I.,\ TRIBUNK SIOIIKKNf
« (le l-ucüiii, (jii il est plus à complei pnrmi les oralcurs (I (|uc parmi les pointes ; mais, (piel (|ue soil Tt-loije, il sera Il luiijours f'ianil , cl l’ouvra^p im in(amjmciit unique « (le nuire si('‘do. Au reste, madame, avec plus de rai- (( sou, je lonue le iiK'iue voeu que lord Stuart pour que (( M. de t!halcau])riaud ne sorte pas sil(M du Pouvoir. Il II repr(isenle bien cet honneur d(“siuléressê, ce goût des <( entreprises g(;ii(ireuses, ectic politique de la gloire, iviim' « ( lle-mème, qui convient à l'honneur de la France, cl (( d'où la Grèce attend son salut. J’ai confiance que l'Au- (( gleterre y mettra la main. Quand je me souviens des (( premières inspirations de Canning, de ses vers si tou- II chants sur la Grèce, je ne puis croire que tout cela soil (( oublié de ceux qui l’ont senti. Les enthousiasmes de la (( jeunesse se retrouvent, plus qu’on ne croit, dans les i(’‘- (( solutions de l'Age mûr; et, c’est pour cela qu’il faut bien Il les choisir, et les garder précieusement au coeur. »
(( Voilà sans doute un juste hommage, reprit alors une (( vüi.v aussi grave que celle du comte Gapo d'islria était « douce cl |)ersuasive. .Mais, s’il est permis de le dire, ce « (p(i prédomine dans l’imagination du peintre de.s Mar- (I liji's, c’est la puissance polémique (’a'lte épop(^ nouvelle <1 II Csl pas un chant biblique, comme l’onivre de Millon , Il une k'geiide chrétienne et chevaleresque, comme la Jmi- II salent du Tasse, un poème national cl contemporain, U comme les Lnsiades de Gamoëns, une méditation reli- <( gieiise et lyrique, comme la Messiaile de Khqistock. « (^esl une leuvre cnmposile, et, dès lors, arlilicielle, où (1 l'auleiir imite des choses inimitables pour nous, et ne (1 devient original ipie lorsqu’il n’est nulleincnl épique.
.( De I à, ces blâmes noinhreux, ces faciles plaisanteries, (( (pie suscita d’abord le livre ; de la, celle froideur (pii pèse
M. DK KlUTEAlimiAND.
« sur plusiiHirs cliiiiits, cl, on peut le dire, sur le fonil « même du sujet, ou, du moins, sur les deux niylliologies « supposées en contraste. Combien railleur du Télémaque, n suspect aussi de satire politique, n’esl-il pas plus vrai, n plus naturel, plus anli(|ue dans scs inventions cl dans « scs images !
« Ce n'est pas sans doute que le génie manque à l’aii- « Iciirdes Martyrs, ni l’élude, l’eut-clre même est-elle parti fois excessive; mais la première éducation était autre. « Lejeune apprenti de marine de Saint-Malo n’avait pas « respiré, dès renl’ance, ce parfum de ranli(|iiité, nalu- « rel dans le dix-septième siècle, à un fils de famille « élevé pour l’Eglise. Homère, Platon, Sophocle, l'Ecri- « turc sainte et les Pères ne l’avaient pas pénétré de leurs « grâces sublimes et simples; il n’avait pas parlé d’abord « cette langue, comme la langue mémo de sa foi et de son « espérance: il l’apprit plus lard, avec effort. Voilà pour- « quoi les Martyrs, celle couronne du talent et du système « de M. de Chateaubriand, celte œuvre qu’il a préparée, « nous dit-il, par tant de voyages et de labeurs, restera n ilans l’avenir bien au-dessous du Télémaque, ce livre né « si poétique, épanché du souvenir et do râinc de l’au- « leur, et dont le premier manuscrit, nous assure Voltaire, icn’oITre pas dix ratures. »
Cette opinion, je dois le dire, parut un paradoxe assez naïf. « Ab! reprit un des assistants, le Télémaque est un it bon livre de morale, malgré quelques de.scriplions trop « vives pour l’imagination de la jeunesse. Mais, à part la « prose un peu traînante, que lui reproche Voltaire, les « utopies de l’ile de Crète et de la ville de Salenle ne «justifient-elles pas le mot de Louis XIV’.' «Je viens de M causer une heure avec le plus bel esprit et le plus ebimé- I. 24
