‹ La tristesse et la joieChapitre 53 sur 146 · I. Psyr/ioio^ii- de l'(iltenlio/i, p. u, i3 s(j · texte numérisé non relu

I. Psyr/ioio^ii- de l'(iltenlio/i, p. u, i3 s(j

t58 la tristesse et l\ jote

« IbiTiie aucun centre crattraction, même temporaire. Ici le « mécanisme de Fassociation prend sa revanche ; il agit seul « de toute sa puissance, sans contrepoids ^ »

On peut constater dans la joie des phénomènes de même nature, bien que moins marqués ; Tautomatisme n'y règne pas en maître mais il tend sans cesse à prédominer sur les fonctions supérieures de synthèse ; il en trouble le fonctionnement, il les désagrège ou les paralyse.

Chose curieuse, la tristesse passive et la joie, dès que ces sentiments deviennent intenses et durables, se caractérisent Tune et Tautre par ce que M. Ribot appelle Fatrophie de Fattention. Dans le premier cas, Fattention ne peut se constituer ; dans le second, elle ne peut se maintenir ; dans les deux cas, le sujet a besoin d'un tuteur, d'une volonté plus forte que la sienne qui fasse sortir Fattention de Fincrtie ou la défende contre le désordre. Mais, lorsqu'on a fait la part de l'hypcreslhésie et de l'automatisme dans la vivacité ou dans la mobilité de l'attention, il reste cependant que les facultés de synthèse et Fattention elle-même présentent, dans la joie comme clans la tristesse, des modifications qui leur sont propres.

Isolons le malade du monde extérieur, luttons contre les associations automatiques, par des conseils, des menaces et tout l'arsenal de nos procédés, fixons son attention sur un problème et maintenons-la par des moyens artificiels, nous constatons aussitôt que l'intelligence est plus vive, la coordination plus raj^dc et plus complète et Fattention elle-même plus résistante à la fatigue. Je n'en veux pour preuve que les nombreuses expériences faites sur l'intelligence de Marie ou d'Eugénie. Il sulïit donc d'arracher momentanément l'intelligence et les fonctions de synthèse à l'influence de la sensibilité et de l'automatisme, pour en constater la netteté, la rapidité, la force, et se rendre compte que, là aussi, comme pour l'automatisme et la sensibilité nous nous trouvons en présence de modifications intrinsèques primitives et non pas de variations secondaires, déterminées par réaction.

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