I..\ TRIHUNK MOUKItM
avec une longue el assurée jouissance de tous ces droits nalionauv, que les ordonnances de juillet Ib50 deTaieiil hienlôl essayer de lui ravir, par un si fatal exemple.
M. de Villèle, quand il avait reçu la première conlidenec de ces méditations de notre Ambassadeur à Londres, en avait tenu peu décompté; el même, dans une lettre, il les réfutait, de fond en comble, |)ar quelques différences bien marquées dans l'esprit et la tradition des deux peuples. Mais, la sagacité, qui ne s'appuie pas sur les principes el se plaît aux expédients, cède, parfois à l'obstination fervente de la médiocrité. M. de Villèle, naguère si peu favorable à la promotion de M. de Polignac, et ne le trouvant pas plus habile, depuis son Ambassade, subit cependant celte influence répétée par les échos de (juelques salons de la Cour; et, contre son bon sens el ses lumières, il (il présenter le malencontreux projet du droit il’ahiesse.
Ainsi, à part cette lutte redoutable que, dans un pays de liberté, le talent peut toujours entreprendre contre un .Ministre puissant, M. de Villèle, par des fautes contraires à sa propre opinion, appelait sur son gouvernement de dangereuses attaques. Mais, d'abord, une haute question avait dominé tout, la lui de Vindemnilé des émigrés, celte mesure, à tout prendre, d'utilité publi(|ue, autant que d'intérêts privés. Tant que M. de Villèle eut celle grande affaire à préparer, à résoudre, à régler dans les détails, il fut très-fort; et une partie même de scs ennemis, tout en le gênant de leurs conlradiotions, ne souhaitait pas sa cbiile. M. de Chateaubriand, se transformant lui-méme en lioinmc de finances cl attaquant, avec nnc vive amertume, quelques points du projet ministériel, afl'iiiblissait le reste île sa polémique el laissait trop voir
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M. DK CIIATKAL'HHIAND.
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tout le (lû.'Uvanlage île In rnneune éloquente, ilevaiil riiabilelé pratique. I.a presse Je l'op/wsilion, meme libérale, se rangeait parfois du rôté du Ministre des finances contre son célèbre aniagonistc : et, M. de Cbateaiibriand, par exemple, ayant, à pro|ios de la loi ti'iudemuité, parlé de saint Louis, du cbêne de Vincennes, et du roi fondateur de la Cbartc qui rétablit les bornes des héritages, un tout jeune écrivain, qui se préparait alors de loin, dans les journaux, à la tribune et au uiinislcre, se moqua de loute cette poésie, et rappela que vingt mille cas il'iiulemnile, c'étaient tout simplement vingt mille dossiers, qu'il fallait examiner; ipi il ne s’agissait pas d'une réparation sentimentale, mais d'une liquidation, dont le résultat, en satisfaisant les intéressés, relèverait la valeur de beaucoup d'immeubles, rendrait les nnilalions plus fréquentes cl augmenterait les droits du Trésor.
Sur celte première ligne de bataille, le président du Con.seil, attaqué par son ancien collègue, avait gardé l'avanlnge de paraître plus habile, sans être moins consliliilionnel. Il s'était vu puissant de tous les intérêts matériels satisfaits par son administration, sans être plus suspect d’indifférence, ou d'aversion pour les principes de liberté. Mais, il n’en fut pas ainsi, lorsque de la loi d'indemuile liée, celle fois, à la conversion facultative du cinq pour ceut, M. de Villèle dériva vers certaines mesures législatives dictées par la passion et l'esprit de système. Ainsi, quand, le 18 février 182->, le garde des sceaux, Peyronnet, venait soutenir à la Chambre des pairs la loi du Sacrilège, si justement frappée par la parole religieuse et éloquente de M. Royer-Collard, M. de (Chateaubriand retrouvait loute sa puissance, pour s'élever contre ce zèle tardif îles onvi iers de la onzième heure et cette hypocrisie
tl’inlolûiance. Une allusion à lui-même élait celle fois bien |>ermise; et, il la marquait, avec autant ilc dignité que de spirituel dédain, en rappelant la première époque de sa défense du Clirislianisme. Mais un contraste plus expressif encore revenait, peu de temps après, dans la discussion à la Chambre des pairs, sur l'exécution meme de la loi d'itidfmuilt/s. Celle fois, il ne parlait pas du eliéne de Vincenncs ; mais, rapproclianl avec une railleuse amertume les rigueurs de la loi du sacrilège, faites pour le douzième siècle, et ces projets de finances si bien accommodés à l'agiotage du nôtre, il ajoutait : Si iiotir morale est reldcliée, du moins que noire religion soit indulgenxel
Ainsi, pour M. de Yillèlc, se balançaient les succès importants cl les fautes commencées, les triomphes et les contrariétés. Son pouvoir élait grand près du Hoi, du parti royaliste en général, et des hommes d'administration et d'affaires qui, partout, le trouvaient accommodant et judicieux. Charles X, dans les illusions de sa volonté opiniâtre et de son esprit légei', était charmé d'élrc si bien compris par un Ministre, dont généralement on vantail la modération et l'esprit pratique: il s'en savait gré à lui-même, et s'attachait, de plus eu plus, à l'homme choisi par son frère et adopté par lui. Mais, dans la vérité, cette conliaiicc élait au prix des fausses mesures et des conces- .sions de parti, que fai.«ait M. de Villèle,avec plus de répugnance que de scrupule, mais sans prévoir assez tout le danger qu’elles aui-aient pour lui. La plus grave de ces mesures fut le projet de loi. sur la presse, de février I82'>, vulgairement appelé la loi de justice et d'amour et, alors, grand sujet de contradiction et de scandale. Le parti, dont s'ap| iiyail surtout M. de Villèle. qu’il voulait lem-
