‹ La tristesse et la joieChapitre 116 sur 146 · I. I.ango. Op. cit., p · texte numérisé non relu

I. I.ango. Op. cit., p

li. Ojj. cit.. p. 190.

psYcnoMKfivMQi r 1)1. i.\ mi^^TFSsr. et de i.\ joie 'A^~

Colle dcscn[)tioii, qui leproduil, dans leurs grands Irails, celle de Lange et de Darwin, convient également à la tristesse morbide et aux tristesses normales que nous pouvons obser- ^.^|• autour de nous.

Je signalerai loulefois une (litVéïence qui a son inq)orlance el donl j'ai déjà parlé quand jai lail la psychologie de la cpieslion : Le normal sait pourquoi il esl Irisle. il connaît la cause de sa dépression et de son inertie, et la résignation morale entre pour une pari dans la jiassivité de son expression, dans son attitude lâchée. — Celte résignai ion' peut même, à Toccasion, déterminer certaines expiassions acli\es et d'ail leurs mal expliquées, connue le haussement d'épaules.

l*our la même raison, le soupir des normaux peut relever aussi bien de leur concentration mentale, comme le veut Gratiolet, que des causes physiologiques f[ue j'ai indiquées tout à rheure.

On pourrait lésumer brièvement ces diiTérences en disant (jne. dans la tristesse normale, le mécanisme de l'expression reconnaît à la fois des causes mentales et physiques, tandis que dans la tristesse morbide il reconnaît surtout des causes organiques.

Avec la mélancolie active, nous renconlrons des expressions véritables, c'est à-dire des jeux de physionomie et d'attitude dus non [)a^ à des parésies, mais à des contiactions musculaires.

Ce n'est pas que les expressions précédentes dis|)araissent ; elles persistent, la plupart du temps, et les expressions propres de la mélancolie active s'y superposent.

Tout d'abord, c'est la même diminution de la force musculaire.Les pressions d'Augustine, de Louise, de 1) — i\c Sa. ne s'élèvent pas au-dessus de lO kilogrammes pour la main droite el de i\ kilogrammes pour la main gan(lH\ Sa. (^sl même descendue à 12 ri à 10.

Il serait intéressant de savoir >i, pendaiil le> crises d'excita lion m(''laii(dli(|n(\ la pression angnKMilo. par raj>poil aux p(''riod('s (rexcilalion inoindir: p;ir inallinn-. le» ni(>>uirs |)iMA«<. Trislost' »'t .loi»'. -j-i

LA 'nUSTESSK El' I, V JOIE

dynamomctriqucs dcviennciil craiilaiil plus difficiles que rexcitation est plus grande et je n'ai aucun lésultat précis à enregistrer • ur ce poinl.

MM. Toulouse et Roubinovitch, plus heureux que moi, ont pu constater une augmentation de pression : « Dans cer- « tains cas d'anxiété, disent-ils, on peut obtenir des pres- « sions dynamométriques temporairement plus élevées. C'est (( que la souffrance morale se décharge, en quelque sorte, « dans une contraction hrusque des muscles de Tavant- « bras^ ».

L'excitation douloureuse se traduirai! donc par une augmentation momentanée de la force, et celte augmentation présente trop d'analogie avec ce que nous savons par ailleurs de la mélancolie active pour que nous ne la signalions pas.

Mêmes constatations à faire dans l'ordre des mouvements. Si on examine le sujet dans les uioments où l'excitation s'affaiblit, si l'on considère les mouvements volontaires qu'il exécute en dehors de son délire (marcher, se moucher, accomplir un acte quelconc[ue), on retrouve sans peine la fatigue, la parésie caractéristique de la dépression.

Il chancelle, il se traîne, il parle à voix basse, il parait affaissé.

L'expérience de Munsterberg tentée sur D..., sur Louise, sur Lep... a loujoms donné, lorsque les malades ont bien voulu s'y soumettre, les mêmes résultats que chez Edouard, chez F... et chez les simples déprimés.

Le sovq:)ir se produit très souvent dans les périodes de répit, en particulier chez Augustine, et comme la pensée n'est pas inerte, mais concentrée au contraire sur quelques idées tristes, le soupir peut tenir ici à cette concentration de l'attention, tout autant qu'à des causes physiologiques.

L'innervation latente des muscles est également diminuée; le visage s'empâte cl s'allonge, les paupières supérieures retombent et c'est, par ces divers traits et par d'autres, la même pliysionomie que dans la tristesse passive.

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