‹ La tristesse et la joieChapitre 114 sur 146 · JOIE · texte numérisé non relu

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On peut \oir facilement, d'après ces quelcpies mesures, que les deux mains ont beaucoup moins de force jiendant la dé- ])ression mélancolique qu'à l'état normal, et que chez Marie

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en paillcullcr, la pression de la Irlslcsse est iniérieure de g ki logranimes à la pression de la joie.

(lelle diiiiinnlion de la \i iriioui' pli\si(jue entre t^rlainenient [)onr beanconp dans le ralenlissenient on même dans la snppression [)resqne complète des monvements volonlalres que j'ai déjà signalée chez F..., chez T..., chez Marie, chez Edouard et chez tous les mélancoliques déprimés. Lange qui, en croyant décrire les deux tristesses, n'a guère décrit ({ne la tristesse passive, écrit très justement à ce sujet : Le (( trait caractéristique de la physiologie, et par suite de la {( ])hysionomie, de la tristesse est peut-être Faction paraly- « santé qu'elle exerce sur les muscles volontaires. — Dans la (( tristesse, on lait avec peine un elTort, des mouvements « qu'on exécutait autrefois avec facilité, mais la faiblesse « motrice va rarement plus loin; c'est, en d'autres termes, « un sentiment de fatigue, et, comme il arrive dans toute la- « tigue, les mouvements lents, paresseux et faibles dé- « notent la répugnance à la lutte et sont par là même bornés « au minimum... Aussi l'homme triste est-il souvent recon- « naissable à son aspect extérieur, il va lentement, il chance celle, il se traîne, les bras ballants ; sa voix est faible, « sans éclat, par suite de la faiblesse des nmscles inspira- « teurs et du larynx ; volontiers il reste inerte, aflaissé, « muet '. » — \ oilà quelques traits ([ue nous retrouvons chez tous nos sujets, mais Lange a le torl, pour expliquer l'inerlie pbvsi(jue. tle n'invo(piei- (|ue la |)arésie inuscidaire el la fatigue.

^'oublionspas que tous nos mouvements volontaires ilépendent, non seulement de notre force physique, mais de nos processus mentaux, qu'ils sont d'autant phis rapides ou énergicpies (pie nos images motrices sont plus nettes el pins vives, nosémoll(iii> [)liis iiileiises. cl (pie, par suite, riiierlie nioIriciM'sl li('M^ (liez le déprimé à linerlle mentale tout autant qu'à la faligiuv Lange, trop [)li\siologislc ne voit [las ([ne le mécanisme dc^s mouvements volonlaires est loul antani |)^\tiri(|ii(' ([iic iudUmm-.

I l.rs /\m(ili(i/is, 1). ;>8.

M. Alunstcrberg a éludié spécialement ramplitudc des mouvements dans la joie et la tristesse et communiqué au congrès de Londres (1892), sous le nom de Fondement psychologique des sentiments, les expériences suivantes dont j'emprunte à M. Ribot la description* : « On trace avec « la main droite une ligne de 10 centimètres de longueur. (( Quand on est bien exercé à ce mouvement, on essaie de le « répéter, les yeux fermés, en dirigeant la main de droite à « gauche, par un mouvement de flexion centripète, puis de (( gauche à droite j)ar un mouvement d'extension centrifuge. (( On commet en pareil cas des erreurs, tantôt dans un sens, (( tantôt dans Tautre. Répétons les mêmes expériences sous « Fiiifluence de certains états affectifs (tristesse, gaieté, co- « 1ère). Notons les erreurs et leurs sens. Miinsterberg y (( découvre une loi très précise. Dans le chagrin, les mou- « vcments d extension (centrifuges) sont trop courts, erreur (( moyenne — 10 millimètres, et les mouvements de flexion (( (centripètes) sont trop grands, erreur moyenne +12 mil- (( limètres. Dans la joie au contraire, les mouvements cen- « Irifnges sont trop grands, erreur moyenne + 10 milli-, « mètres, et les mouvements centripètes sont trop courts, (( erreur moyenne — 20 millimètres. D'où il conclut cpie, (( dans le plaisir, les mouvements ont une tendance à Taug- « luentation, dans la douleur à la diminution. »

J'ai essayé de vérifier cette loi avec mes déprimés et je n'ai pu obtenir les résultats précis que j'espérais. Tout ce que j'ai pu constater c'est que chez F.., chez Edouard et chez Marie les mouvements sont diminués dans le sens de la flexion aussi bien que dans le sens de l'extension, et que les erreurs sont à peu près les mêmes des deux côtés, quoique peut-être un peu plus faibles pour la llçxion.

Alarie a été particulièrement étudiée à ce point de vue.

[.a moyenne de ses erreurs est de — 10 millimètres pour la flexion et de — 12 millimètres pour Textension sur un total de 3 G expériences.

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