‹ La tristesse et la joieChapitre 4 sur 146 · NOTIONS GÉNÉRALES SUR LA DOULEUR ET LE PLAISIR PUYSIQUES · texte numérisé non relu

NOTIONS GÉNÉRALES SUR LA DOULEUR ET LE PLAISIR PUYSIQUES

J3ien que je n'aie pas à traiter ici de la douleur

1. Depuis que j'écrivais cette introduction, j'ai prépare, avec la collaboration de M. le D"" de Fursac, chef de clinique à Sainte-Anne, une monographie sur ï Angoisse, qui paraîtra prochainement dans la Revue Pliilosoph'niue.

nTKODI CTION 1 I

et du plaisir physiques, ces états présentent des analogies si profondes avec la tristesse et la joie, que je ne peux me dispenser de résumer brièvement les [)lus récentes conceptions de la physiologie touchant leur nature et leurs elTets. Phis tard, je me bornerai à rappeler ces conceptions sans y insister, quand je traiterai spécialement de la tristesse et de la joie.

1. La douleur, psychiquement. est Indéfmissable et toute tentative dans ce sens aboutit fatalement à une tautologie.

Je n'essaierai donc pas de donner une définition, et me contenterai d'analyser le mécanisme du phénomène. J'ajoute que cette courte analyse, comme d'ailleurs celle du plaisir, sera faite tout entière de seconde main ; mes expériences personnelles concernent surtout la tristesse et la joie.

l*our la plupart des physiologistes, la cause de la dc^deur c'est lintensité de l'excitation: « La douleur, dit M. Richet, est la perception d'un changement brusque et considérable dans les nerfs et les centres nerveux* ». « La douleur, dit Landois dans le même sens, est toujours causée par l'excitation exagérée des nerfs sensibles, quelle que soit la nature des excitants- ».

Nous trouvons également chez ^Vundl une conception analogue'^ de la douleur considérée comme fonction de l'inlensilé de l'excitation.

^L Rii)(»l fait l'cniarcpier avec raison (jU(^ les délinitions de ce genre, si on les présentait sans restriction, tendraient à exagérer les conditions objectives de la douleur et à annihiler le rolc du sujet sentant*: or le degré d'excitabilité des éléments nerveux chez le j)atient est une condition essentielle de la sensation doulouieuse. — Aussi accej)ter«)ns-nous ]ilus volontiers celte seconde définition de \\. Hichel, j)lus explicite (jue la pieniièie. « La (lonlcur e>l la peict'jilioii

I. Iliclu'I. L Hommn et ilitlcUigonre, p. \\\. Paris, V. Alcan. ?.. Landois. Traité de Phy.sioht^ir Iluinainc. Tratl. franc . p. ;ki2. [\. Wundl. Psycliulo^io P/nsiulo^Uf/uc. I, p. '^^^- de la trad. l'ran<; , Paris. F. Alcan.

'{. l\i!)ol. /.<i Psyc/ioloij;ic des ^c/ifinic/ils, p. 'i i .

crune excitation forte ou qui paraît forte par suite de Tétat crhypéresthésie des nerfs ou des centres nerveux* ».

Assurément la définition pourrait encore se discuter, car certaines sensations sont pénibles d'emblée, sans que l'excitation soit intense ou le système nerveux hyperesthésié ; telle bruit d'un couteau qui gratte du verre. On ne voit pas encore comment un pareil cas, et d'autres cas analogues qu'onpourrait citer, rentrent dans la défuiilion admise par Wundt, par Landois et par M. llichet, mais ce sont là des cas assez rares, et nous n'exposons ici que les théories les plus générales. Après avoir caractérisé la douleur par un excès d'excitation, ajoutons qu'il n'est pas nécessaire que l'excitation soit unique et violente pour être douloureuse; de petites excitations souvent répétées ou continues peuvent provoquer la douleur. Yoici une expérience très simple, rapportée par M. Ricliet, qui vient à l'appui de celte atïirmation :

(( J'ai fait construire, dit-il, une pince à pression graduée (( dont les deux mors sont mousses et arrondis ; on peut (( ainsi saisir un repli cutané, entre les deux mors de la « pince. On augmente rapidement la pression, jusqu'au « moment où on sent la peau pressée assez fortement, puis « on laisse la pince en place. Au bout de quelques ins- « lanls, la douleur qui n'existait pas d'abord finit par appa- « raîtrc. Elle vient graduellement, comme par ondées; à « chaque seconde, c'est un élancement douloureux, plus (( douloureux que le précédent, en sorte que la douleur (( finit par devenir insupportable. Naturellement, la pression « de la pince n'a pas augmenté; c'est la même excitation (( qui, en s'accumulant, a fini par produire la douleur-^ ». La douleur peut donc être jHoduite, soit par une excitation intense, soit par une sommation d'excitations faibles ; mais, dans les deux cas, elle correspond à un même phénomène de fatigue et d'épuisement nerveux.

« L'effet local d'une excitation forte, dit encore M. Ri-

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