M. DE CIIATKAl'BniAM).
|)ùi'ei', tùcliaitdf! salisrairc, n'annail |ias la lil>ortû de In presse, alors très-accrédilée dans les esprits. Il s’eii était servi |)arrois avec violence; mais, il en eût volontiers borné le cours à la date de sa victoire, acquise en partie par ce moyen. Il l’avait approuvée, surtout, dans les premières levées d’armes de M. de Chateaubriand, après rCmpire etles Cent-Jours; il l’avait admirée, non sans inquiétude, dans les doctrines de la Monarchie selon la Charte et dans le Conserrutenr. .Mais, il en avait répii- ;;uance et double elTroi, depuis que M. de Chateaubriand, séparé du Jiinistère, reportait le l’eu de la parole polémique contre les abus du Pouvoir et les torts du parti vainqueur.
On insista donc prés de M. de Villélc, pour qu’il donnât, disait-on, de plus fortes {.'aranties à la religion, à l’ordre, à la paix publique; on le pressa d'abolir ce (|ui restait encore des principes liberaux de la loi du 17 mai 1819. Ou voulait plus que la suppressiondu Jury, un vague plus commode dans les déliiiitions, un plus grand arbitrain; dans les peines, une procédure plus gênante pour les prévenus et spécialement celte forme inouïe de transporter la compétence facultative à tous les ressorts judiciaires, où pénétrerait un exemplaire du Numéro inculpé, et d'attirer ainsi le prévenu devant tout tribunal correctionnel de France et toute Cour royale, à volonté. C’était, en aggravant tous les détails de la poursuite, s’assurer, en outre, des bourgs jiourris, pour la condamnation. Tout rendait cette loi chicanière, ruineuse, destructive, oppressive du droit de libre examen promis par la Charte.
M.deVilléle, jugeant ainsi lui-même, résista d'abord aux instances de quelifues pieux zélateurs du projet. .Mais, il était si fort importuné des rudes coups, qui lui
l-A TBIBINE MODEnM'.
arrivaient sans ces!>e, de la main, on soulemenl, suus l.i devise de M. de Clialeaubriand, que riiunicur l'emporta sur la prudence politique. Tout en répétant qu’il ue fallait pas trop tendre la corde, il permit la présentation du projet de loi, fort débattu dans les comités ministériels, depuis deux mois, tantôt adouci, tantôt aggravé, mais, à tout prendre, moins mauvais que ne serait le complet arbitraire.
On ne saurait, aujourd'hui, sc figurer le blâme et l'iiiipatience, que suscita dans le public cette malhcuri'use initiative. Quoique M de Villèle eût beaucoup à souffrir de l'arme de la presse acérée par M. de Chateaubriand, on ne pouvait pardonner au Ministre de vouloir fausser et mutiler tout à fait cet instrument de liberté, que lui-même avait déclaré souvent utile à In discussion des affaires, à la répression des abus, à l’ordre des finances, au crédit public. De tous les points de la France, alors très-évcillée sur ses droits, partit un anatlicme d’indignation et de moquerie. Un journal célébré, .souvent éclairé des sillons de feu de M. de Clinteaubriand, avait commencé la protestation. Car, alors, l'arbitraire tenté législativemeut était du moins soumis à discussion, et ne s’imposait pas d'un seul coup. Cette fois-là, d'ailleurs, les esprits U'æ plu.'> graves ne dissimulaient pas leur improbation et leurs regrets.
