‹ La tristesse et la joieChapitre 14 sur 146 · I. Maladies du cerveau antérieur, p 8^i · texte numérisé non relu

I. Maladies du cerveau antérieur, p 8^i

•2. Lehmann. Die Hauptgeset^e des viensLichen GefiiJilslehens, p 82. Leipzig, 189'J.

3. Physiologie du plaisir, Irad. par Combes de Lestrade, 1886.

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« fcslc plus sa satisfaction, quand il la possède, par aucun « signe extérieur, pas même en remuant la cpieue ^ ».

Cependant le plaisir s'exprime toujours par une augmentalion de la puissance musculaire ; il est dynaïuogène, comme Tout prouve les expériences ra[)portées par M. Féré".

L'opposition du plaisir et de la douleur passive se poursuit donc d'une façon assez nette à travers tous les symptômes organiques, mais il serait beaucoup ])lus dillicile d'opposer les symptômes organiques du plaisir à ceux de la douleur active. En réalité, on ne doit pas se dissimuler que, de part et d'autre, nous trouvons ici des symptômes d'excitation qui se distinguent beaucoup plus facilement des symptômes de dépression de la douleur passive qu'ils ne se distinguent entre eux.

Je pourrais essayer, dès maintenant, de faire cette distinction, en montrant les différences profondes qui subsistent dans les combustions, la dynamogénie, la forme et l'ampleur des mouvements, derrière toutes les analogies apparentes ; mais je préfère n'aborder cette question que plus tard, lorsque j'aurai lait l'analyse détaillée de la douleur morale, du plaisir moral et des pliénomènes organiques qui accompagnent ces deux sentiments. Je montrerai alors comment l'excitation agréable et l'excitation pénible se diflérencient non seulement par le sentiment subjectif que nous en avons mais j)ar leurs manifestations biologiques. — Poui" \c moment, je me borne à signaler cette dillérentiation connue une des difficultés capitales de mon sujet.

La manifestation mentale du plaisii-, c'est W plaisir lui mém(\ et. connui^ la douleur, le plaisii- i^araîl à \l. Iiibot n'être qu'un simj)l(^ s\mptôme, un signe, une marcjue, dénotant c(ue certaines tentlances sont satisfaites. « Ainsi (ju(^ la douleur dit il, le plaisir est séparable du C()uq)!(nus doiil il lait |)arti(\ et, dans certaines (Micon>taiices anormales, peut totalement disparaître.^ »

1. Daruiii. L Expression des Émolions, Irad. l\)/.zi ot t^cnoil.]) Ni.

:>.. Sensation et Mouvement, \^. i\'\.

o. l\i])()l. I.d Psycfi<>/oi(ie des Sentiments, j). o'j.

Ce serait tlonc une erreur de considérer le plaisir comme la cause de toutes les manifestations organiques que nous venons d'énumérer ; ici, comme plus haut, le phénomène mental scmhlc parallèle à certaines manifestations physiologiques ; il relève de la même cause et ne les détermine pas.

On doit cependaiil rcconnailre que, pour vraisemblahle que paraisse cette conception, elle est loin trétre confirmée par des expériences précises, qui, supprimant le plaisir, laisseraient subsister les manifestations physiques. Sur ce point, comme sur bien d'autres, et toujours pour les mêmes raisons, la physiologie du plaisir est en retard sur celle de la douleur.

Peut-on pousser [)lus loin le parallélisme de la théorie du plaisir et de la théorie de la douleur ? Peut-on soutenir que, si le plaisir n'est d'abord que le concomitant des manifestations physiques, il peut aussi, comme la douleur, devenir cause à son tour, agir à titre d'excitant cérébral et déterminer alors des expressions nouvelles? — Je le pense, mais sur ce point les observations, expériences et théories physiologiques font si complètement défaut que j'aime mieux n'aborder le problème qu'avec mes propres analvses, quand je traiterai du plaisir moral.

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