‹ La tristesse et la joieChapitre 128 sur 146 · I. f.es Emotions, p · texte numérisé non relu

I. f.es Emotions, p

i^ Une perception ou une idée;

2° Une émotion ;

3° L'expression de cette émotion.

Cette succession est fausse ; il faul renverser les deux derniers termes et raisonner ainsi :

1° Cette femme vient d'apprendre la mort de son fds ;

p,** Elle est abattue ;

o*^ Elle est triste.

Qu'est-ce donc que sa tristesse !* — simplement la conscience plus ou moins sourde de son état physiologique, de son abattement.

Jusqu'ici nous reconnaissons les grandes lignes de la théorie précédente ; c'est la même interposition paradoxale du fait organique entre la représentation et le sentiment ; mais c'est là que s'arrête l'identité.

Lange analyse, avec plus de détails que James, le fait organique, et tâche de montrer que toutes les variations sécrétoires, nutritives, motrices, thermiques ou psychiques qui caractérisent les émotions sont des conséquences de Tétat circulatoire ou vaso-moteur.

Dans la joie, parexemple, c'est la vasodilatation périphérique et cérébrale qui est le phénomène fondamental et primitif, dans la tristesse c'est la vaso-con striction périphérique et cérébrale.

Rétablissez la circulation dans le cerveau et dans le corps tout entier, rendez l'activité au cerveau, la chaleur à la peau, l'oxygène aux tissus, la tonicité aux muscles, que restera-t-il de la tristesse ? Absolument rien que le souvenir de la cause qui Fa produite.

Cette systématisation de la thèse est très séduisante dans sa simplicité et Lange a pu en tirer une conception presque schématique de l'émotion ; mais c'est une raison pour s'en défier, et, de fait, elle j)rête à quelques critiques.

Tout d'abord elle est moins nette et moins précise que celle de A\ . James qu'on pourrait résumer ainsi : « Dans l'émotion Jious sentons notre corps par l'intermédiaire du cerveau, la périphérie par l'intermédiaire du centre, mais jious ne senlons ])as directement Vétat du centre lui-même;

>A'n RI- DE LA TRISTESSE ET DE LA JOIE 37.3

le cerveau ne joue clans Téniotion que le rôle d'un simple récepteur sensible. »

Lange est loin de poser le problème avec cette clarté, et dans sa description de la joie et de la tristesse, il fait entrer non seulement les sensations confuses qui viennent des viscères et des membres, mais le sentiment spécial qui se lie à la gcne ou à la suractivité mentale, sans s'expliquer sur la nature et l'origine de ce sentiment * ; en d'autres termes il considère la j«jic et la tristesse comme la conscience des phénomènes qui s'accomplissent dans le cerveau et dans le ( or[)s sans pousser plus loin l'analyse, et cette description laisse place à une discussion théorique. James ne manquerait j)as en elTel de demander : le sentiment d'activité ou de gène psvchique se lie-t-il à létat des cellules cérél)rales, est-il central? — Ou ne nous est-il pas connu au contraire que par la facilité ou la dilïicullé avec lesquelles s'exécutent chez nous les mouvements spécifiques de l'attention et les diverses contractions musculaires qui accompagnent la pensée? est-il périj)hé!i(pic ? — C'est, à vrai dire, la question même de la nature, périphérique de l'émotion qui se reposerait ici sur un point spécial: Lange a passé par-dessus la difficulté sans la voir, bien plus qu'il ne Fa résolue.

De plus, la thèse de Lange se double dime hypothèse vasomotrice ([ue l'auteur ne tient pas assurément pour essentielle-, mais ([u"il (h'Ncloppe iwvc couq)laisance et cpii est loin d'être démontrée.

Nous avons déjà vu en ellél ' (pidii ne >auiait consitlérer l'activité mentale comme e\clusi\ement déterminée ])ar la circulation cérébrale cl (|u"(>]l(> se lie ^ralseml)lablement à des processus iiilracellulaircs antcMieurs à |oul(^ \;\rialiou ^asculai^^

Nous savons aussi (jue tli^s causes beaucoup [)lus obscur»*^ (jue les \arialions ^asculail•es [)euNent cxerc (m- l(>ur inlhuMice sur les (Combustions, la calorilicatiou cl la nuliition dc"-

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