Sur une communication du projet, de fortes objections avaient été faites dans deux Comités réunis du conseil d'fitat. Le garde des sceaux, M. de Peyronnet, avait été pris lui-même d’un doute : mais, il fallait marcher, sous la pression de quelques auxiliaires impérieux, autant iju'aveuglcs.
Dans le concours d’objections et de plaintes qui suivit
M. DK CIIATKAIURMND.
lü projet enfin connu de tous, par la présenUitiun aux (liiainl)i'cs, une classe de rinstiliit, l'Académie française, s’autorisant d’un ancien droit, plusieurs fois, exercé par elle, délibéra une sujijtUque au Itoi, dans l'iulérêt des Lettres, coiilre un projet de loi destructif de la liberté de penser, dont s’honorait la France. M. de Chateaubriand, qu'on pourrait supposer rârac d’une telle protestation, et qu'on accusa de l'avoir suscitée, n’en avait pas eu la première idée. Fort admiré de scs confrères, plein de politesse et d’égards pour chacun d’eux, et, à cette époque, presque assidu à leurs séances, il suivit un mouvement déjà donné dans l’Académie par M. Lacretelle, M. Michaud, M.Raynouard, M.Lemcrcier et d’autres amis de la liberté, invariables dans leurs opinions.
Quand la supplique fut rédigée, il la défendit contre quelques dissidents de l’Académie inspirés plus ou moins par la Congréyalion et la Cour; et quand, apré.s refus du recevoir la supplique, trois de scs confrères furent destitués, l’un, d'une place de Cour, rautre d’une fonction de censeur dramatique, le troisième d’une place de maitre des requêtes, qui déjà lui avait permis de signaler les vices du projet de loi, ailleurs (ju’à l’Académie, M. de Chateaubrjand leur prodigua ces marques d'estime et d’intérêt si précieuses d’une telle part. Mais, cette protestation littéraire et ces incidents académiques n’étaient qu’un prélude au combat sérieux, que devait amener, devant la Pairie, le malencontreux projet de loi. Là, c’était la science judiciaire, la haute expérience politique, l’autorité des traditions et l’esprit sage de liberté qui allait mettre en pièces cette lui de Despotisme, rédigée par des procureurs. La discussion aurait montré des intérêts, des opinions, d'origines fort diverses tendant
I A TIlini NK MOÜKIINK.
au niùnie but, el conlre-signanl les mêmes principes, au nom de deux époques. A la même tribune, el à l'appui des mêmes vérités, se seraient présentés de courageux •amis de la première Révolution et de la liberté, M. de Poiitecoiilant, M. I,anjuiiiais, M. de Traev; puis, d’Iiabdes représentants du iircmicr Kmpire, des bouinies qui en avaient prévu les fautes et parfois tempéré les rigueurs, M. l*a,s(piier, transporté, avec nue si rare aptitude, du conseil d l'.tat et de l'administration de I81'2 dans les dilliciles débats d’une liberté nouvelle et d’assemblées nombreuses et passionnées, M. Daru , cet ancien tribun, dont I Kmpereur avait fait un éminent el infatigable ordonnateur militaire, mais ipii avait gardé toujours l’instinct .sévère de la justice et la fierté délicate des Lettres.
Dans celle meme cause de la liberté de la presse, el, il faut le dire, de la probité politiques se rangeaient aussi plusieurs orateurs beaucoup plus jeunes, d'une autre époque, etn ayant qu une seule tradition. Là, siiiioul, pour la précision du langage, connne pour la force du raisonnement, pour la dérision |)iqiiaiitede l’arbitraire, comme pour le sentiment élevé du droit el de la liberté, était al tendu Jl. le duc de Broglie. Eiitiii, sur un autre point du meme fronlde bataille, comme pour rassurer laMonarcbie, dans la guerre faite à ses imprudences, paraissait le loyal el spirituel duc de Filz-James, d'un creur aussi fidèle aux malheurs des Rois que pouvait l'élre un ai rière-petil-fils de Jacques 11, mais s’indignant du bigotisme et de la sei‘vilite, el ne voulant pas, disait-il, d’une loi nisidieu.se et fiscale, qui prétendait supprimer l’esprit en France. C’clail dans ce rang surtout, mais en alliance avec la grande majorité de la Chambre, que s’élevait M. de
