avec les hommes influents du jour, sont le sujet de toutes les conversations de nos ministres et même des ministres étrangers qui, pour le moment, dirigent le ministère et influent par conséquent sur l'Assemblée. Pas un mot de ces conversations intimes n'est entré dans des discours officiels prononcés du haut de la tribune. Les journaux les mieux renseignés sur ce qui intéresse leurs patrons ou leurs adversaires, gardent également sur ce sujet une réserve diplomatique et orléaniste.

Quant à nous, défenseurs de l'idée républicaine napoléonienne, nous nous croyons obligés en conscience de dire franchement au public ce dont tout le monde parle dans les rues et ce que beaucoup de gens attachés au gouvernement ont le petit courage d'exprimer dans leurs conversations particulières.

Nous parlerons de M. le président de la République, en nous adressant à M. le président de la République lui-même.

Ce que nous dirons ne vient pas de nous. Ce que nous espérons de lui, ce que nous attendons de lui, nous l'espérons, nous l'attendons avec des millions qui l'ont appelé de l'exil à occuper

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un poste élevé au-dessus de tous les trônes du vieux monde, une position qui n'est comparable dans l'histoire qu'à celle que Napoléon, le vainqueur de Toulon et de Marengo, avait jadis prise en face des puissances du vieux monde.

Le Premier Consul n'avait d'autre appui que son génie, d'autre levier que l'esprit révolutionnaire du peuple français; il n'avait sur le globe qu'il avait ébranlé tout entier d'autre auxiliaire fidèle que les Polonais K

Le président a été appelé par l'esprit de la France et par la terre française, par la Révolution et par l'intérêt matériel, par les socialistes et par les orléanistes. Il a pour auxiliaires les nationalités les plus fortes de l'Europe moderne: la Pologne, qui se présente cette fois accompagnée des peuples slaves, autrefois les ennemis les plus terribles de Napoléon ; le peuple d'Italie, jadis hostile ou indifférent, maintenant homogène et uni dans ses sympathies pour la France et pour le grand nom de celui qui a révélé l'Italie à elle-même, qui avait établi un royaume d'Italie, une administration italienne et qui a associé à sa gloire militaire des noms italiens.

Le président de la république a des auxiliaires, que le Premier Consul et l'Empereur n'ont jamais connus que de nom et dont tout le monde raconte déjà les victoires. Le président de la république a pour lui les sympathies des Hongrois, parce qu'il est censé représenter la France révolutionnaire et qu'il porte le nom de Napoléon.

Le président de la république a des auxiliaires même audessous de la terre, même dans la boue, dans l'enfer, c'està-dire dans la bancocratie et la diplomatie.

C'est là le danger de sa position!

1 En 1814 Napoléon donnait au ministrt de la guerre Tordre suivant: tNe confiez plus de commandement supérieur à aucun étranger, sauf aux Polonais.» [Note de l'éditeur.)

6 mai 1849.

La Providence a fait à M. le président actuel de la République une position exceptionnelle et on ne peut plus heureuse. De tous les hommes qui, depuis la grande Révolution, se sont succédé au pouvoir, il est le seul qui y soit arrivé sans précédents politiques et sans engagements pris avec un parti quelconque *.

M. le président, le jour de son avènement, a été l'homme le plus libre de la France entière, le seul peut-être à qui il fût donné d'être parfaitement libre. Il ne devait absolument rien aux chefs des partis 2 qui prétendaient représenter la France. Il ne devait rien aux bonapartistes dynastiques qui, après avoir suggéré à Napoléon l'idée dynastique, le trahirent au profit des Bourbons, et trahiraient de môme le président de la république du moment où ils entreverraient la possibilité de le remplacer par un dynaâte dont le nom fût

1 A la fin de novembre 1848, M. le comte d'Alton-Shée, alors président du comité central des républicains démocrates socialistes qui avaient adopté la candidature du citoyen Haspail comme protestation contre le principe de la présidence, ayant eu chez la princesse Belgiojoso une entrevue avec Louis-Napoléon Bonaparte, dans le désir de savoir ce qu'on pouvait avoir à en craindre ou à en espérer, et lui ayant demandé: «Si vous êtes nommé président, sur qui comptez-vous vous" appuyer, sur les blancs ou sur les rouges?» reçut cette réponse que d'Alton-Shée répéta de suite aux membres du comité : tNi sur les uns ni sur les autres.» Malheureusement, le lendemain de son élection, M. le président s'appuya sur les gens de l'ancien régime d'avant février 1848.

