‹ La tristesse et la joieChapitre 52 sur 146 · Marci'. Trdilr jndlKfiic (h\s niabidu's mrnlulcs. p. j^o · texte numérisé non relu

Marci'. Trdilr jndlKfiic (h\s niabidu's mrnlulcs. p. j^o

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trouvons pas de maniaques, ni même de véritables excités maniaques et nous n'avons aucune chance d'observer de pareilles anesthésies; au contraire, toutes nos expériences tendent à prouver que Fhyperestliésie est la règle.

J'en dirai tout autant de Tliyperalgésie, incontestable chez la plupart de nos sujets, et cependant très rare dans la manie aiguë qui soustrait le malade à la sensation douloureuse comme à toutes les sensations générales.

La sensibilité morale nous a paru également plus vive, les tendances altruistes beaucoup mieux marquées, Témotivité extrême, mais c'est une question de savoir dans quelle mesure raffectivilé s'accroît spontanément et dans quelle mesure aussi elle est surexcitée par Tidéationplus riche et la représentation plus vive.

On ne peut douter que les sentiments, les tendances diverses, les émotions, ne soient favorisés et alimentés par les idées et les images qui se présentent en plus grand nombre à Tesprit de nos excités, mais rappelons-nous que ces mêmes représentations, suggérées par nous, étaient incapables de provoquer aucune réaction affective, pendant la dépression. Il faut donc bien que Tétat affectif ait subi des modifications intrinsèques. Déplus, bien que ridéation soit certainement plus riche et plus vive qu'à l'état normal, nous ne devons pas oublier que, dans toutes nos expériences, c'est le sentiment, joie, optimisme, affection, qui nous a paru exercer un rôle d'évocation primitive sur les représentations dont il se nourrit.

Enfin, nous constatons l'hyperémolivité dans bien des cas qui paraissent soustraits à l'influence de l'idéation, tels ces émois, ces peurs, ces éclats de rire habituels à Marie, pour un bruit subit ou pour un choc.

Comme la sensibilité physique, la sensibilité morale est réellement hyperesthésiée.

Mais l'émotivité n'en subit pas moins, et dans une très large mesure, l'influence de l'automatisme, dont elle n'est, à dire vrai, qu'une forme spéciale, comme j'aurai l'occasion de la montrer plus tard à propos de l'émotion-choc.

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Bien que les émotions soient liées, dans leur origine, à l'existence des instincts et des désirs, elles ne se produiraient jamais, chez nos joyeux, avec cette vivacité et cette abondance si les synthèses mentales fonctionnaient avec assez de force pour en enrayer Tapparition, ou pour en réfréner les manifestations.

Chez un homme sain, la colère, la peur, la surprise, la joie cpie les mille incidents de la vie peuvent faire naitre chaque jour, sont réduites sans cesse par la réilcxion, par la ^olonté et par toutes les fonctions synthétiques qui font la \ie de Tesprit. Ici les associations idéales et motrices qui constituent l'émotion se déroulent dès le premier choc émotif, rapides et multi|)les, conformément aux lois de l'automatisme mental et physiologique, sans rencontrer d'obstacle dans un esprit |)resque aussi incohérent que fécond.

Dans Tordre moteur, les réactions nous ont paru plus ra ])ides et plus anq)les chez Marie, plus rapides et plus amples chez Eugénie, et Ton peut se demander si Thyperesthésie des sens spéciaux et surtout de la sensibilité tactile n'est pour rien dans l'augmentation de ces réactions.

Je lérai la même réponse que [)our la tristesse. — Sans nier que l'hyperesthésie puisse entraîner des réactions j)lus rapides et plus amples, j'ai des raisons physiologiques de penser que les centres moteurs sont plus excitables dans la joie, en vertu de modilications jMopres et non [)as seuleuKMil de l'hyperesthésie.

Pour ce qui est de i liN[)cralVectivité cpie nous a\ons constatée chez tous nos sujets, je lui attribue également une importance considérable dans la production des gestes, expressions, mouNcments de défense, de sympathie ou d'amilié, mais, même en laisanl la pari de lémotivilé sj)écial(\ les mou- Neiuenls auloniarKjucs paraissiMil dirccloin(Mïl niodiiii's. — D'eux-mêmes ils tendent à se généraliser, à s'associer, à provo(|uer d'autres mcnnemenl^, méuK^ pour uik^ émotion ou une excitation des phi^ faibles : ri (|nand dc^s acles complexes, connue le i(''(il duiH^ S(''rie de ciiillVe"- ou dinie fable, s accomplissent \ile et sùremeiil on (^>l bieji obligé dadmel

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tre que cette accélération reconnaît cFautres causes que les états "affectifs initiaux.