M. DE CHATEAUiiniAND.
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<',lialoaiil>i'imi<l comme le |)iinci|>ai champion delà libcrlê de la presse, iiitétcssé dans sa défense par droit d'amhition et de génie, ayant quelquefois abusé de cette puissance, mais incapable de la trahir. Une portion de ceux que lui-même avait ramenés au Pouvoir, sous l’invocalion de ce principe si redoutable dans ses mains, voulait maintenant détruire ce qui leur avait servi d’appui, briser le cabestan, quand ils étaient hissés sur la pyramide. .Mais, cette apostasie n’était pas contagieuse alors; et elle révoltait le bon sens public. M. de Chateaubriand avait été sincère dans sa revendication et son libre emploi de la presse contre les adversaires des exagérations royalistes do 1815. Plus tard, il avait su quelque gré à ces mêmes constitutionnels, ayant à leur tête des ministres comme M. de Serre, d'avoir tiré enfin les conséquences de leurs principes et du leur succès, en appliquant, sous la forme légale la plus complète, cette liberté de la presse, dont la suspension n’avait jamais eu qu’une excuse, ou plutôt qu’un motif puissant, mais déplorable, la présence d’une force étrangère en France.
Plus tard encore il s’était, avec raison, honoré de n’avoir conseillé, ni souffert aucune atteinte législative à ce droit du pays, durant la crise même de l’expédition d’Espagne; plus tard, enfin, il en avait ressaisi sa part, comme une défense contre la disgrâce, dont il était frapp<dans des formes, qui lui semblaient un dédain et un abaissement de l’opinion publique. Et maintenant, il sentait que, par une dernière attaque à cette liberté, on voulait compléter sa défaite à lui-même, en lui ôtant jusqu’à la discussion et à la plainte.
C’est avec de tels souvenirs et sous cette impression, (jucM. de Chateaubriand avait préparé pour les débats do I îfi
la Chambre des pairs un discours de construction toute anglaise par l’étendue des recherches, et par la rude énergie des arguments. Ce discours de cent pages faisait justice nonseulement du projet sur la police de la presse, insidieux et tyrannique, mais de la tendance servile qui peut suggérer de pareils projets, et des sophismes, des calomnies contre la société, sur lesquelles on s’appuie, pour mettre ainsi en cellule l'esprit d'une nation, pour la priver de tout droit d'examen, de toute discussion utile, et la faire assister en silence à des abus d'autant plus graves, que, loin de les punir, on ne peut même les qualilier.
Sous ces divers rapports, le travail de M. de Chateaubriand était aussi approfondi que véliement. Il vengeait la société du reproche d’être corrompue par la presse |H)litique. Il montrait, par l'histoire du pa$s<'^, combien les temps d’ignorance avaient été des temps de barbarie, et combien les lumières et la liberté étaient désormais les conditions de durée des liltals modernes.
Prononcé à la Chambre, ce discours, plein de faits, d’idées et de généreux principes, aurait paru démesuré |)cut-étre dans ses déductions irrésistibles : publié par l’auteur, il eut un grand effèt, non pas seulement contre le projet de loi déjà mort, mais ausssi contre les théories de servitude, en général. La Commission de la Chambre des |>airs, saisie du projet de loi, en avait, par un long travail, rectifié les principaux vices : à force de le dénaturer, elle le rendait tolérable, mais par là même, inutile; et la discussion de la Chambre aurait encore ajouté, dans le même sens, aux amendements de la Commission. Bien averti de ce résultat, et voulant s’épargner le combat cl la défaite, M. de Villèle fit retirer la proposition. Il ne resta de celle tentative abandonnée qu’une vive expres-
». DK (;iUT4Ui:HlllAM).
-MOU du lu joiu piibliqiiu ùduluiil alors dans Paris, et un siircroil de laveur atlaclié aux iiouis des hommes qui avaienl dérendu, dans celle éiireiive, une liherlé, doni la France paraissail alors aimer l’usage el comprendre sérieiisemeiil le liienrait.
M. de Villèle, quoiqu’il ii’eùl pas poussé la faute jusqu'au houl, demeura fort affaibli de la lenlalive, el de la résislance, qu’elle avail rencontrée. Il pcr.sisla dans d’aulres rigueurs, menaça, destitua el cnil pouvoir se faire craindre par des bnilablés de police. Siirviul alors l'incideut de Jl. le due de Larocbefoucauld. pair de France, destitué d abor.l de dix-sepl places graluiles, puis, à sa mort, m.sullé dans l’Iiommage, qui- voulait lui rendre la jeunesse des Fcoles d’industrie, qu’il avait protégées. Il n'y eut pas là seulement un bruyant .scandale; mais une contradiction pénible pour M. de Villèle, par la dissidence d’un ministre, le duc de Doudeaiiville, qui, désavoua presque ouvertement la conduite partiale el violente de l admiiiist rat ion.
