‹ La tristesse et la joieChapitre 38 sur 146 · I. Séglas. Of). cit., p · texte numérisé non relu

I. Séglas. Of). cit., p

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do la tlouloiii? L*o\|)(''rionre clinique semble fortifier crtlc iiypotlièsc et dans une certaine njesure la confirmer.

Nous savons, en elTet, par Fhisloire des malades, que la douleur morale, Texcitation douloureuse, est un phénomène postérieur à la dépression dans le cours des mélancolies. Louise et Augustine ont été déprimées, arrêtées dans leurs fonctions psychiques, avant de soufTrir et de délirer, ainsi d'ailleurs que tous les mélancoliques délirants que j'ai connus.

D'autre part, je crois pouvoir afiirmer, d'après mes observations personnelles, que, dans la majorité des cas, la malade cesse de soulîrir avant de sortir de la dépression et que sa souffrance corros])(>nd à la pcuiode do l'arrot lo phi> profond. C'est ce qui lessorl on particulier des doux observations piécédonlos.

Moiuo lorsque la niélaucolio active est intallée d'une façon chronique, on peut encore remarquer que le moment de la fj-éne ou de l'arrot les plus intenses coïncide souvent avec le moment de la douleur la plus aiguë. C'est ce qui se passe au ié\oil par exemple.

Qu'en conclure sinon que, j)our un même individu, l'excitation douloureuse est corrélative de l'arrêt mental et de la dépression les plus considérables. Si l'arrêt mental est faible, si la (l('*prossion est légère, elle se traduira, dans la conscience,

' un sentiment àc fatigue et d'impuissance j)assive, si la 'pression est plus complète, l'arrêt des idées plus marqué, lie se traduira encore par un sentiment d'impuissance mais elle s'acconqiagnera d'un phénomène nou\oau. la dcndeur morale.

Suixaiit I h\p(»lhèso do Al. Séglas, lo mélan(M)li(pio éprou-

rait alors do la doulcMU- [)arco (ju"il [)roiitlrai[ conscience tlu

hangemenl survenu, de l'arrêt, et qu'il s'en allligerail. La

loulour morale postérieure, dans l'ordre chronologique, à la

léprossion ol à la parésie psychique, le serait aussi dans

Tordre logique.

.le trouve rex[)lication très séduisante, et je me garderai de l'écarter en (piolcpies mots connue le lait KralVt l']l)ing. « L'hypothèse, dit il. (ju(> la douleur psychique n'est cpTun

par de

« effet secondaire ne répond ]:)oint à l'expérience. Elle ne (( pourrait être acceptable que si Fintensitc de la douleur (( psychique était en raison directe de la force de l'entrave « (der Hemmung) ce qui cependant n'est pas le cas, et si l'en- « trave précédait chronologiquement la douleur physique \ » Or nous venons de voir que les deux conditions qu'd requiert sont en général réalisées et nous pourrions conclure de sa réfutation même à la vérité de la thèse qu'il combat. Je la rejetterai cependant, mais pour d'autres raisons que lui.

La première c'est que le malade prend nettement conséquence de l'arrêt mental, non pas au moment où cet arrêt est le plus considérable, mais au début, quand il constate pour la première fois le trouble de ses perceptions internes ou externes et la didlculté qu'il éprouve à se les identifier. A celte période la conscience de l'arrêt est très nette et la douleur minime, si même il y a déjà douleur. J'ai cité sur ce point quelques faits précis et je pourrais citer de même tous les douteurs étudiés par M. Pierre Janet qui constatent la même gêne et le même arrêt, sans en souffrir d'une façon aiguë.

Si l'arrêt mental doit être la cause logique de la douleur, on m'accordera que le sujet ne devrait pas le constater le mieux dans la période où il en souffre le moins.

Sans aucun doute, le sentiment de l'arrêt mental, de la déchéance, se manifeste encore dans la période aiguë de la douleur et du délire; mais le malade qui analyse moins bien la gêne ou l'arrêt n'en a plus une conscience aussi claire, et on ne voit pas d'ailleiu^s que ce sentiment joue, dans la genèse de la douleui-, le rc)le prépondérant que lui assignerait l'hypothèse en question. C'est une cause de souffrance qui se joint à bien d'autres et contribue avec elles à augmenter la douleur dont le sujet souffre déjà. Comme le dit très bien Krafft-Ebing-, « l'entrave au cours libre des représentations (( est une source accessoire de douleurs psychiques qui a son (( importance'. » mais l'observation ne permet pas de sup-

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