ACCOUPLEMENT
Ces muscles présentent une origine et une orientation différentes de celles qui caractérisent les muscles constricteurs. Ceux-ci étaient formés aux dépens des couches musculaires superficielles ; c'est au contraire la couche profonde qui fournit les muscles dilatateurs. Ils sont disposés en quatre groupes s'insérant à la périphérie de l'orifice vulvaire, et y figurant un X dont le centre serait occupé par l'ouverture même et dont les branches seraient représentées par les masses contractiles qui,, fixées d'autre part sur les parois de la cavité somatique, exercent ainsi une traclion puissante sur les bords de l'orifice vulvaire.
Lors de l'accouplement, le mâle applique sa bourse caudale sur l'orifice vulvaire de la femelle et s'y maintient fixé par l'intromission de ses appendices ; dans l'intestin des sujets sacrifiés au début de la trichinose, on peut observer de semblables couples qui offrent alors une lointaine similitude avec le Syngamus trachealis. L'ouverture vulvaire étant ainsi dilatée et mise en communication avec les parties vectrices de l'appareil mâle, le sperme s'y trouve porté par un mécanisme assez complexe : en effet si les parois contractiles du canal éjaculateurinterviennent seules pour assurer l'émission delà hqueur spermatique, il convient d'ajouter que celle-ci ne peut parvenir dans l'orifice vulvaire que par le concours de muscles spéciaux auxquels on serait tout d'abord tenté de n'accorder aucun rôle dans cet acte physiologique. Ainsi qu'on a déjà pu le constater, le canal éjaculateur et le rectum s'ouvrent ensemble dans un véritable cloaque ; il est donc indispensable d'empêcher l'issue des matières stercorales au moment de l'accouplement; ce résultat est obtenu par le jeu des petites masses musculaires que j'ai eu l'occasion de signaler sur
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les flancs du reclum. Agissant à la manière de sphincters, ces muscles interrompent toute communication avec le cloaque, font même remonter les matières jusque dans l'intestin moyen et réalisent ainsi les conditions indispensables pour assurer l'émission du sperme.
Transportée par les contractions du canal vaginal dans les parties profondes de l'appareil femelle, la liqueur fécondante imprègne les ovules, y déterminant des phénomènes dont l'exposition et l'interprétation réclament une attention trop spéciale pour qu'il soit possible de les résumer en quelques mots; aussi crois-je devoir consacrer à l'étude du développement ovulaire un chapitre particulier; mais, avant d'aborder ce sujet, il convient de rappeler quel est l'habitat et quelle est la station de la Trichine sexuée.
L'étude de l'habitat de la Trichine adulte, c'est-à-dire la recherche et Ténuméralion des êtres qui peuvent héberger rhelminthesoussa forme parfaite, présente une importance d'autant plus considérable que ces hôtes ne correspondent pas exactement à ceux qui se montreront aptes à abriter le Némalode sous sa forme larvaire et lui offriront l'ensemble des conditions nécessaires à l'accomplissement de la période stagiaire de son existence.
Quanta la «station » de la Trichine adulte, elle se trouve indiquée par les généralités exposées plus haut : on a vu, en effet, que sous cette forme, le parasite se trouve constamment et uniquement dans le canal intestinal de son hôte, quel que soit d'ailleurs l'organisme chez lequel on l'observe.
Plusieurs mammifères peuvent ainsi abriter, dans leur tube digestif, la Trichine spirale et lui permettre d'y attein-
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dre rapidement son entier développement, d'y compléter sa sexualité et de s'y reproduire : l'homme, le porc, le rat, la souris, le hérisson, le cobaye, le lapin, divers carnassiers et herbivores, la plupart des oiseaux comptent au nombre des hôtes de la Trichine adulte, tandis que lorsque nous étudierons l'helminthe à l'état larvaire, nous constaterons que plusieurs des espèces qui viennent d'être mentionnées se montrent, soit constamment, soit à certains âges, inaptes à assurer l'enkystement caractéristique de ce stade du développement.
Si, par exemple, on observe attentivement les phénomènes qui, chez les oiseaux, succèdent à l'ingestion de la viande trichinée, on constate que les kystes, rapidement dissociés, ne tardent pas à mettre en liberté les helminthes qui s'y trouvent contenus. Ceux-ci présentent bientôt une sexualité complète, puis l'accouplement s'étant opéré, les ovules sont fécondés et les jeunes se trouvent rais en liberté ; mais, particularité remarquable, ces jeunes ne peuvent se disséminer daub les tissus de l'hôte et sont bientôt expulsés avec les fèces. Les oiseaux ne sauraient être comptés au nombre des hôtes de la Trichine larvaire; ils doivent, au contraire, figurer parmi ceux de la Trichine sexuée.
En général, les reptiles et les vertébrés anallantoïdiens ne peuvent être normalement rangés ni parmi les uns, ni parmi les autres. Si l'on fait ingérer à ces animaux de la viande trichinée, les helminthes demeurent inclus dans leurs kystes, souvent intacts d'ailleurs et pouvant accompHr leur entier développement si le reptile ou le batracien devient la proie d'un mammifère. On peut même, en modifiant artificiellement les conditions du milieu, spécialement
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en élevant sa température et la maintenant constante, déterminer la rupture des kystes, la mise en liberté et l'accouplement des nématodes, obtenir même l'enkystement de leurs jeunes. Mais, il ne faut pas l'oublier, c'est uniquement dans ces conditions artificielles que les vertébrés à température variable peuvent héberger la Trichine.
Les invertébrés paraissent également peu propres à lui servir d'hôtes ; cependant il arrive parfois, dans une longue série d'expériences, que Ton observe, parmi les Trichines ingérées, quelques individus mis en liberté et présentant bientôt un développement plus ou moins complet (1). Mais, dans ce cas, la Trichine ne tarde pas à mourir, et ce n'est que d'une façon tout à fait exceptionnelle que l'on peut ranger les invertébrés au nombre des organismes propres à assurer l'évolution sexuelle de la Trichine et méritant ainsi d'être comptés parmi les hôtes du Néniatode adulte.
Pour observer celui-ci, il convient d'examiner, avec le plus grand soin, les matières intestinales; on prend ces matières, goutte par goutte ; on les étend sur une lame de verre légèrement chauffée et on place la préparation sous un grossissement de 150 diamètres; on découvre alors les Trichines d'autant plus aisément que les femelles,
(1) J'ai parfois constaté le fait dans le tube digestif des écrevisses; mais même dans ces cas, d'ailleurs fort rares, on n'est pas en droit d'affirmer que la Trichine ait intégralement acquis sa sexualité. En effet, si les tubes génitaux (testicule, ovaire) revotent leur forme parfaite, il convient d'ajouter que ce caractère est purement extérieur; si l'organe semble entièrement constitué, au point de vue anatomi([ue, s'il possède ses diverses parties constituantes, il paraît encore frappé d'inertie fonctionnelle : l'ovaire ne montre que de simples corps granuleux dans lesquels on chercherait vainement la trace des caractères distinc'ifs de l'ovule. Quant aux produits formés dans le tube tesciculaire, ils n'atteignent même pas la forme cellulaire.