« rique de mon royaume. » Hors de ces chimères, le Téld- « maque est une gracieuse rémiiiLsccncc des poêles an- « ciens, une corbeille de fleurs cueillies partout. Mais,
« quel intérêt aura pour l'avenir cette mythologie profane,
« spirilualisle d'intention, sans être changée de forme, de « telle litçon (|ue le livre n'est ni païen, ni chrétien'.’» —
« Dites plutôt, reprit Capo d’islria, que c'est le mélange « même de la poésie grecque cl de la pensée chrétienne,
« de rialon et de l'Evangile, du Précurseur et de r.\po- « tre? M’esl-cc pas l'énelon, qui, le premier, dans le « dix-sepliémo siècle, forma le vœu de voir la Grèce déli- « vrée de ses oppresseurs et rendue aux beaux-arts, à la « philosophie, à la liberté qui la réclament pour leur pari trie. Je ne sais si ma reconnaissance d'un tel vœu me K rend partial, ou si la solitude m'a rendu romanesque. « Mais, tout étranger que je suis, j'admire passionnément « le Télémaque. Ces copies qu'il a faites de notre ciel.
Il d'aprèîs nos poètes, me charment, comme les exem- « plaires même du lyi» divin. Fénelon avait-il vu le golfe « de Clazoméne et ce coin délicieux de la côte d'.tsie, qu'il « a décrit, non plus dans le Télémaque, mais dans cet « autre échanlillon du même génie, son Aristonoüs? Son « âme seule a deviné la nature, comme elle l'a peinte. « M. de Chateaubriand excelle, je l'avoue, à décrire le « monde barbare dans sa rudesse et ses soulèvements im- « pélueux. Mais, excusez-nous de tenir encore à la pureté « de l'art antique et d'aimer mieux Antiope que Velléda. » Celle réserve d’un esprit si délicat parut enhardir un autre contradicteur. « Moi aussi, dit-il, j'admire la com- M position du Télémaque. Je l’admire, dans le choix mer- « veilicux des souvenirs, et la sobre nouveauté des inven- « lions. Par là, ce livre, qui ne prétendait pas à être un
M. DE CIIATEAUBniAND. 571
« |i()i;nie, esl une œuvr-c exquise, dans un siècle de bon «goût. Les Martijrs, au contraire, cl cela n’en diminue « pas la vérité, portent la marque d’un siècle de dcca- « dcnce. L’imitation de l’antiquité y va jusqu’à la reclierclie « érudite; elle n’est pas un écho involontaire de l’àme « cliarméc. Elle est une pièce de rapport encadrée, pour « l’elTet. Elle entremêle, dans son industrieuse mosaïque, O des temps, des genies, des accents les plus divers du « monde : elle dépouille indifféremment Homère, ou a Slace, Virgile, ou quelque clironiquenr barbare.
« De là, sans doute, j)cu d'unité dans l’ouvrage, beau- « coup de travail pour l’écrivain, et quelque fuligue pour le « lecteur; mais, c’est là une imperfection de détail ra- « cbetée par de grandes beautés d’imagination et de stvie. « Si l’auteur imite trop souvent, si son livre devient un « musée d'images antiques, dont l’éclat semble diminué « par rcnlassemcnt, le plan meme du poème peut attirer « des objections plus graves; d’abord, les anaebronismes, « quand il s’agit de personnages connus et consacrés. Saint « Augustin, par exemple, né dix-sept ans apn’ss la mort « de Constantin, devait-il figurer près de lui, comme un « compagnon d’études cl de plaisirs'? Cette erreur de date M élail-ellc nécessaire à l’expression des caractères? la <( vérité même de la vie d’Augustin n’est-elle pas plus « poétique et plus attachante qu’une fiction semblable?