{Note de V éditeur.)

* Napoléon I er disait: «S'appuyer sur les chefs de parti en France, c'est s'appuyer sur le vide.» (Note de l'éditeur.)

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moins antipathique au vieil ordre de choses en Europe. Il n'avait pas non plus d'obligations au parti officiellement républicain, celui du National. Il n'avait à s'appuyer que sur cette force qui, d'après les propres paroles de M. le président, «a jadis servi de base au pouvoir de Napoléon,» le peuple et l'armée.

Mais comment M. le président peut-il connaître les opinions du peuple, comment peut-il savoir ce que veut l'armée? La politique de tous les pouvoirs légitimes, constitutionnels ou républicains, tendait toujours à substituer les intérêts des partis, des familles et des individus à ceux du peuple. Tout pouvoir, quel qu'il fût, parla et agit toujours comme représentant du peuple, et le Moniteur officiel est toujours regardé par les hommes du pouvoir comme l'expression fidèle de l'esprit populaire. Les partis de l'opposition avaient aussi chacun leur Moniteur officiel, organe de quelques meneurs aspirant au ministère.

Louis- Napoléon, exilé de la France et privé de tous moyens d'avoir des rapports immédiats avec le peuple français, ne connaissait la France que par les livres et les journaux. Dans ces livres, les auteurs les plus célèbres démontraient: les uns l'infaillibilité du dogme de la légitimité et la nécessité de renouer la vieille tradition royaliste au néocatholicisme et à l'orléanisme; les autres espéraient pouvoir continuer la tradition de Robespierre et de Babœuf. Tous les auteurs politiques de renom étaient d'accord dans leur haine de l'idée napoléonienne. Tous paraissaient également abhorrer le souvenir de la grandeur nationale, de l'influence universelle de la France, de la force avec laquelle Napoléon avait posé et maintenu les principes révolutionnaires de la Grande-Nation. Ces auteurs, qui vivaient de l'exploitation des opinions du jour, heureux d'exister à une époque où on pouvait vendre au poids de l'or chaque parole, pourvu qu'elle flattât les opinions du jour, sans être oblige d'appuyer cette

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parole d'actes et de faits, ces auteurs avaient raison de détester l'époque napoléonienne, époque de travail et de réalisation. Ils haïssaient d'instinct l'homme qui méprisait tous les idéologues. Les idéologues d'alors, c'étaient les mêmes hommes qui se firent plus tard connaître sous le nom de doctrinaires.

Ainsi la doctrine et la littérature politique officielle continua, durant tout le règne de la Restauration et de Louis- Philippe, à combattre la Révolution en la personne de Napoléon, son représentant le plus glorieux et le plus redoutable pour les réactionnaires. Ce qui se publiait dans les livres se répandait au loin par la voie des journaux. On finit par faire accroire à l'Europe que le peuple français avait complètement oublié cet épisode de son histoire, qui comprend les années écoulées entre la chute du Directoire et la Restauration, les seules années dont les peuples aient gardé le souvenir.

Louis- Napoléon a lu ces malheureux livres et ces vils journaux! Il ne connaissait pas la chronique scandaleuse des auteurs achetés par le gouvernement ou travaillant à se faire acheter. Il ignorait la position des journalistes qui écrivaient sous l'inspiration des spéculateurs, quelquefois sous la pression morale des partis et presque toujours dans l'espoir d'obtenir un succès du jour. Tout ce que Louis-Napoléon recevait de la France, par l'entremise des auteurs politique et des journalistes officiels, semblait être calculé pour détruire en lui les sentiments français, la volonté d'agir et l'espoir de voir venir pour la Grande-Nation des jours d'une liberté puissante et glorieuse. Il eut pourtant assez de force pour vaincre ces influences délétères. Il osa, pendant que l'on était en plein orléanisme, arborer à Strasbourg et à Boulogne le drapeau de Napoléon. Chose étrange! les publicistes orléanistes et républicains se réconcilièrent alors pour blâmer d'un commun accord ces tentatives hardies. Les mêmes hommes qui