be roi Charles X, peu de temps après ces imidents üiclieux, n’en cul pas moins l’idée de passer, au Champ de Mars, une de ces revues de garde nationale, dont la Monarchie vraiment constitiitionnelle n’aurait pas be.soin, et qu'il est bien hasaideux d’essayer, sous un régime qui veut être absolu. La cérémonie était annoncée pour le 29 avril 1827. M. de Chateaubriand, que les empressements de beaucoup d'hommes politiques de toutes les nuances libérales tenaient alors Ibrl au courant de l’état des esprits, pressentait le dangei- de la réunion projetée. Espérant que eertaiiis élans de loyauté monarchique, certaines louanges personnelles pour Charles X, dont il parsemait souvent ses plus vives censures du Ministère, n’étaient
I,A TllIBl iNE NODEBNE.
|ia.s |HM'ducs auprès du Princu, il voiiliil IniliT un ellurt, pour prévenir w qu’il souliailait, cl cequ'il redoutait. Dans une IcUre de forme très-respectueuse, il indiquait la possibilité d’un mouvement populaire dans Paris, les fautes du .Ministère, qui seules avaient ramené ce danger, rocrasion, que pouvait y donner le rassemblement de la garde nationale, la certitude de conjurer ce danger et île le changer en triomphe, si la démission du Ministère précédait cette réimion. Dans cet avis, scabreux pour les oreilles du Prince, le Conseiller fidèle allait même jusqu'à signaler le mode à suivre. Il désignait le duc de Doudèauvillc et le comte de Chabrol comme estimés du pub'" ■■ pouvant être conservés par le Hoi.
Cette lettre, secrètement remise parM. deBlacas, passa presque aussitôt sous les veux de M. de Villèle, dont Charles X n’était encore nullement détaché, et auquel il avait écrit : « C’est entre nous, mon cher Comte, à la vie « et à la mort. » On le conçoit, d'aill*- trs : la sorte de
pression comminatoire, la pi évoyanc' trouble public, alléguée par M. de (îhnteauhriand, devaient inquiéter et iléplaire; les secours offerts rassuraient peu. Adnnranl, depuis bien des années, la tactique et la dextérité de .>1. de Villèle, l’avant éprouvé sûr et zélé, dans les dernieis mois de Louis .Will et dans la crise de ravénement, lui sachant gré, avant tout, de cette grande afl'aire de rindemnité, ne le sentant incommode sur rien, et le croyant le plus habile des ministres, jusqu’au moment où la lloyauté, tout affermie, pourrait.se passer de prudence, il n’était nullement tenté de h; remplacer par deux hommes estimables, mais iuférieui's à ce ministre . vcnu.s aux affaires, sous .ses auspices, et suspects, en s'éloignant de lui.
M. ÜD CIIATKAL’URIAM).
I.B iellrc tle M. de Chaleauhriand resta donc sans eflet, connue sans réponse. La revue .se passa diversement, et fut orageuse sur quehpies points. Au milieu des acclamations (|ui généralement accueillaient le Roi, on entendit, dans (|uelques compagnies de la sivième légion, les cris : «A bas les ministres! à bas les jésuites! i> Le Roi dit ave. hauteur, devant le rang : « Je suis venu ici, pour « recevoir des hommages, et non des levons. » Mais, cela même indiquait rincerlilude de cette espèce de sanction populaire demandée par un Souverain à la mas.se enrégimentée d’une milice bourgt!oise. Chercher ainsi des hommages confus, c’est s’exposer parfois à des leçons, la: Roi. du reste, avait achevé .sa revue, sans irritation; et, à sa rentrée au Château, il était content île l’effet total, malgré quelques brouillons épars, disait-il; et il chargeait le maréchal Oudinot de témoigner .sa satisfaction à la garde nationale entière.
Malheureusement, d’autres incidents, d’abord ignorés du Roi, étaient survenus. Un moment, sur le 'passage de la voiture des Princesses, et en dehors de la ligne de la garde nationale, des cris grossiers, des huées étaient partis de quelques groupes obscurs. Les yeux de la duchesse d’Angoulème s’étaient mouillés de larmes, comme sous une sinistre réminiscence des premières années de sa vie et de sa captivité. Une autre démonstration, bien autrement prolongée, et dont M. de Villèle était plus ému, c’étaient les cris ; a A bas Villèle! » qu'au retour de la revue, des compagnies entières avaient fait entendre, en longeant la rue de Rivoli, sous les fenêtres du Ministre des linanccs et de scs bureaux.
M. de Villèle n’affecta point de dissimuler cette insulte, comme peiit-élre l’aurait fait Mazarin, saufâ ne plus con-