‹ La tristesse et la joieChapitre 39 sur 146 · I. V rr.isTESSF. moiuudf. loy · texte numérisé non relu

I. V rr.isTESSF. moiuudf. loy

poser que la ronscicnce de cette entrave soit capitale par rapport aux antres syni[)lomes et. déterminant la donl<Mn-. détermine tont le délire.

Il semble an contrai le cpie, sons Tinflncnce excitante de la donlenr le sujet travaille sur celte entrave, l'interprète comme il fait de la cœnestliésie et en tire des prétextes de soufTrance (« je ne suis bon à rien, je suis tourné à Tétat de béte »), par un mécanisme secondaire que nous comiaissons bien.

Enfin, s'il est vrai que Farrét soit antérieur à la douleur et la douleur corrélative de Farrét le plus intense, cette antériorité et cette corrélation ne sont établies que pour les mélancoliques tiélirants. On trouve des individus qui [)ar un arrêt de plus en plus marqué passent de la mélancolie passive à la stuj)eur passive sans éprouver de la douleur moiale.

Ils connaissent leur arrêt mental comme T..., connue Marie, mais ils le subissent et n'en soufTrent pas; la douleur morale ne vient pas les tonifier momentanément et déterminer, autour et à propos de cet arrêt, des conceptions délirantes: ils restent inertes et passifs, sans délirer et sans soulTrir.

Je ne veux pas dire, bien entendu, que ces états de mélancolie et de stupeur soient des états indifférents, c|ue la cœnesllu'sie n'\ soit pas })énible, mais simplement que ce ])bénomène aigu, cérébral, ([u'on appelle douleur morale u'n aj^parait j)as ou y apj^araît à |)eine. Et dès lors, que devient le lien causal qui encbaine logiquement et chronologiqucmenl la douleur et l'arrêt psvcbiquc le plus intense?

\(»ilà pourquoi, dans les moments où la douleur et l'arrêt mental coexistent, je considère ces deux états comme des plK'iiomènes parallèles, qui |)(mi\(Mi[ >ans doute réa^iir Tun sur l'autre mais (pii ne sont pas l'un cause et l'aulie elîet, au sens exact et total du mot. A laisemblablement ils relèvent d'une cause coumume, et c'est pourcpioi je me rallie, dès maintenant, à ro|)inion de KraiTt-Ebing. « \vec cette ma (( nière de voir |)lus large et moins préconçue, dit-il, on [)eut (( désigner la nu'lancolie connue un état moibide de l'organe « ps\(lii(|U(' eaux'' |)ar un lroid)l<> de nuliilion (l'^inabrung-

« slomng) qui est caractérisé d'une part par le sentiment et

« la réaction douloureuse de la sensibilité générale (névralgie

(( psychique), d'autre part par un accomplissement plus

« difficile des mouvements psychiques (sentiments, repré-

(( sentations, tendances), difficultés qui peuvent aller jusqu'à

« l'arrêt de ces mouvements* ».

Tels sont les éléments essentiels de la mélancolie active et leurs diverses réactions ; nous arrivons toujours, on le voit, à distinguer les mêmes caractères que dans la mélancolie passive, plus des caractères nouveaux, vraiment spécifiques, qui sont la douleur morale et le délire qu'elle provoque.

Qu'est-ce donc en dernière analyse que cette douleur morale ? Nous avons renoncé à la définir parce que la définition ne peut être qu'une tautologie et nous nous sommes borné à la localiser vaguement dans le cerveau antérieur. Kraffi- Ebing, qui la considère avec raison comme le fait primitif et essentiel de la mélancolie délirante, et qui ne tente, pas plus que nous, de la définir, essaie au moins d'en éclairer la nature par comparaison. Nous l'avons déjà vu parler de névralgie psychique ; il reprend ailleurs la comparaison en termes plus précis. « L'état d'esprit déprimé et douloureux, « dit-il, qui se produit spontanément, psychalgie ou phré- (( nalgie, est le phénomène fondamental dans les états déli- (( rants mélancoliques. Il s'agit là d'un phénomène analogue « à celui qui se passe dans les nerfs sensitifs, affectés morbi- (( dément par un trouble de nutrition et réagissant sous « forme de névralgie ". »

La douleur morale des mélancoliques serait donc un phénomène aigu et cérébral, tandis que la mélancolie passive se ramènerait au contraire à la conscience sourde des variations cœnesthésiques, fatigue musculaire et mentale, froid, dépression générale, les deux états pouvant d'ailleurs coexister et se superposer, comme il arrive dans la mélancolie active que nous venons de décrire.

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