‹ La tribune moderne M. de ChateaubriandChapitre 32 sur 76 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

TlliMC ns Loxcrc SESSION I>E 1815. — StTCTATION OE LOCIS XVIIl CT DC SCS mxi-iTncs — oimciLT^ et nécessité de Mssoninr la cimirnF. électiae. — LEFORTS MJ PARTI ROTALISTE. ORDONNANCE HOVAUÎ Df 5 S» PTFMBRF. i81*». Ijj Monar(^ie selon la Charte, pidliée par m. de aiATCAitiuAND — ors-

TITÜTIOR du titre DE HIXISTHE d’ÉTAT. — DOtBI.r CARArTÊRC DU LIMIE, DAN*

i.Vtposition des l’RiNarcs i;t dans la I‘Oléuiqi;c. — réscltat sage et

PATRlOnoiT POCRSIIVI PAR LE MI.NISTÈRE D*ALORS.

La promotion deM. Laine au ministère de rintéricmn’était que le prélude du grave changement projeté par le ministre 1e plus puissant sur l'esprit du Roi et 1e plus en butte aux défiances du parti royaliste. Après dix mois d(; session, marqués par Lien des emportements de tribune, quelques lois arbitraires et trop de procès criminels, la Chambre, sous la forme ordinaire de prorogation, s’était séparée plus aigrie que satisfaite, et laissant le pays plus abattu que calmé. On disait qu’à son retour, cette Chambre, qui avait encore trois ans de durée devant elle, et dont l'ardeur, au fond, gênait le Roi, sans toujours lui déplaire, finirait ce qu’elle avait commencé, que ses principaux chefs entreraient au ministère, qu'ils achèveraient l'épuration des emplois publics, c’est-à-dire, chasseraient de toutes les places, déjà fort renouvelées, les anciens

foncliünnaircs et mettraient partout leurs amis. On ajoutait que de nouveaux avantages seraient assurés au clergé: 011 parlait de lui confier, comme dans l’ancien régime, les registres de l’état civil, de lui constituer de nouveau une dotation immobilière, toutes choses plus ou moins demandées, pendant la Session dernière, tour à tour éludées et repoussées, impossibles ou dangereuses, et qui touchaient au point le plus vif et le plus irritable du sentiment public.

Le retour imminent des députés de la Chambre de 1815 n'était donc pas seulement une épreuve redoutable, un assaut à peu près irrésistible pour le ministère modéré du duc de Richelieu; c’était une crise pour la paix intérieure, une menace aux intérêts acquis, un appel aux anciennes passions. Et, dès lors, c’était un obstacle à la libération du territoire, à cette suprême question du temps. Les hommes de talent et de modération qui, durant ce long débat de 1815, avaient résisté à l’esprit prédominant du parti nobiliaire et des ambitions plébéiennes, dont il sc recrutait, ces hommes qui, parfois, avaient balancé l'ascendant de la majorité, amoindri sa victoire, aidé le ministère à lutter contre elle, se sentaient à bout de force, s’il fallait recommencer la même campagne; ils souhaitaient donc, ils réclamaient avec instance une dissolution de la Chambre; mais ils doutaient eux-mémes du succès et de la volonté royale, qui seule en pouvait décider.

Aucun d’eux n’avait d’accès facile et de crédit auprès du Roi. Le Ministère même, dans son ensemble n’avait pas de parti absolument pris, et d’opinion assez uniforme, pour peser sur la volonté royale. Laissé à lui-méme, il aurait fort hésité à rompre avec cette Chambre, ou plutôt à la briser. Plusieurs ministres, au fond, inclinaient à

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