‹ La tristesse et la joieChapitre 142 sur 146 · I. Of). cit., p. ô'i · texte numérisé non relu

I. Of). cit., p. ô'i

^'(06 LA TiaSTESSE ET LA JOIE

« une frayeur bien plus grande ; celui qui reste sous le « coup d'une grande douleur perd sa meilleure chance « de pouvoir réagir contre elle. Ces résultats viennent en (( partie de la relation intime qui existe entre presque u toutes les émotions et leur manifestation extérieure, « en partie de l'inHuence directe de Teffort musculaire « sur le cœur et par conséquent sur le cerveau^ ».

Si l'on admet au contraire la thèse intellectualiste, l'expression passe aussitôt au second plan ; elle devient raccidcnl, le phénomène accessoire dont la psychologie peut sans doute s'occuper encore, mais qu'une théorie de l'émotion peut omotlre ou négliger. Et de fait, Nahlowsky n'étudie pas directement cette question et quand il la rencontre sur son chemin, il s'en débarrasse en quelques mots :

(( Que le sentiment, dit-il, se réfléchisse diversement (( sur le corps, c'est déjà connu pour la vie ordinaire. (( Qu'on regarde un enfant qui est en proie à une joie (( profonde; il bat des mains, il saute en l'air, il frappe (( le sol du pied, il presse sur sa poitrine l'objet qui lui ({ plaît, il tremble même parfois de joie, surtout si la « surprise s'unit à ce sentiment. La tristesse et la honte « courbent la tète ; dans le doute, le regard erre avec « inquiétude, de droite et de gauche ; dans la crainte et '< l'attente, il est en général fixé sur un point; l'extase (( tourne l'œil en haut.

« Ces réflexes involontaires {qui sont tout-puissants (( chez l'enfant et le sauvage, mais que la civilisation tend (( à diminuer) ont pour conséquences naturelles des sen- « sations de toute nature, spécialement des sensations (( musculaires ^ »

C'est donc par le terme vague de réflexe queNahlowsky explique l'expression émotive ; et ces états organiques qui, tout à l'heure, constituaient l'émotion s'y joignent seulement n titre d'éléments dérivés et secondaires.

Page 1