‹ La tristesse et la joieChapitre 43 sur 146 · I.A TRISTESSE AIOHP.IDE f I J · texte numérisé non relu

I.A TRISTESSE AIOHP.IDE f I J

« Les senliiiicnls déprimanls, comme la nostalgie et « les émotions violentes, causent souvent la stupeur, disent « MM. Koubinovitch et Toulouse'. La vue d'un incendie, la (( mort d'un être aimé, le spectacle de la guerre, le viol, les émo- « tions tristes et renouvelées provoquent |)lnt(')t les mélancolies « dépressives et anxieuses ? » — Comment agissent ces émotions '? — Sans doute comme les excitations nerveuses trop intenses. Elles dépriment, désorganisent, soit brusquement, soit à la longue, et nous aurons tout à Theure à nous expliquer plus longuement sur leurs eflets.

Parmi les causes pbysiques, je mets en première ligne les maladies infectieuses connue la sypliilis, la tuberculose, rim[)aludisme et surtout Tinlluenza. Dans Tbiver de icSqo, au moment de la première épidémie d'inlluenza j'ai eu l'occasion d'observer à Sainte-Anne, dans le service du P*" Bail, toute une série de cas de mélancolie qui relevaient très certainement de celle origine et depuis lors, j'ai eu l'occasion de constater, maintes fois, la fréquence de celle étiologie. Aux maladies infectieuses il faut joindre les maladies par ralentissement de la nutrition, la litbiase biliaire, la gravelle rénale, l'artliritisme, la goutte; les maladies viscérales conmie la pneumonie, ou nerveuses comme le tabès, les intoxications d'alcool, de morpbine, de cocaïne, de mercure, etc.

(iCrlaines maladies, comme la vérole, la blennorrbagie et les maladies des organes génitaux urinaires, ((ni agissent directement comme causes pbysiques, agissent indirectement \)i\v les ])ré()ccu[)ali(»ns morales, les ciainles. l(>s cbagrins et les idées bypocondriafpies ([u'elles provoquent. — J'ai connu un cas très précis de mélancolie^ di'^presslNc sur \enue cbe/ un ou\ rlcr à la ^uilc de sa prcinièic blcinioiibagie ; les l)lennorrbagi(\s (jui oui >uiNi. paiiui 1(>>(|U('11('S nue beau coup plus grave. Tout laissé indillV'icul, ce (|ui prou\e bien que l'action de la maladie» élail suiloul iiuliicch" cl morale.

Mais, (pielle (|Ut' soi! la eaux' iu\o(|U('M\ depuis riuMcHlilt' jusfju'aux cbagriu> cl à la ^Npltili^. ou doit loujouis !(Muar-

I. /m Mrlancolii', par MM. Houhinovilcli cl Toulouse, p. j-ji.

qiicr que toutes les causes de ce genre agissent comme déprimants sur le système nerveux du malade et le préparent, par l'épuisement et suivant son tempérament, soit à la mélancolie passive, soit à la mélancolie active.

Il y a encore là une analogie de la mélancolie avec la douleur physique. — Ces maladies, ces inquiétudes, ces émotions produisent le même résultat qu'une excitation excessive ou qu'une accumulation de petites excitations.

Page 1