» En admirant l’art de l’auteur à réunir, sous nos yeux, « tant d'incidents et de témoins vrais du ebristianisme, « n’a-l-on pas quelque ebose à regretter dans le choix « même du héros, et dans le nœud même de l’action? Le « pénitent Eudore n’est guère plus intéressant que le pieux « Énée. Son récit esl éloquent, sans doute ; mais lui-même (< que fait-il au dénoùinent du drame? Il entraine sur
U Tniiic.NE JioDEn.Ni:.
« ses pas, il allaclie à son sup|>licc, il enveloppe de son « linceul la pure el charmante prêtresse des Muses, la « jeune fille, ([ue le poète avait choisie, pour représenter « en elle la grâce el la pudeur inèine du génie profane. « De là, sans doute, l'émotion pénihle de la lin. Quel « (|ue soit le prix de la héatitudc céleste, on n'aime pas Cl <]ue les sourt'rauces du martyre soient le don nuptial, que « la force lait à la faiblesse, que le guerrier courageux « donne en partage à la vierge tendre et résignée. Si Po- « lyeucle n'avait su que convertir Pauline cl l'associer, « devant nos yeux, au partage matériel de ses tortures cl « de sa mort, je doute que ce triomphe complet de l'a- « mour el de la vérité, même sous le génie de liorneille, « eût donné rien d’égal au Polijeucte cpic nous avons.
« Il ne faut pas outrer même le martyre ; l'horrihle « n'est pas le pathétique. Ce cou d'ivoire de la fille d llo- « mère, hrisé par la- gueule sanglante du tigre, me glace « d'clTroi et ne me laisse ni admiration, ni pitié pour « l'athlèle chrétien, dont l'exemple commande le sacrifice « d'une si frêle victime. Que de fois, avi contraire, dans c< la vérité des temps apostoliques, ce fut la ferveur perce suasive de la femme qui soutint le courage de l'homme « au Prétoire cl devant le supplice ! Ce n'est pas à la vertu « slo'icpie seule qu'appartient cette parole sublime d'.Arria, cc essayant sur elle le poignard, avant de le passer à celui Cl qu'elle aime trop, pour ne pas mourir, avant lui : « Psete, Cl non dolel. » Epuré de l'erreur du suicide, cl, tout en- « flammé d’une charité divine, le dévouement d’Arria de- « vail être à l'avenir rinstinct naturel des mères el des IC épouses chrétiennes, ha faiblesse du sexe disparaissait Cl dans l'ardeur de la foi el de l’amour, ha religion el U l’âme liumainc en étaient d'autant plus grandes; et, pour
M. DK ClIATKAinniAM).
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« enlrcr ici, p;ir une autre voie, dans la pensée même de « l'auteur des Martyrs, l’orfrandc propitiatoire en devenait ce plus belle. C’était, non pas, comme il le dit de Cymoa docée à cété d'Eudore, le .sacrifice d’une colombe et « d’uii jeune taureau ; c’était le dévouement de deux voce lontés généreuses et libres, dont la plus douce avait été c( la plus puissante.
(c Ab! reprit aussitôt la personne cpii avait commenté cc l'entretien , cpie dites-vous là? Je crois entendre les c< blaspbèmes d’Hoiïtnann. Le préjugé littéi.iire est-il cc donc aussi inflexible que l’ironie du sceptique, ou la co- <( 1ère du despote? Laissez, je vous prie, vos cbicanes « érudites. A quoi sert le goût de l’antiquité, s’il emcc pècbe de sentir tant de belles choses imitées d’elle? cc J’aime mieux être ignorante, s’il faut l'èlre, pour aimer cc comme moi cc délicieux prologue des Martyrs, cette cc rencontre de la jeune prêtresse lioméride et du jeune cc guerrier chrétien. Quelle grâce dans la préoccupation de cc leurs souvenirs divers et dans leurs mutuelles méprises! ce Cela me charme, comme ces premiers chants de l’Oc/ÿscc sà\ qu'avait traduits Fénelon, pour se préparerai! Tétécc maque. Mais, ce qui succède me charme plus encore; je cc veux dire celle vie chrétienne des premiers temps, décc peinte |iour la première fois par un poêle. Ici tout est cc antique et nouveau; c’est la tradition retrouvée par le cc génie.
