Op. cit. , p. 1G
une de
PSYCHO^lECAMOl
des signes d'activité, des contractions véritables surajonléos et comme superposées à la parésie générale des muscles.
Les plus caractéristiques de ces expressions sont Fobliquité des sourcils et rabaissement des coins de la bouche que Darwin décrit fort bien ' mais qu'il a le tort d'attribuer aussi bien aux tristesses passives qu'aux tristesses actives.
Parmi nos malades, Augustine et Sa... ont présenté obliquité des sourcils presque constante. Darwin en cite nombreux exemples communiqués par des aliénistes de s(^^ amis et nous savons que les peintres reproduisent volon tiers ce trait de physionomie quand ils \eulent exprimer hi tristesse.
Cette obliquité est duc à l'antagonisme des nmscles orbi culaires, sourciliers et pyramidaux du nez et des faisceaux médians du frontal : les premiers tendent à abaisser les sourcils, les seconds, en se contractant, en relèvent les extrémiléinternes.
D'où vient cet antagonisme ') — D'une association utile pense Darwin.
Quand les enfants pleurent, ils contractent les nniscles orbiculaires, sourciliers et pyramidaux, pour comprimer leurs yeux et les em[)écher de se gorger de sang ; mais s'ils essaient de ne j)as pleurer, s'ils résistent par amour |)ropi(\ timidité, ou [lour toute autre raison, le frontal se conlracli' dans sa partie médiane et les sourcils dexiennenl obli(jues : le fait est le même chez les adultes, u Nous avons tous dans « notre enfance, dit Darwin, contracté maintes fois nos (( nmscles orbiculaires sourciliers et |)yramidaux alin de pro- (( téger nos veux, loul en poussant des cris; nos aiuvlrcs « ont agi de même avant nous, pendant de longues généra- « tions, et quoique, en avançant en Age, il nous devienne « facile de retenir nos cris lorsque nous éprouvons quekpie « douleur, nous ne [)ou\ons|ias toujours Naincre l'elVel d'uiir « longue habitude v\ (Mn[)écher une légère conlraclion des « muscles indiqués [)lus haut ; si cette contraction est très
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« faible, nous ne la remarquons même pas et nous n'es- (( savons pas de la réprimer^ ».
L'abaissement des coins de la bouche est encore plus fréquent que l'obliquité des sourcils ; à un degré plus ou moins fort, presque tous nos mélancoliques actifs le présentent.
Il est produit par la contraction du triangulaire du menton (|ui attire en bas et en dehors les coins de la bouche, en entraînant la partie externe de la lèvre supérieure et même à un faible degré les ailes du nez. C'est encore l'association utile qui explique ces contractions.
« L'enfant qui crie, dit Darwin, contracte énergiquement (( ses muscles périoculaires, ce qui soulève sa lèvre supé- (( rieure ; comme il doit en même temps maintenir sa bou- (( che largement ouverte, les muscles abaisseurs qui abou- (( tissent aux commissures entrent aussi vigoureusement en « action ; la contraction du muscle triangulaire s'aperçoit a très bien chez l'enfant, lorsqu'il crie sans tro[) de violence, (( et mieux encore au moment oii il va commencer et où il (( linit de crier ^ ».
Ces deux expressions déterminent, sur le front et sur la partie inférieure des joues, des rides qu'il ne faut pas confondre avec celles de la tristesse passive. La dénutrition des tissus n'y entre pour rien ; elles ont une origine active et sont liées directement à la contraction musculaire; d'ailleurs leur forme tendue et leur direction particulière permettent aisément de les distinguer des rides de l'amaigrissement.
Enfin un tremblement léger existe chez Sa., pendant les répits, et chez la plupart de nos malades pendant les paroxysmes, c'est-à-dire dans les moments où l'impulsion nerveuse est trop faible, comme dans ceux où elle est excessive.
Cette description générale convient aussi bien à la souffrance morbide qu'à la souffrance normale et je ne vois même pas de légères diflerences à signaler. — De part et d'autre nous avons même état alTectif, mêmes états représentatifs, et