‹ La tristesse et la joieChapitre 139 sur 146 · I. La physiologie do l esprit. Trad. Herzen, p. S'^g-Soû · texte numérisé non relu

I. La physiologie do l esprit. Trad. Herzen, p. S'^g-Soû

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corps non do la pensée qu'elle reçoit les lois qui la gouvernent.

James se fondant sur un principe courant de la physiologie contemporaine donne une forme plus moderne encore a la même thèse. Le cerveau n'a pas de sensibilité spéciale nous adirment les physiologistes et dès lors, pense James, toutes les sensations émotives que nous pourrions être tentés de lui attribuer doivent reconnaître une origine périphérique; un sentiment devra donc se décomposer d'une part en phénomènes organiques et viscéraux, de l'autre en impressions confuses des cellules corticales correspondant à ces phénomènes périphériques et déterminées par eux. C/est là évidemment la formule la plus moderne et la plus scientifique de la thèse physiologique.

« La théorie intellectualiste qui est de vieille date, dit « M. Ribot, a trouvé sa plus complète expression dans (( llerbart et son école, pour qui tout état affectif n'existe (( que par le rapport réciproque des représentations; « tout sentiment résulte de la coexistence dans l'esprit (( d'idées qui se conviennent ou se combattent ; il est la (( conscience immédiate de l'élévation ou de la dépres- (( sion momentanée de l'activité psychique, d'un état de « tension libre ou entravée, mais il n'est pas par lui- « même; il ressemble aux accords musicaux et dissoa nances qui diffèrent des sons élémentaires, quoiqu'ils « n'existent que par eux. Supprimez tout état intellec- (( tucl, le sentiment s'évanouit, il n a qu une vie d'em- (( prunt, celle d'un parasite'. )>

« On a remarqué, en effet, de très bonne heure, écrit (< ailleurs' M. Hlbot, qu un groupe de sentiments, — les (( sentiments esthéti(pies provoqués par les sons, — dé- « pendent des inteivalles, c'est-ii-dire du ra])port entre " nos perceptions. » C^ette observation île lait serait,

I. lUhol. Lfi i)s\(hulogie ih's sciitimcnts. \). i\. li. f.a psyclwlo^ie alleinaiide contcmpnrauu', V«^''I>1.. [>. ii». Paris. V. Alcan.

Dt.MAS. Tri^lc^^C cl Jolc. jG*

d'après l'auteur de la Psychologie allemande comtemporaine^ le point de départ de cette espèce de mathématique des sentiments, telle que Herbart et ses disciples l'ont exposée.

Parmi eux, l'autrichien Nahlowsky, dans son célèbre ouvrage sur la vie affective^ est peut-être celui qui a présenté la thèse avec le plus de talent et de netteté.

Il commence d'abord par reléguer dans le domaine de la sensibilité physique tout ce qui n'est pas réductible à des rapports de représentations, la fatigue, la soif, la faim, toutes les modifications de la sensibilité organique.

Restent les plaisirs et les peines d'imagination, de représentation, mais ici encore Nahlowsky est obligé de faire des éliminations et de reconnaître que nombre de plaisirs ou de peines, tels les plaisirs de la distraction ou de l'amusement ne proviennent pas de l'action réciproque des représentations, mais de causes très différentes, comme l'action du monde extérieur sur les représentations.

Ces éliminations faites, nous pouvons formuler nettement la théorie; elle ne tient pas les sentiments pour quelque chose de réel [etwas)^ mais pour une manière d'être, agréable ou pénible, qui résulte de la coexistence, dans l'esprit, d'idées qui s'accordent ou qui ne s'accordent pas.

Et, pour bien faire comprendre ce caractère accessoire et purement relatif du sentiment, nous emprunterons \\ la musique une comparaison.

Soit un accord musical; il y a trois choses à considérer : 1^ deux sensations, soit mi et sol; 2^ un accord, un état agréable de notre sensibilité; mais cet accord n'existe pas par lui-même, il vient par surcroît, il a besoin d'une base qui le supporte. Eh bien, nos sentiments sont

I. Das Gefûlilsleben in sciiienweseitilichslcn ErscJieinungen und Bezugen. Leipzig, 2^ cdit., 1884.

r.o\r;i.i sinN

h nos reprôscntations ce que l'accord est aux deux sous ; ils s'y surajoutent, ils ne sont que par elles.

(( La doctrine fondamentale de la psychologie, écrit « Xahlowsky, nous enseigne que les réactions réciproques « (les représenlations se rangent sous deux chefs, et sont « ou des arrêts réciproques, ou des accélérations réclpro- « ques'... », or le sentiment est toujours la conséquence de ces arrêts ou de ces accélérations « et les mêmes lois qui règlent le cours des représentations valent aussi pour le sentiment' ».

C'est la subordination absolue de l'ordre alTectif :i Tordre mental.

On se dira peut-être « que l'arrêt ou l'accélération ré- « ciproque des représentations ne peuvent pas suflire h c( eux seuls pour expliquer le sentiment ; en effet, si chac( que arrêt ou accélération avait un sentiment pour coûte séquence, l'homme serait sans cesse agité par des sen- (( timents, étant donné qu'à aucun moment l'àme n'est (( en état de complet repos... Il doit donc y avoir un « facteur plus profond, une autre cause d'où il résulte « que tantôt le sentiment se joigne à une accj'dération c( ou {\ un arrêt, et que tantôt il ne s'y joigne pas. Quel (( est donc ce facteur?... Si l'ari'êt ou raccélération des « représentations s opère normalement, et par suite sans ({ entraves spéciales, il nous reste inaperçu parc(^ ((U il (( s'opère dans un temps infiniment couit, non mesu- « rable pour nous. Les représentations s"élè\ent ou (( s'abaissent, deviennent plus fortes ou phis faibles, et <c il la v«''rité si vite ([ue nous ne nous m apercevons u pas' ».

Mais supj)OSons que 1 arrêt ou la e()ml)inaison îles icpréscntations ne s'opère plus de façon automati(jue, alors le temps de répit, le retard, fait que nous per(e\4)iis

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