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nous permet (rartirmer la liaison constante de l'émotion avec des caractères organiques précis.
Mais cette lésion constante ne démontre nullement Tantéiiorité des phénomènes organiques sur le phénomène émotionnel. 11 faut encore analyser cette liaison, Finterpréter, expérimenter, pour déterminer exactement lequel est cause et Tautre effet des deux termes qui sont unis.
W . James ^ croit pouvoir tirer un argument de ce fait que, dans les asiles, on trouve souvent des émotions qui s'accompagnent de symptômes physiques, crainte, angoisse, mélancolie et qui ne s'expliquent par aucune représentation antérieure ; ces émotions, pense-t-il, ne peuNcnt venir que d'un état organique.
Je reconnais que ces cas sont fréquents ; j'en ai cité beaucoup dans les pages qui précèdent et j'en ai obser>é encore plus. Je me rappelle en particulier avoir \u, il y a neuf ans, dans le service du P'" Bail, vuie paralytique générale qui se mourait et ne cessait de répéter, avec une expression de visage caractéristique : « ah ! que je suis contente 1 que je suis contente !... » Cela dura trois jours, jusqu'à l'agonie.
Cette femme était alors dans un état de démence complète, incapable d'associer deux idées ; sa joie absurde, infinie, ne se rattachait certainement à aucune représentation ; en revanche elle se liait à deux caractères organiques précis que je notai dans mon observation d'alors, l'accélération et la faiblesse du pouls. Depuis, j'ai eu maint exemple de joies ou de tristesses liées à des phénomènes organiques déterminés et où les représentations, quand elles intervenaient, n'apparaissaient qu'à titre secondaire. C'est le cas d'Augusline, de Marie excitée, de Louise, de jM..., etc. ; on pourrait môme dire que la plupart de nos analyses morbides ont eu pour résultat de mettre en lumière le caractère primitif du phénomène affectif par rapport au phénomène intellectuel, et que par suite elles lendent à révéler la liaison direcle du