CHAPITRE VIII
PSYCïIOMKr VMOIE T>F L\ TRISTESSE ET DE I. V JOTE
Avanl crabonlor la mécanique do la trislcssc et de la joie, ou .si Ton préfère, l'expression musculaire de ces deux émotions, je rappelle, une dernière fois, la distinction que j'ai déjà faite enlro Véinolion choc o( réinolion-sentiment.
Dans les deux chapitres qui précèdent, j'ai laissé cette distinction de coté ou à peu près. Ce n'est pas qu'on ne puisse concevoir inie psychophysique de l'émotion-choc où l'on étndierall la pàlour et la rougeur comme Dar^Ain, la chaleur de la peau conunc Lond)ard\ et mémo une ]isychochimie où l'on étudierait les produits de la désassimllallon, mais ces études ne sont pas faites ou elles sont à peine ébauchées, et, pour mon compte, je me suis occupé presque uniquement de l'émotion-sentiment quand j'ai traité des phénomènes l^hysiques et chimiques.
Dans l'ordre des mou^enlents, au contraire, la distinction ledcNient féconde car sur l'expression de l'émotion-choc, connue sur l'expression de rémotion-sentinienl. h^s documents abondent.
Tout ce (juon peut reprocher aux physiologistt^s cl an\ psycliologues qui les ont réunis, c'est ou bien de uaNolr étudié qu'une des deux formes ou bien de les aNoli- confon (.lues; il en est résulté quelques conflits (|n"une dlvlvlon phis \]e[\e (lu ^nj(M ont aisément résolu^ et même >n|>|)rimés.
I. The r<'<iionnl Tcmpcvatitre of llic Ihunl.. .I.-S. L(>iHl)ar<l. I.ou- (Ion. 1S79.
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Pour éviter ces confusions, je vais, comme je Tai fait à propos de la physiologie et de la psychologie, dire d'ahord quelques mots de l'expression de rémotion-choc, telle qu'on peut la concevoir d'après les théories actuelles. Puis, je parlerai de mes propres recherches sur l'expression de Témoiion-sentiment .
Je laisse de côté, comme plus liant, les cas ou le choc émotif est si violent et si l)rusque qu'il détermine une sorte de paralysie de toutes les fonctions organiques, et je ne traite de l'émotion-choc que sous sa forme la plus commune.
Or, on peut poser en principe que la plupart des émotions-chocs, considérées dans leurs manifestations motrices, sont im ensemble de réflexes et de mouvements automatiques déterminés par une excitation périphérique, centrale, ou périphérique et centrale à la fois.
C'est la loi qu'on trouve formulée avec quelques variantes chez Darwin, Spencer et Wundt, sous le nom de principe de l'action directe du système nerveux, loi de la décharge nerveuse, principe de la modification directe de l'innervation.
La décharge motrice une fois produite, des lois spéciales devront nous expliquer comment elle se spécifie et se canalise suivant les diverses émotions, et pourquoi tel mouvement plutôt que tel autre exprime tel état afTectif.
La loi générale est de physiologie pure, les lois spéciales sont de psychophysiologie, mais ce serait une erreur de penser que ces dernières lois nous expliquent toutes les formes particulières du luouvement, toutes les manifestations de la décharge motrice.
En réalité, comme Spencer l'a nettement indiqué, un gi'and nombre de mouvements paraissent indépendants de la qualité de l'émotion et ne dépendre que de l'intensité. « On danse de joie, dit-il, comme on piétine de colère; on Jie peut pas plus rester en place dans la détresse morale que dans l'exaltation délicieuse^ ».
C'est en vertu de la même loi qu'un enfant qui vient de se