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voqiicr «le revue, el à changer graduellement ce syslcnie d’une garde civiqiie, dont In délibt''rntinn est ilangen'use, et dont l’obéissance passive n’csl |)as indéfiniment vraisemblable. M. de Villéle, irrité, n’entendit plus à aucun ménagement. Il demanda le premier, et voulut impérieusement la di.ssulution immédiate de la garde nationale. Le ministre de l'intérieur, M. de Corbière, inséparable «le M. de Villéle, le garde des sceaux, .M. de Peyronnet, compromis par ses lois sur le sacrili'ge et sur la |)resse, M le baron de Damas, cédant à ses alliliations religieuses, .M. de Clermont-Tonnerre, par esprit de discipline, appiiyèrinl l'avis du Président du Conseil; et le Hoi s’y rangea, malgré l’avis plus modéré de l’évèijiie d'Ilermopolis, les objections «le M. de Chabrol, et la démis.sion do .M. le duc de Doudeauville.
M. de Villéle, maître du terrain, mais sorti, pour ainsi dire, de ses voies, l'rapiia donc plusieurs coups. ,\prés le licenciement «le la garde nationale de Paris, irrité du rc- «loublement de la |)olénii<pie, il remit aux journaux la censure, espt''ce de bâillon facultatil', dont la loi de ISi'2 avait autorisé l’usage, comme une pri’>caution iiioineulair'e, devant quel«|ue jiéril; car personne, alors, ne songeait à une censure imiirecte dans son origine, perpétuelle dans scs efl’els, et l'Xercée, sous peine de suppression absolue.
Cet arbitraire légal, qui laissait encore la liberté des pamphlets et «les brochures, précé«lait une grande ré.solution, à laquelle était eomluil M. «le Villéle, par ses Tantes et par le.s illusions opiniâtres du Itoi. Sûr de la majorité «laiis la Chambre élective, dominant cett«- Chambre p.ar la tactique et l'intérét, il .s’inquiétait d’un petit gro’up«‘ d’op posants nionarchi«pies, dont l’aniertuim* croissait et Taisait
. )l. Dë CtUTEAURRUND.
alliance parfois avec l’hoslililc de quelques députés de la gauche et le lalont d’un illustre orateur qui ralliait autour de lui un certain nombre de députes constitutionnels. Que voulait donc M. de Villèle, par cette dissolution'/ Certes, ce n’était pas le nombre des opposants qui le gênait ; c'était seulement la force de leurs principes et l’écho, que leur parole avait en France.
Toutefois, on peut s’étonner de cette impatience, dans un homme si sensé; et il faut croire qu’à la contrariété de quelques luttes, dont sa majorité docile ne le préservait pas, se joignait l’impulsion aveugle du Roi, pressé de pousser les choses à bout et supposant toujours dans l’avenir ce qu’il espérait. Sous ce préliminaire de censure imposé aux journaux, dans cette nuit factice qu'avaient traversée, comme des feux de Bengale, les pamphlets encore libres, M. de Villèle fit paraître une ordonnance de Dissolution de la Chambre des Députés, ce qui, selon la loi d’alors, ramenait aussitôt la liberté de la presse quotidienne. I.es collèges électoraux répondirent, en grande majorité, par des choix qui marquaient le juste blâme des derniers actes du Ministère. M. Royer-Collard, élu dans sept départements, sembla représenter le caractère même d’une Chambre, capable de résistance, mais animée d’un esprit légal et modéré.
Le nombre des opposants plus suspects d'exagération - libérale on d’arrière-pensée, s’était accru, mais faiblement; et l’aspect de la Chambre pouvait rassurer, autant qu’avertir. M. de Villèle, avec son cortège de mauvais projets de lois et de ministres violents et médiocres, aurait peine à tenir devant celte Assemblée. 11 en jugea lui-méme ainsi; et sa première précaution, aussitôt les élections connues, fut de rompre la majorité de la Pairie par une nombreuse création de pairs, où il jeta, parmi
LA TniBLM: MOUKBNE.
il'aiilres blessés pour 1;» inêine cause, son gardf des sceaux, M. de Peyronnet, dont la candidature venait d'échouer dans deux collèges électoraux.
