‹ La tribune moderne M. de ChateaubriandChapitre 38 sur 76 · I.A TRIBL'M-; JIODERXK · texte numérisé non relu

I.A TRIBL'M-; JIODERXK

celle répnration paraissait bien lente à M. île Chateaubriand. Sans s'inquiéter beaucoup des dilTérences de lieux et de personnes, il était iinpaticnlde tirer les conclusions du gouvernemenl représentatif, comme il les avait décrites d'après l’AnglcIerre, dans la Monarchie selon la Charte. Le Ministre influent une fois tombé et relégué dans une ambassade, il eût voulu que le Pouvoir passât à ses principaux adversaires. Les projets de lois laissés par ce ministre ne le satisfaisaient pas; et lors même que ses amis personnels de In Chambre des députés, les membres du côté droit, eurent volé pour un au la suspension de la liberté individuelle et de la liberté des journaux, il se réserva dans la Chambre des pairs le rôle de protester pour les principes libéraux, tout. en accusant la modération du ministère.

Bientôt cependant un nouveau gage, un gage déci>if était donné au parti monarchique par le changement profond du système électoral. Celte loi des électeurs à cent écus, si odieuse au côté droit de la Chambre, n'était pas seulement modifiée, comme l'entendait le nouveau projet de M. Decazes par le fractionnement des électeurs en collèges d’arrondissement et quelques autres mesures plus on moins restrictives. On détruisait le principe de la loi; on le dénaturait par le privilège du double vote, par la formation d'électeurs plus imposés, qui élisaient entre eux d'abord au collège de département, puis concouraient partiellement à l'élection de leur arrondissement. C'était là, sans doute, une grande prérogative rendue à la propriété territoriale et à l'influence nobiliaire. Le vole de celte loi, obtenu surtout par la puissante parole de M. du Serre, avec le concours cl au profit du côte droit de la Chambre, déterminait la victoire des Zelanli de la royauté.

M. DE CHATEAUBRIAMI

qui, dans la théorie de M. de Chatrnuhriand, allaient prendre jiarmi nous la place des Tories d’Angleterre.

Depuis la censure des journaux, rétalilic du moins pour l'année, le Conservateur avait cessé de paiailre. Mais celui qui en avait l'ait une arme si puissante, s'il consentait à la déposer, n’en était que |ilus exigeant pour ses amis et pour liii-méme. Le ministère du duc de Richelieu achevait donc péniblement la session et semblait, par sa victoire même, affaibli devant ses alliés. La nouvelle loi d’élection ayant d’ailleurs maiiilenu la forme du renouvellement annuel par cinquième, reiithère du royalisme restait ouverte, à l’issue de chaque session, et le ministère voyait grandir en force et en nombre le parti, dont il voulait l’appui, mais non la domination. Déjà, comme dans les Assemblées de la Révolution, la Plaine adhérait souvent à la Montagne; c’est-à-dire les hommes d’une modération un peu timide, les fonctionnaires députés, ceux qui avaient le jdus servi l'adminislration de M. Decazes, puis celle de ses collègues survivants, se tournaient vers les chefs habiles du côté droit.

Parmi ceux qui se laissaient entraîner ainsi, on pouvait compter même des hommes d'une haute conscience et d'un rare talent, M. Lainé, par exemple, le promoteur de la première loi électorale, puis un des réformateurs de celte loi, attaché à la liberté, mais facile à s'effrayer, stoïque dans scs mœurs, mais trop llexible dans ses impressions, le moins courtisan des hommes, mais ne pouvant supporter un regard sévère et triste de la duchesse d’Angoulême, ami vrai du duc de Richelieu, .serviteur courageux des Bourbons , ayant plus d'amourpropre que d'ambition, et par là même prêt à se passer facilement du Pouvoir, à condition de paraître le défendre

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