‹ La tristesse et la joieChapitre 100 sur 146 · I. Sensation et mouvement, Alcan · texte numérisé non relu

I. Sensation et mouvement, Alcan

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i^nv i\o> e\|)('Mioiices pri'cises, il a établi ([uo los o\cilalions modérées Je cliaque sens sunt toniques et agréables tandis que les excitations excessives sont déprimantes et désagréables.

Ces deux lois, qui nous ramènent aux tbéories du plaisir et de la douleur physiques, trouvent leur application constante dans le rapport de notre état affectif avec le monde [)liysique.

C'est une observation souvent faite f(ue les couleurs, le bniit, le froid, la chaleur, le mouvement, déterminent, à dose modérée, des excitations agréables qui se fondent dans un sentiment général de joie et même de gaieté.

C'est également une observation cornante que ces mêmes excitants, lorsqu'ils sont trop intenses, deviennent des déprimants et déterminent la douleur et la fatigue.

Enfin c'est encore un lait d'expérience constante que la diminution ou la suppression conqilète des excitations sensibles, c'est-à-dire des toniques ordinaires de notre sensibilité, provoque ral)alleni(Mil cl la liistesse.

Qni(^onf|no a Jamais tra\ersé. par un tenq)sgiis. los [)laines (lAignes Mortes ou les sables de la (]rau. gardera toujours le souvenir de la tristesse (pii pèse al(^rs sur ces solitudes. Kt c'est le ciel décoloré, le jour blafard, la terre sans Aeidure, le repos, le silence qui font cette tristesse.

Tout cela est si connu que. [)our renfoicèr les sentiments (le tristesse et de gaieté, ou même* |)oui- les produir(\ ik^us Narions. sui\ant les cas. riiil(Mi«-il('' de la luniièie. des sons et des mouvements.

A ces deux agenl> pii\>i(|U('^ je niu'^ilo pa< à joindin^ r('l('cliicil(' almosphéricpu' bien (pie la rt^lation de cc[ agent avec nos états affectifs soit mal délinie.

Les tabétifjues. h^s neuiaslh(''iii(pie< cl en g('Mi('M;il Ions !(-< M(''\ i-o[)allu'< la ^(MihMil bien, s'ils ne ranalvs(Mil pas, car ItMirs [)ériodes de dépression sont sons la (h'-piMidancc (Mroih* des orages, de la y:\T\r cl (l(^ |on> h^s plu-nomcnc^- alinovp|iéii(pics (pii relè\ent de l^'K^liicit»'.

l']nlin les saisons elles uKMncs, par Ic^ plu'nonicncs [>bvsiologi(pic^ (|n'(^ll(^"- (l('lcrniincnl. agi-^s(Mil pni^>>anini(Mil sur nos

tristesses et sur nos joies. Je n'eii veux pour preii\e que le nombre beaucoup plus considérable des excitations maniaques au printemps.

Les animaux sont soumis plus étroitement que nous à cet ensemble de conditions cosmiques et leurs tristesses, leurs joies, leurs amours subissent profondément Finfluence de la nature extérieure. Nous la subissons comme eux, mais nous pouvons nous en affranchir par nos souvenirs, nos espérances, nos craintes, toute la richesse multiple de nos représentations mentales et de nos associations d'idées. Ici, comme partout ailleurs dans la série animale, ce qui fait la supériorité c'est non pas la liberté des individus, niais leur indépendance à regard du milieu.

Tels sont les agents extérieurs de nos tristesses et de nos joies ; encore convient-il d'ajouter que s'ils agissent comme causes matérielles par leurs qualités physiques, ils agissent souvent aussi par les associations d'idées qu'ils provoquent, telles par exemple la température et la lumière d'une première journée de printemps. Dans ce cas, nous sortons de la psychophysique et revenons, par un détour, aux causes morales de la tristesse et de la joie.

J'insisterai plus longuement sur les changements physiques de l'organisme qui accompagnent la tristesse et la joie, car sur ce point j'ai des mesures et des expériences personnelles à rapporter.

Les changements de couleur ont été souvent notés au cours des émotions-chocs.

Ils tiennent évidemment aux phénomènes circulatoires de vaso-constriction et de vaso-dilatation et l'on peut supposer à première vue que toute émotion-choc se caractérisant par une vaso-constriction périphérique, s'accompagne tout d'abord de pâleur à la surface du corps. C'est ce qui se passe en effet dans la majorité des cas comme le remarque Mosso, non seulement pour l'homme \ mais pour le lapin ^ La pâleur du

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