Je ferai les mêmes observations pour Fautomatisme mental auquel Texcitation sensible contribue mais qu'elle ne crée pas^ car la production des images et des idées est continue, ricbe, variée, alors même qu'on tente de la modérer en supprimant tout excitant physique, ou en évitant au sujet toute occasion d'émotion morale.

Ce n'est donc pas seulement l'excès de stimulus qui explique ici l'accélération de l'automatisme moteur et mental ; il y a des causes centrales et physiologiques sur lesquelles je reviendrai dans la partie biologique de cette étude.

Mais les fonctions les plus modifiées, ce sont, comme nous l'avons vu, les fonctions de synthèse, qui s'accomplissent plus vite et mieux qu'à l'état normal et qui tendent plus ou moins à l'incohérence, quand elles n'y arrivent pas. — Or, il importe de rechercher ici, comme pour la tristesse, lesquelles de ces modifications sont vraiment propres à la synthèse et lesquelles relèvent particulièrement des troubles déjà constatés.

Et tout d'abord, si les facultés de synthèse sont plus \ives, si Fattention en particulier, qui les contient et les résume presque toutes, est plus forte et plus excitable, c'est à Fhyperesthésie physique et morale qu'on doit en grande partie attribuer ce changement.

Si les sensations sont plus intenses et les tendances affectives plus éveillées, l'attention trouvera sans cesse l'excitant sensible ou affectif, qui sans cesse la provoquera. Le malade ne voyait rien, n'entendait rien, ne s'intéressait à rien dans la tristesse ; maintenant il voit, il entend, il sent mieux et il s'intéresse à tout. A peine entrée dans le laboratoire, Marie est frappée par un objet brillant, par un bruit du dehors, ou bien elle pense à la fois à son fds, à sa sortie prochaine, à ses désirs erotiques et cet ensemble de sensations ou de sentiments suffit pour provoquer son attention, pour la réveiller et l'exciter. — Piien que de très conforme jusque-Fi, la loi formulée par M. Ribot que, spontanée ou

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volontaire, ratloiition a loujoiirs [)oiir cause des étals affectifs'.

Mais celte liypereslliésie ne home j)as là son iiinuence ; elle va influer é^alenienl sur la mobilité de rallenlion, toujours plus incohérente à mesure qu'on s'éloigne de Tcxcitation gaie pour se rapprocher de la manie vérilahle.

Marie, Eugénie, Antoinette sont très impressionnables, très émotives, comme nous l'avons rcmarrpié. — Marie s'extasie devant loul : « liens! vous avez un miroir ! Oh ! je (( me vois dedans ! Comme j'ai Tnir contente ce malin ! Oh I « on va voir fjue je suis décoilTée ! — Mais vous ne m en « voudrez pas '} Ça n'empêche pas l'amilié, n'est-ce pas M. le « docteur ? — - \h ! je n'oublie pas que vous m'avez guérie. « — Quand je pense que je serai chez moi pour les Race meaux I » — C'est une série de petites émotions qui se succèdent sans relâche, agréables d'ailleurs, et qui, en distravant chaque fois l'attention, l'empêchent de durer.

L'hyperesthésie physique et morale est ainsi à la fois cause el de la vivacité et de la mobilité de l'attention chez les joyeux.

Mais ce qui. ])his encore que l'hyperesthésie, gêne la cohérence et menace sans cesse l'équilibre de Tatlention, c'est l'exagération de l'automatisme. L ne sensation, une émotion, une image évoquent, sans ordre ni frein, des idées multiples qui se heurtent, se pressent, se gênent et ne permettent plus à la synthèse d'opérer la sélection mentale qui en est la condition première. Ce désordre de l'automatisme est manifeste dans la manie aiguë qu'on a pu ap[)eler pour celle raison une maladie de l'attention, mais il est apparent dans toutes les joies un peu intenses, chez Marie, chez Antoinelle, chez le paralytique général M. et même dans les cas les plus légers d'excitation m;niia(jue. « Le cours des idées, dit M. (( Ribol, à pr()[)(»s de la manie, esl si rapide, si exubérant que « l'esprit esl liNré à un aulomalisme sans frein. Dans ce flux (( désoi-doinié. aucun élal uv {\\\\c ni \\c piédomine ; il ne se

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