‹ La tristesse et la joieChapitre 133 sur 146 · I. Revue de Médecine, lo lévrier 189G, p · texte numérisé non relu

I. Revue de Médecine, lo lévrier 189G, p

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tiflquos, M. Léchalas se refuse cependanl à la rejeter et il écrit après avoir cité un article où je la combats : « Pour « nous, il nous paraît aventureux de qualifier d'absurde « riiypotbèse d'une telle réversibilité et nous dirions volon « tiers que sa réalité ou la vanité de son apparence constitue « précisément le problème à résoudre. Du reste, il semble « bien que l'auleui-, dans un livre où il soutenait déjà les « tbéories de Lange, ait admis des cas de réversibilité. Dans « son étude sur les Etats intellectuels dans la Mélancolie, (( il distingue, en eflet, deux origines de la mélancolie : l'une « intellectuelle, et l'autre organique. Or. dans la première (( conmie dans la seconde, on constate des idées attristantes: {( seulement, dans le premiei- cas. l'idée a entraîné j)ar as- « sociation automatique des pbénomènes de constriction « auxquels correspond la cœnestbésie mélancolique, tandis « que, dans le second, la constriction est primitive, et, si la mé- (( lancolie est accompagnée d'idées attristantes, ce n'est qu'en (( vertu d'une nécessité logique qui oblige le malade à jusce tifier sa tristesse. Qui empécberait de déclarer absurde ce « cas de réversibilité ' ? »

Je remercie AF. Léchalas de cette objection qui m'oblige à présenter ma pensée sous une forme plus nette.

J'ai écrit en effet, en 189V. que la mélancolie reconnaissait deux origines : l'une intellectuelle, l'autre plivsique, et je Pai encoie répété dans le présent livre.

J'entends par là que des causes morales ou pbysiques [)euvent également épuiser le cerveau et préparer le terrain pour la dépression ou la mélancolie active.

J'ai écrit également que la mélancolie une fois créée, soit par des causes pliysi(jues, soit par des causes morales comme les lepréscntations pénibles, se jusiilie ensuite par des idées tristes et que, par conséquent, les idées tristes peu\ en I être primitives ou secondaires, causes ou elTels: mais j(^ ne

I. IU\ IIP dos questions scicnlitiquos. Fm tluorio plnsiolo^Kjiic il es c motions, octotiro 1897.

a. Tlirsc iiiaufruralc de inrdecino. Los riais inioUcciuols dans la rnrlnnrolir. l\iri>. l'. .\Ican.

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pense pas qu'il y ailla un cas de réversibilité analogue à celui que je refuse d'aclnieltre pour la nature de Témotion.

En réalité, cela revient à dire que Vidée peut agir comme cause épuisante pour déterminer la douleur, et ([ue la donleui" peut évoquer, d'autre t^art, des idées tristes qui alimenteront la doideur elle-même et entretiendront l'épuisement, en verlu du cercle vicieux si souvent constaté dans les sciences de la vie.

Pour la nature de réinotion, le pioblème est différent. On nous dit : \oici une joie et une tristesse morbides qui contiennent tous les sentiments secondaires que aous trouvez dans la tristesse normale ; nous allons les diminuer, les supprimer, les substituer Tune à Vautre en modifiant Vétat organique.

Nous en conclurons que les pliénomènes organiques étaient primitifs et que les deux sentiments n'étaient que la traduction, dans la conscience, de ces pliénomènes.

Voici maintenant une tristesse et une joie normale où vous retrouvez les mêmes états organiques.

Voulez-vous admettre que ces tristesses et ces joies ont changé de nature parce qu'elles succèdent à une représentation qui a épuisé ou tonifié le cerveau P — Il ne s'agit pas ici de deux phénomènes qui réagissent l'un sur Vautre comme la tristesse et les idées tristes et qui peuvent être successivement ou simultanément causes et effets ; il s'agit de la nature du phénomène affectif qui, dans le premier cas, est la traduction consciente de l'état organique et qui, dans le second, existerait par lui-même, en dehors de ce même état bien que cet état soit présent et aussi marqué.

C'est cette hypolhèse que je persiste à ne pas trouver soutenable.

D'ailleurs, bien que Vexpérimen talion ne soit pas aussi facde avec les émotions normales qu'avec les émotions morbides elle peut cependant intervenir ici dans une certaine mesure.

Lange écrit avec raison clans ce sens. « En fait, il n'est (( i^as difficile de montrer, d'après les expériences quoti- (( diennes elles-mêmes qui fondent et vérifient sans cesse (( celle vérité, que les émotions peuvent être produites par

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beaucoup de causes qui n'ont rien à faire avec les mouvements de Tànie, et que, d'autre part, elles peuvent également être domptées et réprimées par des moyens phvsiques.

« Sans qu'on en ait la conscience netle, la chose est si connue que toute notre manière de vivre, notre hygiène journalière s'est formée, pendant le cours des générations, dans le but de favoriser les émotions agréables et de diminuer les émotions tristes ou de les supprimer tout à fait. « Je ne citerai qu'un exemple, qui en é\()quera d'autres : {( c'est une des plus anciennes vérités d'expérience poiii « riiumanité que le vin réjouit le cœur, et la vertu qu'ont « les boissons spiritueuses de combattre la tristesse et la « crainte, deux états bien voisins, pour leur substituer la « joie et le courage, a reçu une application qui serait natu- (( relie en elle-même et des ])lus salutaires, si elle n'entrai « nait, par surcroît, d'autres conséquences * ».

J'ajouterai pour ma part un seul fait dont chacun |)ourra contrôler sur soi-même ou sur autrui la vérité.

Bien souvent une représentation qui nous paraissait péni ble et déprimante avant le déjeuner nous parait indiiïéreiilc après le repas, un projel qui nous sendilait hérissé de dillicultés nous semble facile. — Pourquoi donc la tristesse trouve-t-elle alors cette difficulté à nous dominer? c'est qu'elle de^rait triompher d'abord d'un état circulatoire spécial (hypertension et accélération du pouls) et d'un étal de bien-être qui est justemonl l'état or^ranicpie de la satis faction et de la joie.

Je suis donc tout disposé à admettre la nature physiologique de la tristesse et de la joie, non seulement dans les cas morbides, où les tristesses et les joies calmes naissent directement de l'organisme mais aussi dans les cas noiniaux où elles naissent Indirectenienl de nos re|)iésenlalion^ par l'iwtermédiaire des états organiques.

Mais si la théorie est vraie, il est hien é\i(lenl (piinx'

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