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poliliques, habitués aux Révolutions et ayant accueilli, ou* secondé celle de 1814, en souhaitaient une nouvelle. Et, dans cet ordre d’événements, souhaiter, c’est prévoir; et prévoir, c’est presque commencer l’œuvre. Ils avaient donc pu inspirer, dans ce sens, quelques écrits; ils avaient prémédité des résistances possibles, au nom de la loi, jeté çà et là des câbles de sûreté, ménagé des issues. Mais, l’éclair de Juillet, cette trombe de feu dardée si vite, surprit ces politiques, comme tout le monde, les laissa bien loin derrière, et fît, en un moment, plus de ruines qu’ils n’en avaient rêvé. Quant aux hommes mêmes, que la tempête prenait sur place et entraînait dans son tourbillon, leur part de prévoyance fut courte, et leur décision soudaine, ou imposée. 11 ne s’agit pas ici de quelques hommes devenus, par le hasard du combat, maîtres un moment de l’Hôtel de Ville, mais de ceux qui, protestant et s’insurgeant aujourd'hui, pensaient à gouverner demain. Un homme fut éminent à ce titre. .Ce n’était ni M. LalFitte, avec son sang-froid d’ailleurs très-intrépide, son pied malade et sa chaise à porteurs, au milieu des émeutes, ni M. de Lafayette, avec ce souvenir de lui-même, et cette satisfaction coniiantc, qui en faisaient le chef nécessaire d'une garde nationale inopinément rétahlie; ce n’était pas même le général Sébastian!, avec ce regard profond, que je le vis attacher, dés le premier moment, sur le tumulte des rues, la résistance des Députés, les échecs partiels des troupes, « dans l’attente, disait-il, que le désordre dea vienne assez grand, pour qu’il on sorte quelque chose. » L’homme qui, pour des yeux même de médiocre portée, se révéla tout à coup, grandit avec la crise et parut fait pour la soutenir et la maîtriser, ce fut M. Casimir Périer. Le premier jour, son esprit semblait attendre. Ouvrant sa
maison aux Députés, il ne conseillait, il n’approuvait qu'une protestation passive. Riclie', lier et sensé, le bruit populaire même lui était odieux. Quand la résistance commença par quelques groupes mal vêtus, il s’indigna. Quand l'École pulytechuique vint se mêler au feu, quand il y eut des chefs en habit noir, et qu’on annonça devant lui, chez M. Laffitte, ({uelqucs scènes sanglantes des boulevards, quelques affreuses représailles de guerre, tout à coup sortant d’un long et morne silence, il se leva de toute sa hauteur, et en homme d’Ëtat qui commande: « Non, dit-il, ce n'est plus l'ordre public, ce n’est plus le a Pouvoir légal qui se défend ainsi. Les devoirs changent, « en ce moment : nous serions les derniers des hommes, « de souffrir plus longtemps ce qui se passe. Puisqu'on « frappe des citoyens désarmés dans les rues, je vais à « l'Ëtat-Major sommer le maréchal Marmont de suspendre a des ordres qui ont excité la guerre civile. Je le rendrai « responsable du sac de Paris et de la chute du Trône. » Et, à ces mots, suivi de quelques ofGcicrs de la garde nationale, de collègues et d'amis nombreux, il descend la rue, à travers les balles perdues et le désordre, fait baisser les armes aux combattants, quels qu’ils soient, sur son pas.sage, et parvient au Carrousel et à l’Etat-Major, où on sait avec quelle force de bon sens et d’humanité il pressa le maréchal Marmont.
Cet élan de fàmc n'ôtaitrien à la prévoyance. M. Périer voulait arrêter l'effusion du sang et le fatal exemple de l'anarchie. Il n’espérait plus déjà prévenir la chute du Pouvoir. Il attendait peu de ces stériles démarches qui. après l’épuisement des feux et la retraite des troupes, sollicitèrent Charles X à Saint-Cloud, en obtinrent la révocation des ordonnances, et un nouveau Ministère, dont