‹ La tristesse et la joieChapitre 115 sur 146 · I. Psychologie des sentiments, p · texte numérisé non relu

I. Psychologie des sentiments, p

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De CCS expériences je peux conclure que, pendant la dépression mélancolique, les mouvements sont diminués dans tous les sens, et bien que cette conclusion diffère quelque peu de celle de Mtinsterberg elle me paraît cependant en rapport avec ce que nous savons de l'inertie mentale, de l'inertie phvsique et de la faiblesse nuisculaire de nos déprimés.

Lu trait que tous les physiologistes et psychologues signalent dans Texpression de la tristesse, le soupir, semble contraster avec la parésie générale des muscles volontaires. — — On le constate tivs rarenieni chez lùlouard, phis sou\ent chez V... et chez Marie, jamais chez T.. .

l)ar\\ in en fait un signe presque constant ol paraît accepter l'explication que (iratiolet en a doimée. « La respiration, (( dit-il. devient lente et faible et s'interrompt souvent de pro- « fonds soupirs. Gratiolet avait déjà remarqué que, toutes les « fois que notre attention est longtemps concentrée sur quelque « sujet, nous oublions de respirer et qu'il vient un moment où « une profonde inspiration nous soulage, mais les soupirs « dune personne affligée, liés à la respiration languissante, « sont éminemment caractéristiques* ».

Je crois que cette explication doit être écartée toutes les fois que Tactivité mentale est nulle et que le sujet se soumet passivement, sans concentrer son attention sur une ou plusieurs idées. C'est ce que font ceilaiiiemonl des sujets comme VMouard, Alarie ou 1'... Leur pensée est à peu près vide et le sou[)ir, quand il se produit chez eux. ne ])eul pas être la con séquence de leur monoïdéisme ou. si Ton préfèic. de la concentration de leur attention.

Ce sou[)ir purement [)hysiologi([ue est, à mon a\i<. niiNini pie appel d'oxygène destiné à lutter contre ras[)h\\i(\

Pour les cas de ce genre. Lange me paraît se raj)pi'i»('her delà vérité beaucoup plus que Daruin. lorscju'il ('ciit :

u Les ])etits vaisseaux des poumons s(» contractent spas « modi(|uemenl, de sorte que ces organes s(^ ^idenl d(* sang: (( on ('prouve alors une sensation de nian([ue d'aiiMm s(miI

i. Darwin. Op. cit.. p. iq3.

.)<)() i.A misTKssr: et r.v .ioie

(( un poids sur sa poitrine comme il arrive clans tons les cas « où le chimisme respiratoire est entravé ; ces sensations de « gène et de poids concourent à augmenter le malaise de (( riiommc affligé, cpii cherche à y remédier par des aspira- « lions longues et profondes, des soupirs, moyens employés « instinctivement par tous ceux qui respirent avec peine, « ([uelle cpie soit la cause de leur mal'. »

Comme Lange le remarque encore, Finnervation lalenle des muscles est aussi hien diminuée que l'innervation apjiarenie. Bien souvent la nuque s'incline, la tcMepend, le corps se coUrhe et semhle se voûter. Ces expressions sont parliculièrement visihles chez Edouard et cliez F... Toujours le visage s'allonge et s'eflile par suite de la faihlesse des masséters et des muscles des joues. — Il en résulte que les traits se tirent et qu'on dit avec raison d'une personne triste qu'elle a la figure longue; Darwin prétend même que certaines peuplades australiennes ont l'oreille basse quand elles sont accablées par la tristesse ".

Les yeux sont passibles de deux sortes d'expression : quand les sphincters orbiculaires sont paralysés, ils paraissent plus grands ; quand la paupière supérieure retombe par suite de la parésie du releveur, ils sont plus petits et semblent mi-clos. C'est cette dernière expression qui prédomine chez nos déprimés.

Quelquefois cette parésie générale de tous les muscles de relation s'accompagne de véritables rides qui tiennent à Famaigrissement du sujet et non pas, comme on pourrait le croire, à la contraction de tel ou tel muscle ; comme toutes les expressions précédentes, elles ont une origine passive.

Enfin un tremblement léger existe chez Edouard et apparaît chez Marie pendant ses périodes de dépression ; il s'ex- ])lique sans doute, comme le tremblement de la vieillesse, par défaut d'impulsion motrice et rentre bien, par ce caractère, dans la description générale que je viens de faire de l'expression, dans la dépression mélancolique.

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