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phénomène aflcctif avec le plicnomcne physiologique. Je ne crois pas cependant que de pareils laits soient décisifs en faveur de l'origine périphérique du sentiment. Ils prouvent simplement, à mon sens, — et c'est déjà beaucoup — que le sentiment se lie bien directement à l'étal du corps et du cerveau, c'est-à-dire qu'il est de nature physiologique.
On peut d'ailleurs, sur ce point, joindre à l'observation des aliénés des expérimentations véritables et tentcrde Aérilier la théorie phvsioloiriquc de Fémotion par la méthode des variations.
Choisissons d'abord les cas relati\ement sinq)les. parce que grossiers, que nous trouvons dans la clinique mentale, et vovons si, chez nos déprimés ou nos excités, des variations organiques ne peuvent pas entraîner des variations de l'état émotionnel.
Or, parmi les Aariations organiques, celle que nous produisons le plus facilement, c'est la variation circulatoire et nous a\ons de plus ^a^antage d'agir plus ou moins sur toutes les autres par celles-là.
Voici Marie, notre circulaire, qui présente deuv t\pes réguhcrs de tristesse et de joie, avec accompagnement de phénomènes physiques très nets. — \e serait-il pas possible de montrer que les phénomènes organiques sont [)rimilif< [)ar rai)port aux variations de l'état allectif ?
Si nous observons l'état organique avec nos procédés t>rdinaires de me^uic cl d'inscription, nous ne trouxerons jamais que des ^ariations sinudtanées des deux étals et nous n'en [)ourrons rien conclure. Les deux [phénomènes sont tellement connexes. tellemcMit liés dans \v lenq)s. (jue nous n'arriNerons [)as à distinguer l'antécédenl el \v n)u>v (pient.
.Mais, au lieu d\)bser\er. e\i)('iinienlons, essayons d'agiipar la circulai ion >ur r(''lal organicjue o[ nonous si nous n'arri\ons [)as à modilier par là nuMuc. ilans une cerlaine mesuie, l'étal (Muolionnel. Dans ce cas. Tordic de ^uccc-^^-ioti ne sera [)as douliMix. la causalité sera bien établie
J'ai enq)lo\(* axec Maiic plii^^icnr^ loiii((ues p<iui" la laiie
passer de la tristesse à la joie, je n'ai jamais réussi comj)lètement, c'est-à-dire que je n'ai jamais pu substituer une joie complète et de longue durée à la tristesse ; mais je suis parvenu cependant à supprimer momentanément la dépression organique et à relever du même coup Fétat affectif du sujet.
Un demi-litre de café très fort a été une fois absorbé en 3o minutes dans une période de grand abattement. La malade en a pris quatre tasses espacées de dix minutes en dix minutes.
Après la troisième tasse elle a commencé à parler « ali I le « bon calé connue il est doux ! c'est pas ma belle-mère qui (( m'en donnerait le pareil ! ». En même temps elle paraissait ])lus active de pensée, elle était moins pâle, elle marchait, elle déclarait se trouver mieux. Cet état a été plus marqué encore après la /j/' tasse et a duré une heure environ.
Les mensurations et numérations physiologiques ont donné les résultats suivants :
AVANT CAFÉ Al'UÈS CAFÉ
Force dynamo, m. d. i5. m. g. 12 m. d. 25. m. g. 18 Tension artérielle lO'*^ Tension artérielle i-^*^
inouïs 62 Pouls -\
Respiration i5 Respiration 2^
Voici d'ailleurs les deux tracés respiratoires pris sans déplacement d'appareil (fig. 68).
La caféine se distingue du café en ce qu'elle n'agit pas tlirectement sur les centres nerveux et n'exerce guère son influence que sur le cœur et le système circulatoire.
J'en ai fait, à plusieurs reprises, des injections hypodermiques à Marie, el j'ai ()])tenu chaque fois des résultats assez analogues.
La quantité tolalo injectée en trois ou quatre injections variait de 70 à 100 centigrammes; les injections étaient espacées de 10 ou i5 minutes, les 2)hénomènes d'excitation se faisaient attendre de /jo minutes à i heure environ.
J^e pouls s'éle\ail de i5 à 20 pulsations, la tension arté
>ATIRE DE LA TRISTESSE ET DE I. V JOIE SjQ
rielle de 3 à 6 centimètres de mercure, la respiration de G à lo, la peau se colorait et s'échaufiait. le tonus musculaire réapparaissait, ainsi que l'activité psychique et motrice; un jour Marieest allée jusqu'à déchirer les pièces d'étoffe qui lui tomhaient sous la main, ce qui est toujours (lie/ ello, le signe d'une grande agitation.
Certains stimulants agissent \rai- ■: semblablement de la même manièir:
l telles les douches qui déterminenl t [)i\v l'intermédiaire des variations cir- ^ culatoires un état de bien être el de t satisfaction coimu de chacun, et qui ; réussissent souvent contre la dépresl sion.
' Les elTots du massage général son!
i également utilisés dans les cas de : mélancohe passive pour rétablir la l circul.illoii et relever par là même i l'état alïectif.
