‹ La tristesse et la joieChapitre 24 sur 146 · Esquirol, loc. cit · texte numérisé non relu

Esquirol, loc. cit

?.. Cf. P. Jancl. Nrvroscs i't idccs /ires. p. i^.

Le mlentissemcnt de rautomatisme entiainera donc, comme conséquence, le ralentissement des synthèses mentales et motrices. Mais rinfluence de la sensibilité et de Fautomatisme sur la synthèse, quelque importante qu'elle soit, est accessoire ici, car la synthèse, la faculté de coordination, est directement atteinte et lésée.

Quand on arrive, après quelques efforts, à provoquer la réflexion, Fimagination, Fattention, et, d'une façon générale, l'activité volontaire de l'esprit, on constate facilement une gêne propre de cette activité.

Marie ne peut faire un problème de 3 règles, elle n'arrive pas à bâtir une simple phrase avec trois mots, elle ne retient pas des vers; Edouard ne peut retrouver ni coordonner ses souvenirs touchant sa vie passée. Dirai-je que Fanesthésie physique et morale et l'indifférence qui en résulte sont cause de cette impuissance .^^ Nullement, puisque les sujets sont décidés à faire des efforts de coordination et d'attention. La vérité, c'est que, malgré leurs efforts, ils ne peuvent ni coordonner ni être attentifs. « Cet état, dit M. Ribot, dans « sa psychologie de l'attention, se traduit par Fextrême « difficulté de Feffort. Rien ne converge, ni spontanément, « ni par artifice; tout reste flottant, indécis et dispersé... « Cette impuissance coïncide, en somme, avec toutes les (( formes d'épuisement^ ».

Nous touchons ici du doigt un fait primitif au même titre que Fanesthésie physique et morale et que le ralentissement automatique. L'activité synthétique est paralysée ou parésiée dans sa source ; non seulement l'esprit manque de tout excitant affectif, mais il coordonne mal, il synthétise péniblement quand, par des procédés artificiels, on le provoque à la synthèse et à la coordination.

J'en dirai tout autant de l'aboulie motrice que de l'aboulie intellectuelle.

Si le malade veut moins bien, c'est d'abord parce qu'il manque de ces états affectifs, désirs, besoins, sentiments de

Page 1