« Qui n’a pas lu, dans l’abbé Fleury, les mœurs des cc Israélites et des chrétiens? Mais, où chercher, avant le « livre des Martyrs, celle famille sainte et charmante de cc Laslhéncs, celle journée des moissonneurs chrétiens, ce cette visite de l’évêcpie Cyrille à la table hospitalière, où cc viennent s’asseoir le vieux pontife païen et sa fille? Ah ! si
U TRllILNE MOUEU.NE.
Il celte œuvre était étrangère, ou datait de quelques siècles, n croirions-nous pouvoir l’admirer asse?.? El cet exorde al- « tirant du poème, de quel retour sur le passé n’esl-il pas « suivi ! Quelle variété, quelle grandeur dans les réci Is d' Eu- II dore! quelle revue du monde païen, au moment, où il Il va linir! Rome, la Germanie, la bataille des Francs, la Il Gaule, notre chère Bretagne, bien digne d'ètre célébrée, Il dans ses bruyères cl ses antiquités sauvages, par la rau vissante parole, qui devait un jour illustier ses héros de Il village et y joindre la gloire du génie !
Il Je laisse de côté ce qui fait naître des scrupules ou « des critiques, le ciel, l’enfer, Velléda. Vous craignez Il le merveilleux, dans la religion; vous ne l’aimez plus. Il dans la poésie. Supportez du moins la grandeur, dans Il riiistoire, Dioclétien en Égypte. Quelle peinture que celle « Egypte grecque et romaine, avec scs monuments d’une Il antiquité qui précéda la Grèce! Du cercueil d'Alexandre, « dans je Muséum, on passe à la cellule de ranncliorctc, « dans le désert! Maintenant, je n’achève pas cet éloge; Il mais, je demande aux habiles dans la polili(|ue, à ceux « qui coimaissenl les Armées et les Gours, de nous dire Il ce qu’il faut penser des dernières peintures de l’ouvrage. Il de Dioclétien, non plus en Egypte, mais à Rome. Quel Il tableau cpie la délibératiuu du Sénat romain! On me dit Il que cela est emprunté d’iin vrai discours, ou du moins Il d'une rvguête de Synmiaqne à l’einiiereur; mais, ce Il qui est admirable dans ce chant des Marlyrs, c’est Il précisément ce qui n'est pris à personne, ce qui est in- II venté, le discours d’Eudore, pour la défense de ses fi ères.
Il A partir de là, l’intérêt, la |)itié, la terreur s’accrois- « sent, avec la reprise de la persécution. C’est bien le com- II bal de l’enfer contre le ciel. El quelle vérité dans chaque
M. DK CHATF.ALBRUND.
« tmil de la peinture, dans chaque detail de la souiïrance, n dans cet intérieur chrétien de la prison, dans le repas Il hhre de ceux qui vont mourir! M. de Chateaubriand,
« ici, je crois, n’imite rien, si ce n’esl nos malheurs, nos « deuils, les martyres de nos jours, ce (|ue nous avons Il appris de l’échafaud de nos l'amilles. Cette constance B devant les bourreaux païens, ce sang versé pour Dieu, Il cotte profession de foi volontaire qui assure la mort, U n'est-ce pas la même vertu que celle de nos pères, de a nos frères immolés, en place publique, pour leur Dieu et « pour leur roi’.* » Kt, à ces mots, la noble femme avait dans la voix un accent de douleur et de force, qu’on ne peut rendre, et qui nous retentissait au cœur, comme les noms mêmes de Malcsherbes et de Kersaint.
Après quelques moments de silence et d’émotion partagée; car, personne n’eût voulu discuter un sentiment si vrai: elle reprit avec douceur, comme pour se distraire elle-même de son trouble : a Ne parlons plus que d’art et a de poésie; mais, à ce titre, laissez-nous admirer, de a tout notre cœur, le dénoùment des Martyrs; vous le a blâmez, parce qu’il est trop simple; vous l’accusez, pour a sa vérité môme. Au lieu de Cymodocée, naïve et chara mante image de la femme plus faite pour le dévouement a que pour l’empire, vous voudriez une Emilie chrétienne, a entraînant à la religion par l’amour et commandant le a sacrifice, qu’elle partage. Ce n’est pas bien entendre a rCvangile : on n’est pas séduit au martyre; on y monte, a par la vertu de la grâce divine et à la trace du sang dia vin. Je sais bien que le Dante se décrit lui-même, ena levé jusqu’aux deux par l’aimant des regards de Béaa Irix; mais, pour faire descendre à l’ampliithéâtrc, pour a attirer à la douleur et au Martyre, croyez-vous qu’un
LA TmiJUNE MODERNE.