■ J'ai eu l'occasion de les observer
' deux ou trois lois chez Marie que ■■ j"a\ai^ lait niassci" dans cette int(Mi- [ tictn'.
La séance durait une heure vn\'\roii . La circulation périphérique dcw liait |)hisacti\e, {"onnnceii témoignait la clial(Miret la coloration de la peau, et l'apparition du pouls capillaire*:
le ponis ladial s"éle\ait de \~) on '>o [)ulsations par minute, la respiralion de lo, la tension arléiielle crois sait d(^ •> ou.) centin>èlr(^sdc meicnr(\
[. \.ci luussagcs oui i'iv lailsjtar M"»^ lV)noinaré\a. ttjc saisis >ulon lier > ■elle occasion de li
remercier ici.
38o LA TRISTESE ET LA JOIE
ce qui indique qu'on n'avait pas seulement des effets périphériques de dilatation, mais des efiets centraux de tonicité cardiaque. — Les muscles du A'isage gagnaient en innervation latente, Féliminalion de Tacide carbonique passait de 80 ou 90 centimètres cubes par kilogramme et par heure à 3oo ou 35o.
L'état affectif se modifiait également; la malade parlait, se trouvait mieux, et c'était ainsi jusqu'à ce que les effets physiologiques du massage aient cessé.
.l'ai tenté d'autre part de rompre subitement la joie de Marie en changeant l'état organique et j'ai obtenu quelques résultats heureux dans ce sens.
.LaAais compté beaucoup, connue sédatif de la circulation, sur le bromure de potassium, et j'en ai donné pendant huit jours une dose quotidienne de 4, 5, 6, 8 grammes sans obtenir aucvm changement dans l'étal oiganique et dans Fétat émotionnel.
Les effets du bronuue sont pourtant connus et les aliénistes ont souvent l'occasion de les observer chez les excités maniaques. — Lange ne manque pas de les invoquer à l'appui de sa thèse et il écrit :
« Par un médicament qui exerce ime action paralysante « sur le système vaso-moteur, le fameux bromure de potas- « sium, nous pouvons non seulement diminuer Tangoisse ou « la tristesse, mais encore prochiire un état d'a})athie parce faite où le sujet est également incapable d'être triste ou (( gai, simplement parce que les fonctions Aaso-motrices sont (( suspendues^ ».
J'ai été plus heureux avec Thyoscine qu'on emploie beaucoup dans le seivice du D' Magnan pour faire dormir les agités et que j'ai adiuinistrée en injections hypodermiques à la dose d'un demi-diniilligramme par injection.
En général, qu'il s'agisse d'une excitation agréable connue celle de Marie, ou d'une excitation pénible comme celle de C... et de P..., j'obtiens également de la dépression, a\ec
T . Op. rit .. p. 107.
^ATl^.L UE LA TRISTESSE ET DE \.\ JOIE
diminution de la loquacité, faiblesse motrice, ralentissement des fonctions respiratoires, circulatoires et mentales.
Je ne \vu\ ])as (jiiilter celle (piestion sans rapporter les lésultals beaucoup plus nets (pie AI. le D"" de Fleury obtient journellement dans sa clientèle, en injectant des doses varia blés de sérum artificiel (eau salée) qui ont la propriété de relever la pression artérielle.
(( Faites, dit-il, à un sujet neiirastbéni(jiie, prom|)l aux « réactions, nue injection bypoderniicpie deaii salée propor- « tionnée à son de;j:ré de résistance iiidividiielle, ce qui n'est « [)as toujours cbose laoile ; nii (jiiarl dbeure, une demice lieure a})rès, vous constaterez cbez lui raccroissernenl des « forces, la liaussc de la pression sanguine, le relèvement de (( létal mental ; le maxliniiiii de cet elïet tbérapcutique sera « atteint environ une lieure après Tinjcction ; puis il iia « s'atténuant avec des oscillations (baisse avant le repas, as- « cension après) pour ne disparaître et mourir tout à fait « que 20 lieures, 00 lieures après* ».
licite à ce sujet la curieuse observation d'une jeune femme anémique et neiirastliénique. ou\rière à la journée, en service cliez lui, « en sorte, dit-il, qu'il m'a été possible de suivre (( sur elle les modilications de la tension artérielle beurc par « lieure, quart d'iicure par quart dbeure. La tension babi- « tuelle était excessivement basse, 9 à 10 centimètres cubes « de mercure. L'injection pratiquée à .3 bernes a déterminé (( d'abord (ce [)bénomèiie n'est pas constant) une assez forte « baisse de la pression sanguine, avec un léger sentiment « tlaccablement. de surmenage; cell<' baisse marcpu'e sur le « gra[)bi(iu(^ à 9 lieures 3 minutes n\x pas duré [)bis Ao 7 à S « miniito. A 9 beuies et demie l'ascension était iuanifest<^; (( elle atteignait son maximum trois (piarts d'Iieui-e a[)rès (( rinj(>(lion. Le lendemain soir, à G lieures. la l('n>i(>ii « retombait, pour la [)reniièrc fois, à son ni\eau babiluel.
« La psycbastbénie, la sensation d'é[)uisement. la timidité, « la tristesse de celte jeune lille semblent >"rtr(^ motlitiées à