Mais celte mesure même, excessive quoique légale, accroissait le méconteniciiient des esprits et diminuait, sans profit pour le Trône, l’autorité de la Pairie. .M. de Villèle allait s’affaiblissant et ne pouvait aborder la session prochaine, sans quelque changement dans ses appuis et dans sa politique : ayant plus d’impatience que de hauteur de caractère, assez disposé d'ailleurs à tout ramener aux alTaires proprement dites, et même n’ayant jamais vu, dans les lois e.vorbitantes proposées avec son aveu, que des concessions de parti et des expédients passagers, il n'avait d’éloignement absolu pour personne, hormis peut-être pourM. du Chateaubriand. 11 songea, sans trop de scrupule, à se délivrer li’une partie de ses collègues et à se rapprocher de quelques-uns de ses adversaires, non pas les Üuclrinaires , disait-il, mais les hommes pratiques; et, par là, il entendait les hommes de finance, que leurs intérêts avaient souvent mis en rapport avec lui, M. I.affitle, M. Casimir Périer.
Cette disposition du Président du Conseil, les pourparlers qu'elle amena , sans lui donner succès à luimême, ébranlèrent la fermeté de Charles X. Les arrangements que M. de Villèle trouvait possibles, sans ses collègues, le Roi finit par les concevoir, sans W. de Villèle. Il ne renouvela plus sa promesse d'union à la vie, à la mort; cl il accueillit d’autres combinaisons, par les soins d’un membre du Conseil, timide dissident du premier .Ministre. Le Président du Conseil, ainsi désaimé et délaissé, donna sa démission avec tous se.s collègues. Paris illumina, cl M. de Chabrol fut chargé de composer un
M. DK ClUTKAimilIAND.
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nouveau Ministère qui, sans aller jusqu'aux noms naguère admis par M. de Villèlc, satisferait une llliamhre, dont M. Royer-tàillard serait le président.
La crise tant provoquée par M. de Chateaubriand arrivait enfin : il était veillé; il était vainqueur. Allait-il succéder, occuper la place qu'il avait tant assaillie et, comme il advient parfois à la guerre, réparer les ruines, qu’il avait faites et rendre utile a la défense générale le poste, qu’il avait cüinpiisV Cette conséquence eût été probable en Angleterre. Après le grand rôle qu’avait eu M. de Chateaubriand à la tète de rupposition, il eût naturellement pris un rang considérable dans le nouveau .Ministère. Il n’en fut pas ainsi, dans notre Régime d’alors moins net et moins décidé. La répugnance du Roi était grande contre le principal agresseurd’un ministère détruit de vive force; et les maximes de liberté, les théories parlementaires, dont M. de Chateaubriand avait étayé scs attaques, ajoutaient encore à l’humeur et <à la défiance de Charles X. M. de Chabrol ayant porté sur une première liste, meme sans désignation de département, le nom de Chateaubriand, le roi le raya tout d’abord avec colère, et dit ; JUieuj; vaudrait M. Lo/j^tte. Villèle avait raison. Puis, se calmant, il adopta quelques noms de la liste proposée, M. Portalis pour la justice, M. de Caux pour la guerre, M. Roy pour les finances, M. le comte de la Ferronays pour les afl’aires étrangères, M. Martignac pour l’intérieur. pestaient à donner le ministère de la marine et celui de l’instruction publique, avec on sans les cultes. Car l'évèque d’Hcrmopolis. homme grave et doux, était las des affaires publiques; et M. de Chabrol, tout en ne se faisant pas scrupule d’avoir aidé à la ruine deM. de "Villèlc, ne voulait pas en bériler. et croyait la retraite immédiate plus
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