‹ La tribune moderne M. de ChateaubriandChapitre 36 sur 76 · IV · texte numérisé non relu

IV

avait là un de ces actes oiilrageiix, dont rinipuiiilé affaiblit la personne offensée, quoique par eux-inômes ils ôtent tout crédit à l’offenseur.

Rien, cependant, ne semblait encore changé dans la confiance et l’alTeclion du Roi pour son ministre. Louis XVIII, loin d’être étonné de cette violence, ou disposé à y céder, l'avait lui-ménie prévue. Les ultm, dit-il (car il employait parl'ois ce sobriquet de parti), nous préparent une (jnerre furieuse; ils vont exploiter ma doulenr. Ce n'est pas seulement à vous iiu'ils en veulent, disait-il encore à M. Decazes, mais à moi; et, sur les paroles de respectueuse soumission du ministre, |trét à tout quitter pour le service du Roi, mais déplorant (juc sa retraite parut se lier à un événement si fiine.«te : Non, non ; je ne l'entends pas ainsi, avait repris le Roi. J'exiije que vous restiez au ministère : ils ne me sépareront pus d'avec vous.

L’était évidemment la pensée de Louis XVIH. li’exagération du sentiment contraire le fortifiait dans le sien, par fierté de Souverain, autant que par affection personnelle. Attaqué dans l’homme de son choix, il craignait d’être asservi par les défenseurs qui s’offraient à lui. Cette disposition fut marquée dans tout son langage, non pas à un conseil extraordinaire où auraient siégéquelquçs ministres d’Etat. Ce conseil n’eut pas lieu et n’examina pas, comme on l’a dit, la mesure à prendre, dans la crise d’alors. Mais le Roi, près duquel furent admis plusieurs membres des deux Chambres, accueillit surtout ceux qu’on pouvait croire amis de son principal ministre. C’étaient, parmi quelques autres, MM. de Lally Tollendal, Fontanes, le duc de Lévis , le comte Garnier. On parla , dans ces courts et tristes entretiens, de complots révulutionnai-

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