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avaient conspiré sous les Bourbons, qui, sous Louis-Philippe, avaient comploté l'affaire de la rue des Prouvaires 1 , qui avaient combattu à l'église Saint-Merry 2 , qui avaient tenté des mouvements révolutionnaires à Paris et à Lyon, les prisonniers de Doullens et de Saint-Michel et même les républicains amnistiés par Louis-Philippe, accusaient le conspirateur de Strasbourg et de Boulogne, le prisonnier de Ham. «Il n'a pas réussi,» disait-on; l'insuccès de l'entreprise suffisait pour en faire condamner l'auteur. Le système orléaniste, dont le dogme fondamental est le culte du succès et du fait accompli *, avait fini par pénétrer dans les consciences républicaines.

1 La conspiration légitimiste de la rue des Prouvaires, qui se proposait de s'emparer de la famille royale par un coup de main sur les Tuileries, aboutit le 2 février 1832 à l'arrestation des conjurés, pour la plupart employés au service des Bourbons déchus, qui, en se défendant, tuèrent un agent et en blessèrent plusieurs autres le 25 juillet; six accusés furent condamnés à la déportation, vingt et un autres qui à cinq, qui a un an de prison. (Note de V éditeur.)

* Déjà, à la nouvelle de la prise de Varsovie (17—18 septembre 1831), dans les faubourgs de Paris avait éclaté une émeute réprimée par la troupe de ligne. La misère poussa la ville de Lyon à se soulever en inscrivant sur les drapeaux: Vivre en travaillant ou mourir en combattant. Une armée, commandée par le duo d'Orléans, écrasa l'insurrection. Enfin, les 5 et 6 juin 1832, la foule immense rassemblée aux obsèques du général Lamarque, qui avait été avec La Fayette le plus ardent conseiller d'une guerre en faveur de la Pologne, engagea une lutte avec la troupe aux cris de: Vive la république! Deux mille hommes mal armés, refoulés dans le quartier formé par les rues Saint-Merry, Àubry-le-Boucher, des Arcis, résistèrent à une armée de 25,000 fusiliers et de 40,000 gardes nationaux. Le futur duc d'Isly, Bugeaud, se distingua dans la répression de ce mouvement, répression qui aboutit à regorgement des insurgés dans l'église Saint-Merry.

(Note de Véditeur.)

* M. de Lamartine a dit le 19 novembre 1846: «On vous met un anneau de fer au petit doigt; vous dites: «Le fait est accompli!» et vous ne remuez plus la main. Un autre au bras droit: «Le fait est accompli!»

Cependant, le peuple français, laissant passer les calomnies des publicistes et des journalistes, sut gré au neveu de Napoléon d'avoir cru à la sympathie populaire pour le nom du héros. Il commença à aimer ce jeune étranger qui paraissait connaître le peuple français mieux que ceux qui le gouvernaient et se disaient ses organes. Le peuple aima dans Louis-Napoléon précisément ce défaut que les publicistes et les journalistes lui reprochaient le plus; il aima sa foi dans le peuple, son courage, son esprit aventureux.

Plaise à Dieu que le président conserve ce défaut que le peuple français, par son suffrage de six millions de voix, a érigé en vertu!

Plaise à Dieu que ce conspirateur turbulent, que le public officiel, avait calomnié et conspué comme perturbateur de l'ordre établi, et que le peuple a appelé comme garant de l'ordre à établir, comprenne que cet ordre qu'il vint troubler à Strasbourg et à Boulogne a été à jamais détruit par la révolution populaire!

Plaise à Dieu qu'il comprenne qu'on l'a appelé pour garantir la France de toutes les tentatives de retour de cet ordre!

