‹ La tristesse et la joieChapitre 120 sur 146 · O/f. cit., p · texte numérisé non relu

O/f. cit., p

c'c>l cil \crlii du iiiciue iiiccaiiiMiic iiiuleur et psychuinolcur que les expressions se produisent.

es

On constate, chez tous nos joyeux, une augmentation ce sidérable de la force musculaire à condition qu'on prenne 1 mêmes précautions que [)lus haut [)()ur déterminer un eiTorI sincère. Ce ne sont pas ici les images motrices qui man f[uent ; mais l'attention, le p(jiiv()ir de synthèse, |)eut faire défaut par suite de Texcitation. cl c'est à le faire naître et U' diriger fju'il (iiul ^'employer. — .l'a joule (railleurs que c'est en général chose assez facile.

On a déjà vu que Marie donne, à l'état de joie et pour les deux mains, une pression supérieure de 9 kilogrammes à la pression qu'elle donne à l'état de tristesse (8 expériences).

Eugénie donne 27 et 2 4 kilogrammes à l'état de joie et 20 et 18 à l'état normal (A expériences).

Antoinette donne 36 et 3o le jour de sa sorlic après a^oir donné 2^ et 20 à l'état normal (i c\[)éricnce).

Ces chiffres sont significatifs et s'opposent très ncllcmcnl aux mesures dynamométriques de la souffrance et de la tristesse ; on ne les retrouverait ccriaincment pas chez de véritables maniaques où les efforts même violents ne sont jamais coordonnés, comme l'a observé le docteur Toulouse ', et où la suractivité musculaire est d(^ |)lus une cause continue d'épuisement. — Aussi ai-jecu bien soin de n'opérer que sur des joveux légèrement excités, comme Antoinette ou Marie. Celle augmentation de la force physique entre certainement pour beaucoup daus raccéléialioii des iiiouNcmenIs Noloiitai res que l'on conslalcchc/. lou> nos joyeux. Laug<^ éciil aNCc beaucoup de rais(»n à ce sujet : « l/e\allalioii fondiouiielle des u muscles et des nerfs \oloiilair(^s fait (pie 1 houuue jo\tMi\ (( se sent léger comme lous ceux donl les muscles son! puis « sauts. Il sent le besoin de s(^ momoir, il s'agite avec |)romp « titude et vivacité, il gesticule aNCC force". »

1. Lrs c/fuscs de la folie, [>. ô-'\. ■i. Laiiirc. ()i>. cil.. [». 'i<»-'i7.

La description est très juste et convient à la plupart de nos sujets ; n^oublions pas toutefois que nos mouvements dépendent tout autant de nos processus mentaux que de notre force physique, qu'ils sont d'autant plus rapides ou violents que nos images motrices sont plus vives, nos émotions plus intenses, et que la suractivité motrice du joyeux tient autant à son état mental qu'aux décharges motrices qui s'opèrent dans ses nerfs moteurs.

Gomme pour la tristesse. Lange est ici trop purement physiologiste.

Si on éprouve, par l'expérience de Mûnsterberg, l'amplitude des mouvements chez Marie, chez Antoinette, chez A, un excité maniaque, on ne constate pas tout à fait les mêmes résultats que lui, mais une augmentation des mouvements de flexion et des mouvements d'extension.

Marie, sur un total de 35 expériences, commet une erreur moyenne de+ i5 millimètres en extension et de-|- lo millimètres en flexion.

Antoinette commet une erreur de -|- lo millimètres dans les deux sens (12 expériences). A, des erreurs de -^ 16 millimètres en extension et de -|- i3 millimètres en flexion (10 expériences). C'est un résultat conforme à ce que nous savons déjà de la suractivité physique dans la joie.

L'innervation latente des muscles est également augmentée.— La tête se redresse sur les épaules, le corps tout entier se relève, comme grandi, les muscles du visage se contractent légèrement et donnent au visage une forme arrondie ; les muscles du larynx tendent d'eux-mêmes à l'activité.

Cette suractivité des muscles, bien que liée par les images motrices et l'émotivité à l'activité mentale, reconnaît surtout une origine physiologique et ne traduit guère que la puissance organique.

Quand un plaisir moral intense se surajoute et se mêle à la joie, des expressions plus spéciales et d'un mécanisme ■plus psychologique se superposent aux premières.

On doit toutefois noter dans ce cas, plus encore que dans

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la soiiHranro. un grand nombre de gesles désordonnés qui sont mimiques sans être expressifs et ne traduisent guère que Tagitation : « Dans un transport de joie ou de vif plaisir, dit « Darwin, il se manifeste une tendance très marquée à divers (( mouvements sans but et à l'émission de sons variés. C'est (( ce (|u"on obser^e chez les enfants dans leur rire bruvant, (( leurs battements de mains, leurs sauts de joie, dans les (( gambades et les aboiements d'un cbien que son maître va « mener à la promenade, dans le piétinement d'un cheval (( qui voit devant lui une carrière ouverte * ».

D'autres gestes plus expressifs paraissent obéir aux principes ordinaires de Texpression des émotions.

Je ne suis pas sur que le battement des mains, le trépignement, classés par Darwin parmi les mouvements sans but n'aient pas pour fonction d'ajouter des excitations auditives à l'excitation de la joie et ne rentrent pas ainsi dans la classe des associations utiles, i^nit-étre Dar^^in eût-il pu insister da\antage sur quelques-uns des mou\ements précédents et leur chercher une explication plus psychologique.

En général il semble qu'un grand nombre des mou\ements, par lesquels s'exprime la joie, traduisent non seulement l'agitation mais une leiidance à des actions possibles, Muiltiples et vaguement entrevues.

La marche plus rapide, l'attitude rele\éc et presque déliante, l'amplitude des gestes, témoignent de ce sentiment c[ paraissent s'expliquer alors par le troisième piinci[)e de W undt, celui des représentations associées.

liien des hommes expriment leur satisfaction morale par un geste très spécial (jui uw^ |)aiail rel(^\er du même sentiment : ils se frottent ia|)i(leMi(Mil rime (•oiitr(> Taulre lii [\wv palmaire des mains.

Ce geste a son iililité piaticpie (juand il »'agil (Taccouq)!!!un elTort normal, luller, grimper à un mal : il appelle le sang, débarrasse la paunu^ (^t l'intériciu- des doigts de tout corps étranger, rend la peau [)lus moite et [)lus adhérente ; c'est

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