« regard d'homme, le regard du cuiirage et du génie « ennammé d’amour, ne soit pas la souveraine puis- « sauce? Je veux bien que (ilotildc ail converti Clovis. « il ne s'agissait que d'humaniscr un barbare, et de lui « faire connaître la [litié. liais, laisse/. Kudore guider « Cymodocée dans le cirque, sanglant, tic n’est pas trop de « tant d'amour, bêlas! pour armer une faible femme « contre tant de douleurs. »
On ne rc|iondit pas. Celte, parole animée de grâces soudaines, qu'elle n’a plus ici, gagna tous ceux cpii renlendaicnl. Le cercle se rompit; ou s’avança, do quelques pas, sur la terrasse, entre l'hori/ün de Paris et les ombres projetées des vieux créneaux du château de Saint-Germain. Ce souvenir historique revint seul détourner, un moment, de l'admiration littéiaire. C'était lâ qu'avait vieilli et qu’était mort le derniei' Stuart qui eût porté couronne. Etait-ce par sa faute seule, ou par une condition fatale des dynasties restaurées? l'avenir le saura. « .Mais, dans le « présent, que d'heureuses différences, disait un des as- « sistanis! Louis .Wlll est bien plus sage que Cbaricf U; « et il n’y a pins, aujourd'hui, pour un iloi, de ronseilicrs « insensés, comme ceux qui perdirent Jacques II. — « Cela est évident, reprit une voi.x ; mais ne retombons a pas dans la politique. Mc vaut-il pas mieux, dans le calme « de cette belle soirée, demander quelques vers à celle i|ui « a si bien célébré ce poème des Marhjrs, que je défendais « tout à l'heure? Je prie mademoiselle Delphine de nous dire. « ce que vient de lui inspirer le tableau d'Horace Vernet. » La jeune tille, dont la grâce na'ive et lière égalait le talent, ne répondit qu'eu commençant de sa voix harmonieuse ce chant de la OrtiUlesse, dédié au grand peintre, qui achevait alors un tableau de VelItHla :
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M. DK CIIATEALURIANÜ.
Silence!... elle parait au pied du eliêne antique;
Le feu de ses regards a ilévoré ses [deurs ;
Et ses ehevens, nif'lés A la vencine en fleurs.
Ombragent de son front la pâleur prophétique.
Animés par un accent tlutix cl sonore, les vers se sticcédaienl faciles et lombaienl avec charme. Debout, quelques mèches de ses blonds cbeveu.\ éparses à la brise légère de celte nuit d’été, la jeune muse, comme elle se nommait alors elle -même, doublait par sa personne l'illusiou de son chant, et semblait se confondre avec le souvenir, qu’elle célébrait. Le prestige nous avait tous éblouis, quand elle dit:
0 hcrceaii dus Gaulois! Armorique sauvage,
Adieu, d'uii long oubli tu subiras raffront,
Jusqu'au jour, où sur ton rivage,
Naîtra le bai-dc au sublime langage.
Dont li s chants te ranimeront.
Ces chants dans le passé réveilleront l'histoire;
Ils te rendront b l'immortalité.
Ton malheur deviendra ta gloire,
Dés que sa voix l'aura chanté.
Mais d'un autre art encor la puissance infinie Te réserve un autre génie.
Pour retracer ta gloire et tes malhcui's.
Par ses brilhants pinceaux nioi-méme rajeunie.
Je revivrai sous scs riches couleurs ;
Sa main rendra mon image immortelle.
.Au culte de nos dieux seule restant fidèle.
Je garderai la harpe et la faucille d’or;
Mes veux d’un feu divin s'enllammeiont encor;
Et les siècles futurs sauront que j'étais belle.
Le dernier vers semblait d’tme vérilé loiile présente; et les éloges prodigués à cet heureux talent terminèrent