Tout homme de bonne foi sent les difficultés au milieu desquelles se trouve le président de la République. Abreuvé de calomnies et d'insultes pendant son long exil et sa captivité, repoussé par ceux-mômes qui se proclamaient les défenseurs de la tradition nationale, par les républicains, il

Une chai ne enfin à tous les membres : aLe fait est parfaitement accompli!»... Hommes imprévoyants, ne voyez-vous pas que, si vous aviez d'abord secoué le petit doigt, puis les bras, puis les jambes, puis le corps, à toutes ces entreprises d'usurpation légale sur votre liberté et sur les droits de la nation, rien ne s'accomplissait? mais qu'en tendant ainsi les bras, les membres, le corps et l'âme à ces tentatives encouragée^ de la réaction, elle finira par enchaîner jusqu'à votre langue?»

(Note de V éditeur.)

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arriva en France, solitaire; à la veille de son entrée au pouvoir, il était encore sous le coup d'une loi de bannissement et des arrêtés ministériels d'un Lamartine.

Les ennemis de Napoléon profitèrent de cette position exceptionnelle du président. Ils se sont jetés au devant de lui avec le môme empressement qu'ils avaient mis autrefois à. le calomnier et à le persécuter; ils l'ont entouré, ils lui ont bientôt formé une cour, ils ont éloigné de lui ses amis les plus dévoués. Ils ne cessent de mettre tout en œuvre pour le séparer de ses proches et de sa famille: nous parlons ici du peuple, car c'est là sa famille.

Les ennemis de la Révolution et de Napoléon, effrayés du souvenir de leur triste passé, n'ont eu depuis la révolution de Février d'autre sentiment que celui de la peur.

Le peuple a eu beau laisser sortir impunis Louis-Philippe, Ouizot et tous leurs complices, les orléanistes n'en persistent pas moins à craindre pour leurs personnes. Pendant les journées de Février, ils fuyaient sans être poursuivis; ils se cachaient, bien que personne ne pensât à les aller chercher. Ils criaient au meurtre et au pillage, et ils supposent jusqu'à présent que la République tout entière n'est occupée que de complots contre leurs propriétés et leurs personnes.

Et il arriva tout naturellement que ceux des orléanistes, dont l'imagination a été le plus frappée de terreurs imaginaires, accoururent les premiers chercher l'abri sous la popularité du nom du président.

Ils forment maintenant son ministère; ils ont pour eux la majorité de l'Assemblée; ils ont la police; ils ont rétabli la garde municipale.

Que manque-t-il à leur sécurité? Et pourtant tout prouve qu'ils continuent à avoir peur. Il ne leur suffit pas d'être appuyés par la majorité et gardés par les sergents de ville, ils cherchent un appui dans l'étranger. Il faut que les am-

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bassadeurs d'Angleterre, de Russie et d'Autriche les rent sur leur impunité et leur durée ministérielle.

Que peut avoir de commun avec ces hommes -là M. président de la République ? Qui l'oblige à assumer la responsabilité du passé des légitimistes et des orléanistes? ce à lui de protéger les hommes traîtres à Napoléon, \à transfuges de Waterloo, les meurtriers de Ney et de Labédoyère, et ceux qui ont applaudi au meutre de Murât, à l'é> gorgement de la Pologne et à l'anéantissement de l'Italie} Quel est le devoir pour lui d'obtenir du peuple français m bill d'indemnité pour les concussionnaires, complices àm ministres de Louis-Philippe? Il n'a qu'à les laisser à leur triste destinée.

Un seul mouvement de sa volonté, un mouvement napoléonien peut le rendre libre de tous ces parasites qui ne vivent que de la substance matérielle et morale d'autruL Un seul mouvement de sa volonté, un seul mot napoléonien peut encore expliquer à la France et à l'Europe le mystère du Dix Décembre, qui est en même temps celui de la destinée du président. Il y avait un temps où il croyait à sa destinée: il Ta cherchée à Strasbourg et à Boulogne. La France la lui a révélée dans la journée du Dix-Décembre.

La France a fait tout pour Louis- Napoléon; ce quelle attend de lui doit répondre à ce qu'elle a fait pour lui.

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