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un adniinlslnileui' et méiiip un cliof il'opiiiiuii habile^ mais nullemenl nu nrand niinislrc, surtuul devant ce pie blême compliqué d'une ltc$(auralion et d'une Monarcbic coustiluliuniu'Ile à foii(ler.
Il jugeait bien, sans doute, les dilliciiltés, qu'allaient lui offrir l'âge avance du Uni, son inlirniité, la crise iminincnle d'un nouveau règne, le caractère probable et déjà redouté de ce règne : il sentait que ce n'était pas le inonienl de donner d'avance un gage aux espérances et aux inquiéludr-s, dont ce cbangenient de personne agiterait le pays. Il affecta même de répéter, que sa rupture avec !ff. de Cbateaubriand, un |ieu brusque dans la forme et de main royale, avait été calculée par lui, en esprit de modération, jwur mieux écarter, ou pour affaiblir les exigences de certains royalistes. Car, il faisait quelquefois les bonnenrs d'une partie des siens, avec des banquiers cosmopolites, ou libéraux. «One voulez-vous? disait il, quand ces spéculateurs se plaignaient à lui de quelques propos indiscrets d'orateurs du coté droit, dissidents ou ralliés; « que voulez-vous? ce sont des hommes sans expérience. « lli'ureusement, ils n'auront plus Chateaubriand, dans le « ministère; ils seront plus doux et pour vous et pour •< moi, maintenant «pi’il est tout à fait dehors. » Et III. de Villèlc, parlant ainsi, trompait, ou se trompait lui-méme. Car, il subissait davantage, sous une autre forme, le joug du parti, auquel il se piquait d'avoir écba|.pé.
Au lieu d'avoir à compter avec un grand talent, il déférait davantage à une coterie bigote. Au lieu de s’appuyer sur la Charte, de maintenir dans le gouvernement l'esprit légal, l'ordre et la lumière, qu’il savait introduire dans les finances, il déclina vers l'arbitraire. Il le ressaisit de nouveau, sur un point, où la France était
N. DE CIIATEAUBltlAiNÜ.
alui-s très-scn»ible et qui touchait, pour clic, à la loaiilé «lu (iouverncmcnl représentatif, iluiit elle se croyait en possession. Ce pas rétrograde n'était |>as cependant une violence directe. Mais, dans le dépit de rincoininodc et brillante polémique, dont il était assailli, depuis quelques nu is, M. deVillèle, usant tout à coup d’un droit facnltatif réserve dans la loi du 15 mars 182^2, rétablit un matin la Censure pour les journaux et feuilles périodiques, sans y comprendre, toutefois, les publications courantes.
C'était non pas supprimer le libre examen, mais enraycl' le débat de chaque jour. Le motif avoué du Ministre était le besoin de passer, avec moins d'obstacle et de bruit, l’épreuve imminente d'un décès royal et d'un nouvel avènement. Devant cette reprise partielle<d'arbitraire, l'émoi fut grand alors, par toute la France; la satisfaction médiocre, parmi les plus zélés pour le Pouvoir. Car, le droit restait de publier de courts écrits politiques; et ils furent très-nombreux et trcs-lns Toutefois le grand adversaire, privé de sa tribune de chaque jour, ne fut |ias fâché, sans doute, pour lui-même, d’un intervalle d'armistice, avant le nouveau règne; il visita encore une fois la Suisse ; et M. de Villèle, |)lus en repos, SC crut en sûreté.
Pour quelques esprits politiques, ce retour exorbitant, mais passager de la Censure, allait être justifié par l’événement, et par le grand intérêt du plus paisible passage d'un règne à l’autre, dans cette reconstruction d’une antique monarchie. Cinq mois après l'expulsion de M. de Chateaubriand, et cette guerre civile du royalisme ajoutée à la polémique générale, deux mois après l'infliction de la Censure, le roi Louis XVIII, gardant un esprit assez ferme, sous l’accablement de ses maux, mourait dans ce