‹ La tribune moderne M. de ChateaubriandChapitre 3 sur 76 · A TniBlM-: MOÜKUNK · texte numérisé non relu

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rt ViTgniaud. Par une rrainlivc inconséquence, la grati- (Iciir meme du sacrifice nuisait aux doctrines, que ce sacrifice avait si noblement attestées; et le martyrologe faisait li.rt à la foi.

Uevanl ces préventions et ces obstacles, reprendre la mission politique des lettres, recommencer par elles, sons une meilleure inspiration morale et avec plus d'expérience, ce qu’elles avaient voulu, ce qu’elles avaient cberclié, ce qu’elles avaient dépassé d’abord, c’était une noble vocation, au début de ce siècle ; et rinlerprète le plus éloquent de celte œuvre mérite d’être entendu toujours des esprits prévoyants et des cœurs généreux de toutes les époques.

Pourquoi recommencer une oeuvre inutile? diront quelques sages du temps; à quoi bon reprendre cette trame, qui se li?se, pendant longues années, cl se brise, en un moment? Ailleurs, nous le savons, une liberté conquise pied à pied par des sectaires assez obscurs, des légistes du droil roiiliimier, des bourgeois opiniâtres, s’est maintenue, s’est agranilic et subsiste encore. Mais, en France, des bommes de génie, à ])arlir de Montesquieu, ont célébré, ont accrédité, comme des théories d’abord, puis, comme des droits ac(|uis, CCS mêmes principes, ces mêmes formes de liberté jiolilique : et, rien de tout cela n’a tenu, malgré les philosopbes et les beaux parleurs, 'l'anl ce régime est peu fait pour la France! — Cette objection, si commode pour l’apostasie et la servilité, trouvera plus d’une réponse dans l’écrit que nous publions. Mais, quebpie grave que soit Une polémique, où riionncnr même de l’esprit français serait engagé, nous avons à considérer ici une question plus générale encore, question de vérité absolue, et de justice sociale, rinfluenec d’un grand écrivain, dans une épocpie de doute et de Uévolution, le caractère bistoiicpic de la

M. ÜË CIIATEALÜKIAM).

cause à la(|iiellc il dévoua en partie scs elTurts , la durée immortelle des principes politiques distincts de cette cause même, et dont il a été l’Iiubile défenseur.

François- Auguste de Chateaubriand naquit en Ilretagne, à .Saint-Malo, le 4 décembre 17ü8, dans rminée des grandes nativités, dans celle qui compte Napoléon, Cuvier, Wellington. Il descendait d’une famille ancienne cl illustre, divisée en plusieurs branches, dont une se vantait du nom d'un de ses chefs inscrit entre les barons, (|ui suivirent saint Louis à la Croisade.

Sous Louis XIV, après bien des vicissitudes amenées par le temps, et les perles à la guerre, celte famille, déchue dans quelques-uns de ses membres, élait toujours réputée de noble rang : et la pauvreté i|ui, plus tard, affligea la branche, d’où notre illustre écrivain devait sortir, n’avait été ni sans honneur, ni sans quelque retour de prospérité laborieusement ac(piise.

Le père de M. delihateaubriand, entré, de bonne heure, dans la marine marchande de Saint-Malo, avait contribué à relever delà ruine le nom qu’il portait. Après plusieurs navigations et un .séjour de quelques années aux Colonies, il se maria dans une ancienne maison de Bretagne, et devint père d’une famille nombreuse : il rentra môme dans le domaine de ses aïeu.\, eq rachetant le vieux château de Combourg, à douze lieues de Saint-Malo, dans un site d'autant plus seigneurial qu’il élait plus âpre et plus agreste, avec des terres fort arides alentour, mais des droits et privilèges, autant qu’on en pouvait avoir en pays d’Ktat, dans le royaume de France, avant 1781).

On sait combien la Bretagne, un peu barbare, aux

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