‹ La tristesse et la joieChapitre 121 sur 146 · I.V TIVISTESSI^ E'1 f.\ .lOir · texte numérisé non relu

I.V TIVISTESSI^ E'1 f.\ .lOir

même pour cette dernière raison que les ouvriers de la main se crachent dans la paume avant d'accomplir un effort violenl .

Peu à peu le geste se répète dans toutes les occasions où nous devons accomplir un effort physique. — Souvent même, avant de prendre la plume pour écrire, avant de commencer un travail de pensée, on se frotte les mains.

Ce mouvement finit ainsi par devenir symbolique de toute préparation à Faction (fausse analogie) et dans la joie, il n'exprime pas autre chose à mon avis que la tendance à agir.

C'est dans ces mouvements d'excitation mentale que le rire se produit, et je ne m'arrêterai pas sur cette expression spéciale dont le mécanisme psychophysiologique est presque aussi peu connu que celui des larmes, et qui demanderait, à elle seule, non pas un paragraphe mais un hvre.

Je veux simplement signaler ce fait que le rire est lié à l'excitation mentale, au plaisir moral, bien plus qu'à la joie proprement dite, comme les larmes sont liées à la souffrance et non à la tristesse. — L'un et Fautre phénomènes traduisent l'excitation cérébrale et, de même qu'on rencontre les larmes dans la joie, on peut rencontrer le rire dans les grandes souffrances morales. C'est une des nombreuses voies par lesquelles la décharge nerveuse se dégage, et c'est là une condition qu'on ne doit pas perdre de vue, quelle que soil l'explication psychophysiologique qu'on adopte.

Dans les expressions de la face, apparaissent de même des contractions véritables que l'augmentation du tonus muscu laire ne suffit pas à expliquer et qui expriment le plaisir, la satisfaction morale.

Les orbiculaires inférieurs des yeux se contractent légèrement et entraînent une élévation de la lèvre supérieure ; les orbiculaires supérieurs se contractent aussi quoique d'une façon moins apparente.

Cette contraction totale des orbiculaires est particulièrement visible chez Marie, pendant la période d'excitation.

Le frontal se contracte légèrement et cette contraction fisse le front et arque un peu les sourcils, d'où l'expression latine expon-igere frontem.

Le f^nand zvfioniali(|iio cjiii se eoiitraclc élève et ramène en arrière les commissures des lèvres (sourire), entraîne les joues vers le haut et détermine sous les yeux des plis caractéristiques.

Par suite de Félévation des joues et de la lèvre supérieure, le nez semble se raccourcir et se couvre sur sa partie moyenne de lines rides transversales.

l^ir malheur, il est beaucoup) plus iarile de décrire ces dilTérentes contractions que de les expliquer par le< principes psvchologiques que nous connaissons, et Daruin s"y est à peine essayé. — Tout ce que nous pouvons dire c'est que les expressions précédentes caractérisent non pas le bien-être, la joie organique, mais le j)laisir moral, et qu'en conséquence, elles doU'cnl relever, connue les expressions correspondantes de la soulTrance morale, d'un mécanisme [)sychom()teur.

La joie, morbide ou normale, contenant toujours des représentations, je nai pas à reprendre en terminant la distinction que j'ai laite plus haut* entre l'expression normale et l'expression mcnhide de la tristesse [)assiNe, et j arrête ici la description.

^ous aNons ainsi puui- la joie, comme pour la tri>tesse, deux espèces d'expressions, suiNaiil (pie nous avons alTaire à une joie sans excitation mentale, ou à une joie aNCC excitation. Ces deux sortes d'exj)ressions sont plus ditïiciles à distiniruer dans la joie que dans la tristesse, parce qu'elles tiaduisent toutes les tl(Mi\ un élal (riivpiMacliN itc' mux iilaiie. cl aussi j)arce qu'elles sont toujours plus ou moins mêlées. On y arrive cependant, en schématisant peut être un |)eu la des criplion, et c'est ainsi que nous retrou\ons, daii> l'expression, cette diNision tles d(Mi\ joies (jue j'axais faite en j)sychologie et (pie. [)ar crainte de iorcer les laits, je n'ai pas osé suiNre en plnsiolo^-^ie et surtout en chimie* v\ en plivsicpie. — Nous aurons ton! à rii<Mire l'occasion de la repicndre (M de la marcjuer une dernière lois.

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