‹ La trichine et la trichinoseChapitre 7 sur 48 · HABITAT ET STATION DE LA TRICHINE A L'ÉTAT PARFAIT · texte numérisé non relu

HABITAT ET STATION DE LA TRICHINE A L'ÉTAT PARFAIT

L'étude de la Trichine, considérée sous sa forme adulte et sexuée, présente une importance toute spéciale : elle n'offre pas seulement au naturaliste une ample moisson de faits intéressants pour 1-Iiistoire anatomique des Xématodes ; elle s'impose encore, de la façon la plus immédiate et la plus absolue^ à l'attention du clinicien. En effet, celui-ci ne pourra diagnostiquer la trichinose dans sa période la plus redoutable et la plus fréquente, qu'à la condition de bien connaître le parasite et de le découvrir sûrement dans les matières intestinales, sans le confondre avec les divers helminthes qui vivent dans le même miheu. Tant que le praticien français ne se sera pas consacré sérieusement à cette étude, tant qu'il ne possédera pas à cet égard des connaissances analogues à celles que l'on rencontre journellement chez les médecins de tel pays voisin, le naturahste sera en droit de lui dénier toute compétence sur la question et de regarder comme non avenues ces observations, constamment négatives, dont il est facile d'apprécier l'exacte valeur. Un sentiment de haute convenance m'interdit d'insister sur ce sujet ; il suffit qu'il ait excité, trop justement, hélas ! la verve railleuse de la presse médi-

cale étrangère, pour que je m'abstienne de tout développement.

« II faut, dit M. Léon Colin, que les médecins français <( se familiarisent davantage avec l'étude de ces entozoaires a chez l'homme et chez les animaux (1). » Sage conseil que feront bien de méditer certains de nos confrères qui affectent de témoigner aux sciences naturelles un dédain plus dangereux pour eux que pour elles. Je me borne à leur signaler les difficultés d'un diagnostic dont les éléments leur font encore trop souvent défaut.

Un éminent observateur le rappelait naguère à la tribune du Sénat : « Non, le diagnostic, ni sur lesporcs ma- « lades, ni sur les hommes, n'est pas aussi facile que « que M. le Rapporteur a bien voulu l'assurer et que l'as- « sure l'Académie de médecine qui, dans cette matière, est « une autorité fort légère, passez-moi cette expression, « puisqu'aucun de ses membres ne s'est trouvé en préce sence d'un seul cas de trichinose. C'est aux Allemands « qu'il faut s'en rapporter, à eux qui en ont vu des mil- « liers (2). »

Aussi ne peut-on s'empêcher de sourire en lisant la relation de certaines expériences que je ne croirais même pas devoir mentionner si l'on ne s'était empressé de leur donner une bruyante pubhcité : « Jamais, disent les au- « teurs de ces communications, nous n'avons trouvé de « tricliines dans l'intestin des animaux nourris avec des « viandes contaminées. » Ces expérimentateurs en avaientils jamais vu auparavant ? il est permis d'en douter lorsque

(1) Léon Colin, Traité des maladies épidémiques, 1879, p. 757, trichine.

(2) Testelin, Discours pro7ioncé au Sénat, séance du 20 juin 18:i2 {Journal officiel, p. 6G5).

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