NATLKE DE LV TRISTESSE ET DE L\ JOIE
L'hypolliAso ost iiilérossniilc et paraît étayéc sur quelques faits préris eu particulier sur les savantes recherches crKuleiil)ui <i- et de Landois. « La ])hysiologie, dit Mevuert « nous apj)reud que si Ton excise les cellules de Técorce « céiéjjraie qui iueu\ent la janihe de devant d'un chien, (( on ohtient conjointement avec le trouble moteur une as- « cension de la température dans le membre en question. « Il s'ensuit que les cellules enlevées devaient a^oi^ une « action vaso-constrictive'. »
L"ineilie |)syclii(pie laisserait ainsi le chani[) lihic* à Tacli- \ité vasculaire qui s'exercerait tout entièie.
Enfin n'oublions pas que l'inertie musculaire, la parésie de tous les membres, le repos, contribue, pour une bonne part, à ralentir le cœui-, la respii-ation et à entretenir la vaso-conslriclit)n. Lineitie motrice f[ui résulte de l'ineitie mentale se joint h elle ])our exercer les mêmes eilels.
Il s'ensuit que l'arrêt fonctionnel du cerveau, l'airét psychomoteur, se lie de lui-même et par un mécanisme dont les détails nous échappent mais dont les résultats nous sont connus à la plupart des phénomènes physiologiques qui nous ont paru caractériser la tristesse passive.
On peut déjà pré\oir que ce ralentissement de la circulation et de la res])iralion s'accompagnera d'un ralentissement corrélatif dans la vie profonde des tissus, c'est-à-dire dans les C()nd)usli(>iis organiques. — Mais le cerveau exerce peut être encore sui* la nuliilion une iiillucnce ti'(»|)hi((iio plu-- directe. quoi(pie mal déliuie.
Cette iiilhieiice. lielmoiulo a |)u r('>hulier <>! li^ahuM' en compaiant réiiminalion tle l'azote chez des [)igeons noimaux et chez des pigeons décéréhrés, el il conclut que les hémi sphères agissent probablemeiil à lra\(Ms les centres du mésen (•('phalc (Ml ii'glanl le in(''lal)()lisiii(> du coips loiil enlier.
« Le cerNcau intact, écrit il, ainsi (pie d'aulies c(Milres « ner\eux le peu\(Mil faire dans (l(»s limile> moins étendues, « les centres de la moclK» épiuière pai- exemple — CFivoie
I. Klinisc/ic ]'orlosnn^f'fi iihrr Psychiati ir (If. I.niulnis. Traité de P/iYsiologir, y. ~'M\.
« aux tissus, sous forme de tonus chimique, un afflux conti- (( nu de stimulations, qu'il reçoit lui-même de la périphérie (( sous forme d'excitations sensorielles, sensitives, muscu- « laires, viscérales, lesquelles n'ont pas besoin d'être perçues (( par la conscience, et, quand elles le sont, constituent cet « ensemble de sensations obscures que nous percevons dans « nos états de bien-être et de mal-être général, ainsi que dans (( la capacité fonctionnelle de nos appareils de sensibilité et « tle mouvement. Cette onde réflexe incessante est précisé- (( ment celle qui, par l'activité incessante dans laquelle elle (( maintient tous les éléments de l'organisme, accélère « puissamment les échanges chimiques dans les tissus.
(( Elle manque ou est décidément incomplète, lorsque « manque une partie du système nerveux aussi importante « que les hémisphères cérébraux, et Ton voit comment les « échanges peuvent devenir pour ainsi dire torpides, et cela « non pas tant pour les processus d'oxydation des substances « non azotées qui servent surtout à maintenir la tempéra- « ture nécessaire à la vie de Fanimal, que pour ce qui a « trait à la nutrition propre des éléments des tissus, dont le (( renouvellement plus ou moins rapide nous est indiqué par (( la quantité d'azote éliminé ^ » L'arrêt fonctionnel du cerveau, sa mort physiologique produira sans doute, comme toujours, des effets analogues à la décérébration, c'est-à-dire un ralentissement trophique et une diminution dans la combustion des matières azotées.
Ainsi se constituerait à la suite de simples représentations cette assise physiologique et physicochimique qui est à la base de la tristesse passive et que nous avons plus haut analysée par le détail.
Les autres phénomènes de température, de coloration, d'odeur, d'expression sont liés aux précédents d'une façon évidente et n'en sont que la traduction ou la conséquence.
I. Cf. Belmondo. Contrihuto critico speriinentale alto studio del rapporti ira le funzioni cerehrali et il recamhio. Ri'^'. speriment., 189G. Analysé par .T. Soury dans les Annales médico-psychologiques, novembre-docembrc 1898, p. 447-
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Si la représentation épuisante détermine non pas le ralentissement psychique et l'arrêt, mais des réactions physiques et mentales, le mécanisme sera tout différent.
Nous savons déjà, par l'analyse psychologique et |)liysiologique. que le fait capital ici. celui qui donne sa physionomie propre à Tétat affectif, c'est la douleur morale.
L'homme qui se soumet et se résigne ne soullVc^ [)as : celui qui souiTre éprouve une sensation spéciale et confuse dans le cerveau antérieur, et sous l'influence de cette sensation excitante, il fait des efforts de pensée pour évoquer et coordonner; il exécute des gestes de défense ou de supplication, il se ])laint, il se lamente, et toutes ces réactions secondaires retentissent sur l'organisme entier pour accélérer la respiration et le cœur, relever légèrement la tension, déterminer dans les tissus périphériques la vaso-dilafation et la chaleur. — L'excitation psychique et motrice produit, en vertu des mêmes lois, des eiTets directement opposés à ceux de l'arrêt psychique et moteur.
Nous n'avons pu ex])liquer j)sychologiquement cette douleur morale et ses elfets qu'en invoquant la différence de sensibilité et nous ne nous sommes pas fait dillusion sur la valeur de cette e\])licalioii. La physiologie ])eut-ell(^ nous renseigner davantage?
Suivant Meynert Fanj'Muio (•('Mc'hrale jouorail un rôle im- |)()ilanl dans la production de la douleur juorale.
Lue forte excitation, physique ou morale, détermine toujours, pense-t-il, comme première conséquence, nue vaso constriction intense dans l'écorce cérébrale et une anémie a(ii\e.
Cette anémie acti\e entraîne à son tour iU'> phénomènes de dypsnée cellulaire auxquels se lie une sensation pio[)re dc^ douleur, a Avec cette constriction des n aisseaux se pro- (( duisent, dit Meynert, les transformations chimi(jues, nu « tritives, une phase dyspnéi(|ue de respiration ci^llulaire: <( a^(M• c(Mle j)hase se combine la sensation pénihh^ d(^ la « douleur'. » linlin cC^I toujours la même anémie (jui en